Au festival des Promenades Photographiques de Vendôme, le Campus 2018 réunit 30 étudiants d’écoles de photographie européennes pendant quatre jours intenses. Encadrés par le photographe Mat Jacob, ils doivent concevoir, produire et présenter un projet collectif autour d’un thème imposé. Cet épisode recueille le regard d’un étudiant sur cette expérience pédagogique hors norme.
Le Campus 2018 des Promenades Photographiques de Vendôme : quand 30 étudiants européens créent en quatre jours
Chaque année, le festival des Promenades Photographiques de Vendôme affirme sa vocation d’éducation et de transmission, en particulier auprès des écoles. Au-delà de l’Atelier des photos et des mots et du Prix Mark Grosset qui récompense un étudiant, le festival accueille le Campus : un espace pédagogique qui rassemble une trentaine d’élèves venus d’écoles de photographie de toute l’Europe. L’idée est d’en faire un terrain de jeu où les regards se croisent, où l’on apprend autant des encadrants que des autres participants. Pour l’édition 2018, c’est le photographe Mat Jacob qui dirige l’expérience, aux côtés des étudiants dont Philippe Labrosse, dont le témoignage structure cet entretien.
Quatre jours pour concevoir et produire un projet
Ce qui frappe d’abord, c’est la contrainte de temps. À l’école, un projet photographique s’étale habituellement sur près de six mois. Au Campus, les étudiants ne disposent que de quatre jours pour trouver un concept, le rattacher au thème imposé, repérer les personnes à photographier et produire les images. Tout va très vite. C’est précisément cette urgence qui rend l’exercice formateur : il oblige à réagir rapidement, à décider sans tergiverser, à faire confiance à son intuition. La leçon principale tient dans cette capacité à transformer une contrainte de calendrier en moteur créatif plutôt qu’en frein.
Entre travail individuel et dynamique collective
L’autre enseignement du Campus tient à l’articulation entre l’individuel et le collectif. L’étudiant interrogé s’attendait à un travail entièrement collectif ; dans les faits, chaque participant a mené un projet assez personnel. Le résultat final donne un ensemble cohérent, perçu comme collectif, mais nourri par des démarches individuelles où chacun s’approprie le thème à sa manière. L’échange et la confrontation des regards restent au cœur de l’expérience, sans gommer la singularité de chaque auteur.
« La vie est ailleurs » : interroger ce que signifie l’ailleurs
L’étudiant a choisi de travailler sur le thème « la vie est ailleurs », celui qui lui parlait le plus. Plutôt que d’apporter une réponse, il a transformé le sujet en questionnement : qui, au juste, vit dans l’ailleurs ? Sommes-nous, habitants de la société de consommation parisienne et de son rythme effréné, ceux qui vivent à côté de l’essentiel — ou bien sont-ce les personnes installées à la campagne, ayant choisi des espaces tranquilles et une temporalité différente ? Pour répondre, il a mêlé portraits, paysages et images sensibles sur le lien entre l’homme et la nature. Sa conclusion ne tranche pas : l’ailleurs y est avant tout une affaire de rapport au temps, une temporalité qui se vit différemment selon les choix de chacun. Pour entendre la voix des protagonistes et le détail de cette démarche, l’écoute de l’épisode prolonge utilement ce résumé.
Foire aux questions
Qu’est-ce que le Campus des Promenades Photographiques de Vendôme ?
Le Campus est un espace pédagogique du festival des Promenades Photographiques de Vendôme qui réunit une trentaine d’étudiants venus d’écoles de photographie européennes. Conçu comme un terrain de jeu où les regards se croisent, il incarne la volonté d’éducation et de transmission du festival auprès des jeunes générations.
Qui dirigeait le Campus 2018 des Promenades Photographiques de Vendôme ?
Le photographe Mat Jacob a dirigé l’édition 2018 du Campus des Promenades Photographiques de Vendôme. Il encadrait les 30 étudiants tout au long de l’expérience, du choix d’un concept jusqu’à la production des images en quelques jours seulement.
Combien de temps les étudiants du Campus avaient-ils pour réaliser leur projet ?
Les étudiants du Campus disposaient seulement de quatre jours pour réaliser leur projet, contre environ six mois à l’école. Cette contrainte de temps les obligeait à trouver un concept, à le relier au thème, à repérer leurs sujets et à produire leurs photographies très rapidement.
Quel était le thème abordé par l’étudiante du Campus 2018 ?
L’étudiante a travaillé sur le thème « la vie est ailleurs », celui qui lui parlait le plus. Elle l’a transformé en questionnement sur ce qu’est réellement l’ailleurs, en opposant le rythme de la société de consommation parisienne à des modes de vie plus tranquilles à la campagne.
Le travail au Campus est-il individuel ou collectif ?
Le travail au Campus mêle les deux dimensions : chaque étudiant mène un projet assez personnel, mais l’ensemble produit un rendu perçu comme collectif. L’échange et la confrontation des regards restent centraux, sans effacer la manière propre dont chacun s’approprie le thème imposé.
Les chiffres de l’épisode
- 30 étudiants d’écoles de photographie européennes réunis au Campus.
- 4 jours pour concevoir et produire un projet photographique complet.
- 6 mois environ, durée habituelle d’un projet à l’école, à titre de comparaison.
- Édition 2018 des Promenades Photographiques de Vendôme.
Références
- Promenades Photographiques de Vendôme
- Mat Jacob
- Philippe Labrosse
- Prix Mark Grosset
- Atelier des photos et des mots
