Un spécialiste pour dédramatiser l’administratif
Connu sur les réseaux sociaux pour son compte La Micro by Flo, Florian est un créateur de contenu qui se donne pour mission de vulgariser l’administratif lié à la micro-entreprise. Il constate que de nombreux entrepreneurs se brident et freinent leur croissance par peur de dépasser les seuils de la TVA, un passage qu’il juge pourtant simple et bénéfique. Selon lui, la complexité perçue de la TVA est un mythe qui empêche de nombreux indépendants de développer leur plein potentiel et d’assurer leur sécurité financière, notamment pour leur retraite.
Son plus beau compliment ? « Grâce à toi, je fais vivre ma famille, je vis moi-même mon activité, et je suis un peu plus libéré de tout ça. »
Comprendre les seuils de la TVA
Florian clarifie une notion essentielle : toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises, sont assujetties à la TVA. La différence réside dans le fait d’être « redevable » ou non. Au démarrage, un micro-entrepreneur bénéficie d’une exonération, la « franchise en base de TVA », qui le dispense de facturer et de déclarer la TVA jusqu’à certains seuils de chiffre d’affaires. Il détaille les deux niveaux de seuils : le seuil de franchise de base (36 800 € pour les services en 2024) et le seuil majoré ou de tolérance (39 100 €). Le dépassement de ces seuils déclenche l’obligation de facturer la TVA.
Il insiste sur le fait que se limiter pour rester sous ces seuils est un mauvais calcul. Non seulement cela précarise l’entrepreneur, mais cela a aussi un impact direct et négatif sur le calcul des droits à la retraite, qui se base sur un chiffre d’affaires plafonné.
Les démarches pour devenir redevable
Le passage à la TVA est une démarche étonnamment simple. Florian explique qu’il suffit d’envoyer un message via la messagerie sécurisée de son espace professionnel sur le site impots.gouv.fr. Il faut y formuler une « demande d’option TVA » en choisissant le « régime réel normal », qui permet une déclaration mensuelle alignée sur celle de l’URSSAF. Il déconseille le régime simplifié, dont le nom est trompeur et la gestion plus complexe avec son système d’acomptes.
Une fois la demande envoyée, il n’est pas nécessaire d’attendre la réponse officielle pour commencer à facturer la TVA dès le premier jour du mois concerné. Il n’y a aucune obligation de prendre un comptable ou d’utiliser un logiciel de facturation certifié pour gérer sa TVA en micro-entreprise.
La déclaration de TVA, pas à pas
Chaque mois, la déclaration de TVA se fait également sur le site des impôts. Florian guide l’auditeur à travers le formulaire, qui peut paraître intimidant mais ne nécessite de remplir que quelques cases dans la majorité des cas. Il faut indiquer son chiffre d’affaires hors taxe du mois écoulé (le même que celui déclaré à l’URSSAF), ce qui calcule automatiquement la TVA collectée à reverser à l’État. C’est un simple rôle de « passe-plat » entre le client et l’administration fiscale.
L’un des grands avantages est la possibilité de déduire la TVA sur ses propres dépenses professionnelles (logiciels, matériel, déplacements). Il suffit de renseigner le montant de la TVA payée sur ses achats dans la case dédiée pour qu’il soit soustrait du montant à verser. Florian aborde également le cas des achats à l’étranger, comme les abonnements à des logiciels (Adobe, Stripe), qui nécessitent une procédure d’« auto-liquidation ».
Ce qui change pour la TVA en 2025
Florian conclut en présentant les évolutions légales prévues pour 2025. La principale modification concerne la période de tolérance : si un micro-entrepreneur se situe entre le seuil de base et le seuil majoré pendant une année, il deviendra automatiquement redevable de la TVA dès le 1er janvier de l’année suivante. La possibilité de rester deux années consécutives dans cette zone de tolérance disparaît.
Les seuils eux-mêmes sont ajustés : ils augmentent pour les prestations de service (passant à 37 500 € pour le seuil de base et 41 250 € pour le seuil majoré), mais diminuent pour la vente de marchandises.
Florian de La Micro by Flo nous recommande…
- « Le Petit Prince » — Antoine de Saint-Exupéry. Un livre qu’il a récemment réécouté en version audio et beaucoup apprécié.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Le livre « Le Petit Prince »
- Les outils et plateformes : Notion, Gmail, Agora Pulse, Revolut, URSSAF, Conto, Swelo, Adobe, Stripe, Amazon, Freebie
- Les concepts : micro-entreprise, auto-entreprise, franchise de TVA, régime réel normal, régime simplifié d’imposition, auto-liquidation de la TVA, loi de finances
Au fil de l’épisode
- [02:50] — Qui est Florian de La Micro by Flo ?
- Le portrait chinois de Florian : son livre préféré, sa citation, son dernier achat et l’application dont il ne peut se passer.
- [08:09] — Quelles entreprises sont assujetties à la TVA ? Comment savoir si on l’est ?
- La distinction entre être « assujetti » et « redevable » de la TVA.
- [10:15] — Quand demander son passage à la TVA ?
- La possibilité de devenir redevable de la TVA volontairement, avant d’atteindre les seuils.
- [11:57] — Les seuils de limites de chiffre d’affaire pour le passage à la TVA en 2024.
- Explication du seuil de base et du seuil de tolérance (majoré).
- [16:22] — Quelles sont les activités qui peuvent être exonérées de ces seuils ?
- [17:24] — Les avantages et inconvénients de passer à la TVA.
- Pourquoi se restreindre pour ne pas dépasser les seuils est une mauvaise stratégie pour sa retraite.
- [23:33] — Concrètement, quelles démarches effectuer lors du passage en TVA ?
- Le guide pour faire sa demande sur le site impots.gouv.fr.
- Le choix crucial entre le régime réel normal et le régime simplifié.
- [29:20] — La déclaration de TVA mensuelle pas-à-pas.
- Les cases essentielles à remplir dans le formulaire de déclaration.
- Comment déduire la TVA de ses dépenses professionnelles.
- Le cas particulier des logiciels et services étrangers (principe d’auto-liquidation).
- [43:23] — Dois-je produire un bilan comptable après le passage à la TVA ?
- [44:21] — Les nouveautés légales en matière de TVA pour 2025.
- Les nouveaux seuils et la fin de la période de tolérance de deux ans.
- Le fonctionnement du « droit à l’erreur » auprès de l’administration fiscale.
FAQ
Qui est Florian de La Micro by Flo ?
Florian de La Micro by Flo est un créateur de contenu spécialisé dans l’administratif pour les micro-entreprises. Sa mission est de vulgariser des sujets jugés complexes comme la fiscalité, les assurances ou la TVA, pour aider les entrepreneurs à gérer leur activité sereinement. Il est particulièrement connu pour son approche simple, pratique et dédramatisante.
Qu’est-ce que la franchise de TVA pour une micro-entreprise ?
La franchise en base de TVA est une exonération qui permet à une micro-entreprise de ne pas facturer la TVA à ses clients. En contrepartie, elle ne peut pas récupérer la TVA sur ses propres achats. Ce régime s’applique automatiquement au démarrage de l’activité et prend fin lorsque le chiffre d’affaires dépasse certains seuils définis par l’administration fiscale.
Comment passer à la TVA en tant que micro-entrepreneur ?
Le passage à la TVA se fait via une simple demande depuis la messagerie de son espace professionnel sur impots.gouv.fr. Il faut y formuler une « demande d’option TVA » et choisir le « régime réel normal » pour une déclaration mensuelle. La démarche ne nécessite ni l’intervention d’un comptable, ni de documents justificatifs spécifiques.
Quels sont les avantages à être redevable de la TVA ?
Le principal avantage est de pouvoir récupérer la TVA sur toutes les dépenses professionnelles (matériel, logiciels, déplacements), ce qui réduit les coûts réels. Pour ceux qui travaillent avec des entreprises, facturer la TVA est neutre pour le client (qui la récupère aussi) et permet de ne plus se soucier des plafonds de chiffre d’affaires, favorisant ainsi la croissance de l’activité.
Quels sont les seuils de TVA pour une micro-entreprise en 2025 ?
À partir du 1er janvier 2025, les seuils de la franchise de TVA évoluent. Pour les prestations de service, le seuil de base passe à 37 500 € et le seuil de tolérance à 41 250 €. Pour la vente de marchandises, les seuils diminuent, passant respectivement à 85 000 € et 93 500 €. La période de tolérance est également réduite à une seule année.
