Ne jamais dépendre d’un seul canal
Alexandre Dana commence par détailler la stratégie qui a permis à Live Mentor de se développer depuis 2016 : la diversification des canaux d’acquisition. Contrairement à de nombreux acteurs qui misent tout sur une seule source de trafic, comme la publicité Facebook, Live Mentor s’appuie sur plus de quinze chemins différents pour attirer ses clients. Parmi eux, les livres qu’il a publiés, le magazine Odyssée, la newsletter, le référencement naturel ou encore le bouche-à-oreille. Chacun de ces canaux représente plus de 5 % du total des inscriptions.
Selon lui, cette approche est un enjeu de survie. « C’est un enjeu pour beaucoup de formateurs et de formatrices en ligne qui réussissent parfois à avoir des décollages très forts sur leurs premières années […] mais qui sont complètement dépendants d’un mode de communication. Et quand ce mode s’enraye, la situation devient très problématique. »
L’angle mort de l’infopreneuriat
Interrogé sur les grands changements à venir, Alexandre Dana met en garde contre un sujet qu’il estime encore trop souvent ignoré : la « descente énergétique et matérielle ». Face à l’épuisement des ressources et au dépassement des limites planétaires, il affirme que l’ensemble des industries, y compris le numérique, va devoir s’adapter. Pour les infopreneurs, cela implique de repenser leur activité autour de trois axes majeurs. Le premier concerne le contenu même des formations : il deviendra, selon lui, impossible de proposer des programmes incitant à produire et consommer plus, sans tenir compte de cette nouvelle réalité.
Le deuxième axe est celui de la diffusion. Il souligne l’importance de mesurer et de réduire l’impact carbone des formations en ligne, par exemple en proposant des versions audio ou des vidéos en basse définition. « Je peux responsabiliser toutes les personnes qui suivent mes formations sur la qualité vidéo qu’on prend ou qu’on ne prend pas. »
Réinventer le récit du succès
Le troisième point, et peut-être le plus important pour Alexandre Dana, est la responsabilité des infopreneurs dans la construction de l’imaginaire collectif. Il estime que la force de cet écosystème réside dans sa capacité à raconter des histoires et à inspirer. Or, l’imaginaire actuel, souvent basé sur l’opulence, les voyages en jet privé et les voitures de luxe, n’est plus soutenable. « Les formateurs et les formatrices en ligne qui sont dans les mauvais imaginaires collectifs ne vont pas résister très longtemps », prévient-il.
Il appelle ainsi ses pairs à utiliser leur talent pédagogique pour créer de nouveaux récits, plus inspirants et compatibles avec les limites planétaires. Il s’agit de montrer qu’un autre modèle de réussite est possible, loin du « voyage à tout prix » et de la surconsommation, en valorisant des alternatives plus locales et sobres.
Pour aller plus loin
- Retrouvez Live Mentor
- Le compte Instagram de Live Mentor
- Le média Bon Pote
- Une conférence d’Arthur Keller sur YouTube
Les références de l’épisode
- Live Mentor
- Alexandre Dana
- Arthur Keller
- L’ENA Situation
- Le livre « La méthode Live Mentor »
- Le livre « Entreprendre et surtout être heureux »
- Le magazine Odyssée
- Le média Bonpote
- Apple
- Zoom
- YouTube
Au fil de l’épisode
- Présentation d’Alexandre Dana, fondateur de Live Mentor, un organisme qui a accompagné 16 000 créateurs d’entreprise depuis 2016.
- La stratégie de vente de Live Mentor : ne jamais dépendre d’un seul canal et multiplier les points de contact (livres, magazine, SEO, etc.).
- Le grand changement à venir pour tous les secteurs : la « descente énergétique et matérielle » face à l’épuisement des ressources.
- La première conséquence pour les infopreneurs : la nécessité d’intégrer la sobriété et l’éco-responsabilité dans le contenu même des formations.
- La deuxième conséquence : maîtriser l’impact carbone de la diffusion des formations, notamment en questionnant l’usage de la vidéo haute définition.
- La troisième et plus importante conséquence : la responsabilité de changer l’imaginaire collectif du succès entrepreneurial.
- L’appel à abandonner le récit de l’hyper-consommation (voyages, luxe) au profit d’un marketing plus sobre et respectueux de la planète.
- Le conseil d’Alexandre aux entrepreneurs qui se lancent : se former en priorité aux enjeux de la transition écologique pour faire les bons choix dès le départ.
FAQ
Qui est Alexandre Dana ?
Alexandre Dana est un entrepreneur, fondateur et CEO de Live Mentor, un organisme de formation en ligne destiné aux créateurs d’entreprise. Il a créé son entreprise en 2012 et l’a fait pivoter vers son modèle actuel en 2016. Il est également l’auteur de deux livres, « La méthode Live Mentor » et « Entreprendre et surtout être heureux », et a lancé le magazine Odyssée.
Qu’est-ce que Live Mentor ?
Live Mentor est le premier organisme de formation en France pour les créateurs et créatrices d’entreprises. Depuis 2016, il a accompagné plus de 16 000 personnes à travers ses formations en ligne sur des sujets comme la création de site, le marketing sur les réseaux sociaux ou YouTube. L’entreprise dispose également d’un pôle média avec des livres, un magazine et des événements.
Quelle est la principale méthode de vente de Live Mentor ?
La stratégie de Live Mentor n’est pas de reposer sur une seule méthode de vente, mais au contraire de diversifier au maximum ses canaux d’acquisition. L’entreprise s’appuie sur plus de 15 canaux différents, dont le référencement naturel, le bouche-à-oreille, sa newsletter, ainsi que les livres et le magazine publiés par son fondateur. Cette diversification lui permet de ne pas être dépendant d’une seule source de trafic.
Selon Alexandre Dana, quel est le plus grand défi pour l’infopreneuriat ?
Le plus grand défi est la « descente énergétique et matérielle ». Il estime que les entrepreneurs du web ne peuvent plus ignorer les limites planétaires. Ce changement impose de repenser le contenu des formations pour y intégrer la sobriété, de maîtriser l’impact carbone de leur diffusion et, surtout, de réinventer l’imaginaire collectif du succès pour ne plus promouvoir un modèle basé sur la surconsommation.
Comment les formateurs en ligne peuvent-ils réduire leur impact écologique ?
Alexandre Dana suggère plusieurs pistes concrètes. D’abord, intégrer un module sur l’éco-responsabilité dans chaque formation. Ensuite, agir sur la diffusion en proposant aux utilisateurs de passer les vidéos en basse qualité pour réduire l’impact carbone, ou en limitant l’usage de la caméra lors des coachings. Enfin, il insiste sur la nécessité de changer le discours marketing pour ne plus valoriser des modes de vie insoutenables.
