Des raccourcis dans le cerveau
Un biais cognitif est un raccourci mental que notre cerveau emploie pour traiter une information et prendre une décision rapidement. Ce mécanisme, souvent inconscient, se construit depuis notre naissance à travers notre éducation, nos expériences et notre observation du monde. Selon Aline, l’objectif de notre cerveau est simple : survivre en économisant un maximum d’énergie. Pour cela, il crée des circuits neuronaux, des schémas de type « si A se produit, alors la réaction appropriée est B », qui lui permettent de fonctionner en pilote automatique.
Ce fonctionnement se divise en deux modes : le mode automatique, qui régit 90 à 98 % de notre quotidien (respirer, marcher), et le mode adaptatif, plus lent et énergivore, qui s’active face à des situations nouvelles. C’est dans ce second mode que de nouveaux biais peuvent se créer, pour le meilleur comme pour le pire.
Les 14 pièges de la pensée entrepreneuriale
Si ces automatismes sont essentiels, ils peuvent nous jouer des tours, notamment lorsque nous sommes sous pression. Aline identifie trois situations où nous sommes particulièrement victimes de nos biais : la surcharge d’informations, le sentiment d’urgence et le manque de sens. Dans ces moments, notre cerveau privilégie la solution la plus rapide, pas forcément la plus juste. L’épisode explore ensuite les 14 biais cognitifs les plus fréquents en entrepreneuriat, véritables freins à une prise de décision éclairée.
Parmi eux, le biais de négativité, qui nous fait retenir la seule critique parmi dix compliments, ou le biais de confirmation, qui nous pousse à ne chercher que les informations qui valident nos croyances préexistantes. On retrouve aussi le biais du survivant, qui nous amène à généraliser à partir de cas exceptionnels, ou encore le fameux syndrome de Dunning-Kruger, cet excès de confiance du débutant qui pense avoir tout compris à un sujet.
Apprendre à déjouer son propre cerveau
Faut-il alors chercher à supprimer ces biais ? « Absolument pas », répond Aline. Ils font partie intégrante de notre fonctionnement et peuvent même être positifs. L’enjeu n’est pas de les éliminer, mais d’apprendre à s’en méfier et à en reconnaître les effets. La prise de conscience est la première étape pour ne plus être systématiquement leurré par ses propres pensées.
Pour y parvenir, elle recommande de s’appuyer sur de vieux adages pleins de sagesse : « la nuit porte conseil » pour éviter les décisions impulsives, et « tourner sept fois la langue dans sa bouche » pour ne pas réagir sous le coup de l’émotion. Cultiver la curiosité, la nuance et son esprit critique permet de faire plus de place au mode adaptatif de notre cerveau, et donc de construire une pensée plus juste et personnelle.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Le syndrome de Dunning-Kruger
- L’effet Ikea
- Le sophisme génétique
- Le biais des coûts irrécupérables
- L’effet Barnum
- Le Lucky Girl Syndrome
- TikTok
- Skillsday
- Le CERN
Au fil de l’épisode
- [00:01:57] — Qu’est-ce qu’un biais cognitif ? Le fonctionnement du cerveau par raccourcis.
- [00:08:37] — Les situations qui nous rendent le plus victimes de nos biais : surcharge mentale, urgence et manque de sens.
- [00:12:13] — Introduction aux biais cognitifs les plus récurrents en entrepreneuriat.
- [00:13:19] — #1 Le biais de simple exposition : la peur de la première fois.
- [00:14:07] — #2 Le biais de négativité : pourquoi on retient la seule critique sur dix compliments.
- [00:15:03] — #3 Le biais d’ancrage : l’importance de la première impression.
- [00:16:26] — #4 Le biais d’autocomplaisance : s’attribuer les réussites et blâmer les autres pour les échecs.
- [00:17:40] — #5 Le biais de confirmation : chercher ce qui confirme nos croyances.
- [00:19:43] — #6 Le biais du survivant : tirer des conclusions à partir des exceptions.
- [00:20:43] — #7 Le biais du statu-quo : la résistance au changement.
- [00:21:26] — #8 Le syndrome de Dunning-Kruger : la courbe de confiance de l’expert autoproclamé.
- [00:23:35] — #9 L’effet Ikea : la survalorisation de ce que l’on a co-créé.
- [00:25:08] — #10 Le sophisme génétique : juger le contenu par le contenant.
- [00:26:31] — #11 Le biais de représentativité : faire d’un cas une généralité.
- [00:27:24] — #12 Le biais de disponibilité : se contenter des informations les plus accessibles.
- [00:29:20] — #13 Le biais des coûts irrécupérables : s’accrocher à une mauvaise décision à cause de l’investissement passé.
- [00:30:35] — #14 L’effet Barnum : s’approprier des descriptions vagues, comme un horoscope.
- [00:31:36] — Faut-il chercher à supprimer ces biais ? La conclusion d’Aline.
FAQ
Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?
Un biais cognitif est un schéma de pensée, un raccourci mental que notre cerveau utilise pour traiter une information et prendre une décision de manière rapide et économe en énergie. Souvent inconscient, il est façonné par nos expériences passées, notre éducation et nos émotions. S’il est utile au quotidien, il peut aussi nous amener à tirer des conclusions hâtives ou à prendre de mauvaises décisions, notamment en business.
Pourquoi le cerveau utilise-t-il des biais cognitifs ?
Le cerveau utilise des biais cognitifs par souci d’efficacité et de survie. Face à la masse d’informations à traiter chaque jour, il a développé des automatismes pour décider vite et économiser sa bande passante. Ce fonctionnement, hérité de notre passé préhistorique, permet de réagir instantanément face à un danger perçu. L’objectif est de conserver de l’énergie pour les situations d’urgence, en mettant le reste du temps le cerveau en « pilote automatique ».
Quels sont les biais cognitifs les plus courants pour un entrepreneur ?
L’épisode en détaille 14, parmi lesquels le biais de confirmation, qui nous pousse à ne retenir que ce qui valide nos idées ; le biais du survivant, qui nous fait croire que le succès de quelques-uns est la norme ; ou encore le biais des coûts irrécupérables, qui nous incite à persister dans une stratégie perdante parce qu’on y a déjà beaucoup investi. Ces biais peuvent fausser l’analyse et freiner la croissance d’une entreprise.
Comment reconnaître le biais de confirmation en business ?
Le biais de confirmation se manifeste lorsqu’un entrepreneur cherche activement des preuves qui soutiennent une décision déjà prise, tout en ignorant ou minimisant les données qui la contredisent. Par exemple, il ne va retenir que les retours positifs sur un nouveau produit et écarter les critiques, ou ne suivre que les experts qui partagent sa vision du marché. Cela l’enferme dans ses certitudes et l’empêche de s’adapter.
Faut-il essayer de supprimer ses biais cognitifs ?
Non, il est impossible et même non souhaitable de supprimer ses biais cognitifs, car ils font partie de notre fonctionnement cérébral de base. L’objectif est plutôt d’en prendre conscience pour ne pas être systématiquement leurré. En apprenant à reconnaître les situations à risque (urgence, fatigue) et en prenant le temps de la réflexion, on peut nuancer leur influence et prendre des décisions plus rationnelles et éclairées pour son business.
