Qu’est-ce que le syndrome de la bonne élève ?
Julie Vander Meulen, ancienne chercheuse en sciences politiques devenue coach mindset pour femmes ambitieuses, définit le « good girl syndrome » — ou syndrome de la bonne élève — comme un ensemble de croyances et de comportements développés pour correspondre à un idéal féminin sociétal. Il ne s’agit pas d’un diagnostic psychologique, mais d’un cadre qu’elle a conçu pour aider ses clientes à comprendre ce qui leur arrive. Selon elle, beaucoup de femmes mesurent leur propre valeur à l’aune de cet idéal abstrait et inatteignable, ce qui engendre un auto-jugement permanent et une comparaison constante.
Les symptômes sont nombreux : une tendance à l’hyper-performance, une validation extérieure constante, mais un décalage immense avec le ressenti intérieur. Ces femmes se sentent souvent surchargées, en manque de temps, et sont très critiques envers elles-mêmes. L’un des signes les plus marquants est une déconnexion totale ou partielle de leurs propres besoins, qu’elles n’arrivent ni à ressentir, ni à exprimer.
Ambition, performance et névroses
Ce syndrome est particulièrement présent chez les femmes ambitieuses, notamment les entrepreneures. Pour Julie Vander Meulen, l’ambition est souvent liée à une envie de se dépasser, mais aussi de se prouver quelque chose. Cette quête de performance peut être saine, mais elle est souvent alimentée par des névroses, comme un besoin de plaire ou de validation. L’animatrice Aline et son invitée débattent de la manière dont ces névroses peuvent être un moteur de réussite, tout en ayant un coût élevé en termes de santé mentale et d’énergie.
Julie Vander Meulen suggère de s’interroger sur l’intention derrière chaque action. Agit-on par curiosité et envie de grandir, ou pour nourrir son ego et répondre à une pression extérieure ? En se « régulant » et en agissant pour des raisons saines, on ne diminue pas forcément sa performance. Au contraire, on peut l’optimiser en se concentrant sur les actions à plus fort impact, plutôt que de s’épuiser dans une multitude de tâches inutiles.
Le rapport à l’argent et la difficulté à recevoir
Le syndrome de la bonne élève a un impact direct sur la relation à l’argent. La difficulté à se donner de la valeur soi-même se traduit par une difficulté à recevoir et à se permettre de gagner de l’argent. Dans l’imaginaire collectif, une « femme bien » est souvent perçue comme généreuse, humble, quelqu’un qui donne plus qu’elle ne reçoit. Beaucoup de femmes entrepreneures, même lorsqu’elles génèrent un chiffre d’affaires important, peinent à se verser un salaire ou fixent des prix trop bas.
L’enjeu sous-jacent est la vulnérabilité. Gagner de l’argent par son travail est acceptable car cela reste une forme de contrôle et de validation de sa performance. En revanche, recevoir de l’aide ou de l’argent sans contrepartie directe demande d’accepter d’être vulnérable, ce que l’idéal de la femme parfaite et forte interdit. Cette peur d’être jugée, par soi-même avant tout, crée un blocage puissant.
Trois exercices pour lâcher prise
Pour sortir de ce schéma, Julie Vander Meulen propose plusieurs pistes concrètes. La première étape, dans un moment d’anxiété, est de simplement poser sa main sur son cœur et de respirer pour se reconnecter à soi. Elle suggère ensuite de se trouver des modèles de femmes inspirantes qui réussissent et assument leur relation à l’argent, comme Oprah Winfrey. Se comparer à un modèle positif plutôt qu’à un idéal abstrait peut devenir un moteur de changement.
Enfin, elle invite à se poser les bonnes questions. Au lieu de s’auto-flageller avec des « pourquoi je n’ai pas réussi ? », il est plus constructif de se demander « qu’est-ce que j’ai appris ? » ou « et si c’était une chance ? ». L’outil le plus simple et puissant reste la question : « Et si c’était facile ? ». Cette simple interrogation permet souvent de déconstruire la montagne de complexité que l’on se crée et de trouver des solutions évidentes et apaisées.
Julie Vander Meulen nous recommande…
- « L’Alchimiste » — Paolo Coelho, un livre qu’elle relit régulièrement.
Pour aller plus loin
- Quiz “Avez-vous le syndrome de la bonne élève ?”
- La newsletter de Julie Vander Meulen
- Le profil LinkedIn de Julie Vander Meulen
Les références de l’épisode
- Personnes : Tony Robbins, Oprah Winfrey, Paolo Coelho, Beyoncé.
- Œuvres : L’Alchimiste.
- Concepts : Les six besoins humains (Six Human Needs).
- Outils : ChatGPT, Google Mail.
Au fil de l’épisode
- Introduction au syndrome de la femme parfaite.
- [03:42] — La présentation de Julie, coach en empouvoirement pour femmes ambitieuses.
- Le portrait chinois de Julie : son livre préféré, sa citation, son dernier achat, son outil indispensable et le plus beau compliment qu’on puisse lui faire.
- [09:02] — Le syndrome de la bonne élève, c’est quoi ? Une construction sociale basée sur un idéal féminin inatteignable.
- [11:43] — Les symptômes du “good girl syndrom” : hyper-performance, décalage intérieur, auto-jugement et déconnexion de ses besoins.
- Le lien entre ce syndrome et le fait d’être une femme ambitieuse.
- [17:44] — Les névroses : le moteur des entrepreneurs qui réussissent ? Un débat sur la performance saine et celle alimentée par le besoin de validation.
- L’importance de l’intention derrière ses actions pour éviter l’épuisement.
- [23:13] — Syndrome de la bonne élève et argent : quels liens ? La difficulté à se donner de la valeur et donc à recevoir.
- [28:40] — L’enjeu entre recevoir et donner : la vulnérabilité.
- [30:12] — Les exercices pour les « good girls » : se reconnecter à soi, trouver un rôle modèle et se poser la question « et si c’était simple ? ».
- [37:59] — Les 3 éléments à retenir de l’échange.
- Où retrouver Julie et comment travailler avec elle.
FAQ
Qui est Julie Vander Meulen ?
Julie Vander Meulen est une ancienne chercheuse en sciences politiques qui s’est reconvertie en coach mindset. Elle se spécialise dans l’accompagnement des femmes ambitieuses, qu’elles soient entrepreneures ou cadres à haut niveau de responsabilité. À travers ce qu’elle nomme l’« empowerment », elle les aide à reprendre le contrôle de leur vie et de leur carrière en travaillant sur leur état d’esprit et leurs blocages intérieurs.
Qu’est-ce que le syndrome de la bonne élève ?
Le syndrome de la bonne élève, ou « good girl syndrome », est un concept utilisé par Julie Vander Meulen pour décrire un ensemble de croyances et de comportements. Il consiste à mesurer sa propre valeur en se comparant à un idéal sociétal de la « femme parfaite ». Cela conduit à un auto-jugement permanent, une quête de validation extérieure, une tendance à l’hyper-performance et une déconnexion de ses propres besoins.
Comment le syndrome de la bonne élève affecte-t-il la relation à l’argent ?
Ce syndrome est directement lié à la relation à l’argent. La difficulté à s’accorder de la valeur se traduit par une difficulté à recevoir. Beaucoup de femmes concernées associent l’idéal féminin à la générosité et au don, et non à la réception d’argent. Elles peuvent ainsi avoir du mal à se payer un salaire juste ou à fixer des tarifs à la hauteur de leur travail, car cela heurte leur conception de ce qu’est une « femme bien ».
Quels sont les symptômes du ‘good girl syndrome’ ?
Les principaux symptômes décrits dans l’épisode sont une tendance à surperformer dans tous les domaines, un sentiment de décalage entre l’image parfaite projetée et le mal-être intérieur, une forte auto-critique, et une impression d’être constamment surchargée. Un symptôme clé est la difficulté à identifier et à exprimer ses propres besoins, allant parfois jusqu’à ne plus les ressentir du tout.
Quels exercices propose Julie Vander Meulen pour s’en libérer ?
Julie Vander Meulen propose trois approches. D’abord, un exercice de reconnexion simple : poser la main sur son cœur et respirer en cas d’anxiété. Ensuite, trouver un rôle modèle féminin qui incarne une réussite saine et assumée. Enfin, changer sa perspective en se posant de meilleures questions, notamment la plus simple et efficace : « Et si c’était facile ? » pour déconstruire les blocages.
