Du salariat au freelance à succès
Jérémy Goillot raconte son parcours, qui débute chez Spendesk où il entre comme stagiaire et devient l’un des premiers employés. Il y évolue jusqu’au poste de Head of Growth et participe au lancement de la filiale américaine. Pourtant, malgré un poste confortable et une rémunération élevée, la perspective d’un retour à Paris dans une structure devenue très corporate le pousse à partir. Il explique comment, lors d’un congé sabbatique, il teste le freelancing et atteint rapidement une rémunération de 20 000 € par mois, ce qui lève sa principale peur : la perte de revenus. « Quitter un job oui, mais perdre 20 000 euros par mois c’est difficile », confie-t-il.
Cette transition lui permet de valider sa capacité à générer des revenus importants par lui-même, une étape cruciale avant de se lancer dans sa propre aventure entrepreneuriale.
Les limites du nomadisme digital
Malgré le succès financier et un mode de vie de digital nomad qui fait rêver, Jérémy Goillot se heurte rapidement aux limites de l’indépendance. Il décrit une forme de solitude et un manque de vision à long terme. « C’était pire qu’être employé, pour moi, freelance. Parce que je ne construisais pas quelque chose », explique-t-il. Le besoin de bâtir un projet collectif, de retrouver l’émulation d’une équipe et de s’inscrire dans une aventure sur plusieurs années devient une évidence. Il prend alors une décision radicale : se fixer une date butoir pour arrêter d’envoyer des factures et se consacrer entièrement à la création de sa société, Mobile First.
Ce choix marque un tournant, passant d’une logique de revenu mensuel à une vision d’investisseur à long terme, où le potentiel de création de valeur prime sur le salaire immédiat.
Lever 10 millions, une question de conviction
La levée de fonds de 10 millions d’euros pour Mobile First est l’aboutissement d’un processus intense, marqué par une détermination sans faille. Jérémy Goillot détaille les coulisses de cette opération, loin d’être un long fleuve tranquille : sur 50 investisseurs contactés, seuls 3 ont finalement accepté d’investir. Il insiste sur l’importance de la conviction personnelle pour surmonter les refus. « Si toi t’es pas sûr, le mec tu vas lui activer tous ses signaux », analyse-t-il. Pour lui, le secret n’est pas dans la technique, mais dans la capacité à incarner son projet et à transmettre une énergie inébranlable, même face au doute.
Il raconte s’être mis une pression immense, s’engageant auprès de son équipe à revenir d’un voyage aux États-Unis avec l’accord de financement, transformant l’objectif en une obligation de résultat.
Le chaos comme moteur
Au-delà des stratégies business, Jérémy Goillot révèle une personnalité qui carbure à la difficulté et au « chaos maîtrisé ». Il partage ses méthodes d’organisation, comme l’utilisation de codes couleurs dans son calendrier pour équilibrer ses cinq piliers de CEO (communication, produit, distribution, recrutement, revenu). Il évoque aussi son besoin de se mettre volontairement dans des situations inconfortables pour se motiver, comme loger dans une auberge de jeunesse bas de gamme à San Francisco tout en négociant avec des milliardaires. Il partage également les précieux conseils de son coach en leadership, l’un des meilleurs au monde, qui lui a notamment appris que « le business, c’est que des discussions » et que la frustration naît souvent d’une conversation qui n’a pas eu lieu.
Cette discipline personnelle et cette recherche constante de dépassement sont, selon lui, essentielles pour piloter une croissance ambitieuse.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Grégoire Gambato, Thibault Louis, Blaise Matuidi.
- Entreprises et outils : Spendesk, Mobile First, Figma, Notion, Anthropik (Claude), Lemlist, Atio, Hyperline, HubSpot, SAP, Microsoft, Google, Apple Notes, WhatsApp, Coinbase, Zapier, PennyLane, Compto.
- Œuvres et concepts : le film « Le Loup de Wall Street », les accords Toltèques.
- Lieux : Miami, Paris, les Pyrénées, la Colombie, San Francisco.
Au fil de l’épisode
- [0:42] — Qui est Jérémy Goillot et ses secrets de gestion du temps.
- L’icebreaker : son parcours entrepreneurial comparé au film « Le Loup de Wall Street ».
- Le conseil de sa mère : « Deviens qui tu es ».
- Sa méthode d’organisation basée sur 5 piliers et des codes couleurs dans son calendrier Google.
- Son rituel de bilan de fin d’année pour documenter ses apprentissages.
- [14:05] — LinkedIn comme canal d’acquisition.
- Sa vision de LinkedIn comme un journal personnel et un outil de retargeting.
- [20:08] — Mobile First : la plateforme de logiciels IA pour les petites équipes.
- La mission de Mobile First : créer des outils B2B simples et accessibles, inspirés des applications grand public.
- [22:50] — Quitter un job prestigieux pour repartir de zéro.
- Les raisons de son départ de Spendesk : la peur de la routine corporate et le besoin de liberté.
- [31:50] — Passer de freelance à 20K €/mois au lancement d’une start-up.
- Comment il a rapidement atteint 20 000 €/mois en freelance, validant sa capacité à générer des revenus.
- Pourquoi la vie de freelance, même lucrative, ne le rendait pas heureux.
- La décision de tout arrêter pour se consacrer à la création d’une nouvelle entreprise.
- [40:08] — Les coulisses d’une levée de fonds à +10 M€.
- Le processus de la levée de fonds : 200 contacts pour 50 investisseurs rencontrés et seulement 3 offres.
- L’importance de la conviction et de ne pas s’arrêter aux premiers refus.
- [50:27] — Mindset et rapport à l’argent.
- Sa philosophie : l’argent levé n’est pas son argent, mais celui de l’entreprise pour construire le meilleur produit.
- L’anecdote de l’auberge de jeunesse à San Francisco pour se mettre en condition et se motiver.
- [56:49] — Leçons d’un des meilleurs leader-coachs du monde.
- Les trois piliers de la confiance selon son coach : honnêteté, fiabilité (reliability) et compétence.
- Le concept que toute frustration en business vient d’une « discussion que tu n’as pas eue ».
- [1:05:09] — Le meilleur conseil de Jérémy pour les entrepreneurs.
- Son conseil aux freelances qui ont peur d’augmenter leurs prix : la peur vient de l’acte de changer le chiffre, pas du refus potentiel.
- [1:07:22] — Conclusion.
FAQ
Qui est Jérémy Goillot ?
Jérémy Goillot est un entrepreneur français, CEO et fondateur de la start-up Mobile First. Avant de lancer sa propre société, il a été l’un des premiers employés de Spendesk, où il a évolué jusqu’au poste de Head of Growth. Il a également eu une carrière de freelance à succès, générant jusqu’à 20 000 € par mois. Il est connu pour avoir mené une levée de fonds de 10 millions d’euros pour son entreprise.
Qu’est-ce que Mobile First ?
Mobile First est une entreprise qui développe un écosystème d’applications logicielles pour les petites et moyennes entreprises. L’objectif est de proposer des outils simples, efficaces et inspirés de l’expérience utilisateur des applications grand public (B2C) pour résoudre des problèmes professionnels souvent perçus comme ennuyeux (téléphonie, devis, etc.). L’entreprise mise sur l’intelligence artificielle pour rendre ces solutions accessibles et performantes.
Pourquoi a-t-il quitté un poste prestigieux pour devenir freelance ?
Après avoir participé à la croissance de Spendesk pendant six ans et lancé la filiale américaine, Jérémy Goillot a ressenti une forme de panique à l’idée de réintégrer une structure devenue très corporate à Paris. Il craignait de perdre la liberté et l’agilité des débuts. Il a profité d’un congé sabbatique pour tester le freelancing, ce qui lui a rapidement confirmé qu’il pouvait maintenir un niveau de vie élevé tout en étant indépendant.
Comment a-t-il levé 10 millions d’euros ?
La levée de 10 millions d’euros a été le fruit d’un processus intense et d’une grande persévérance. Jérémy Goillot a contacté près de 200 personnes pour obtenir des introductions auprès d’investisseurs, a rencontré une cinquantaine de fonds, et a essuyé 25 refus avant d’obtenir trois offres. Il attribue ce succès à sa conviction inébranlable dans son projet, une énergie qu’il a su transmettre malgré les obstacles, se fixant l’objectif comme non négociable.
Quel est le principal conseil de son coach en leadership ?
Son coach lui a appris que le monde des affaires repose essentiellement sur des discussions entre deux personnes. Selon cette perspective, une frustration, un blocage ou un énervement est presque toujours le symptôme d’une discussion cruciale qui n’a pas encore eu lieu, que ce soit avec un client, un employé, un investisseur ou même avec soi-même. Identifier et avoir cette conversation est la clé pour résoudre le problème.
