Calculer son tarif minimum vital
Aline aborde d’emblée le sujet des tarifs pour les freelances et prestataires de services, qu’elle considère comme le cas le plus simple à aborder. Elle insiste sur un point crucial : ne jamais travailler en dessous d’un tarif journalier de 250 euros, même en début d’activité. Ce chiffre n’est pas arbitraire ; il correspond à un SMIC une fois les charges, les impôts et l’absence d’avantages salariaux (vacances, chômage, RTT) pris en compte. Descendre en dessous, c’est se payer moins que le salaire minimum légal. Elle souligne aussi l’importance d’augmenter ses tarifs chaque année, une pratique normale et attendue dans le milieu, à l’image de l’augmentation du coût de la vie.
Pour illustrer la nécessité d’anticiper, elle raconte une anecdote personnelle. Après avoir volontairement gonflé un devis pour un client, celui-ci a tenté d’ajouter deux visuels supplémentaires au projet sans surcoût. Grâce à sa marge de manœuvre initiale, elle a pu accepter cette demande « exceptionnellement », transformant un potentiel conflit en un geste commercial. « Dans 90% des cas, il y arrive ce genre de situation », prévient-elle, justifiant ainsi cette stratégie de protection.
Du produit à la négociation
L’épisode s’intéresse ensuite aux commerçants et créateurs de produits, y compris les formations en ligne. Pour un artisan, le prix de vente minimum doit couvrir le coût des matières premières, le temps de travail valorisé à un taux horaire décent, et une marge. Pour l’achat-revente, elle suggère une marge minimale de 30%. Concernant les formations, Aline met en garde contre l’erreur de lier le prix à la durée. La valeur réside dans la qualité et l’efficacité de l’information transmise. « Si vous arrivez à faire comprendre en 2 heures un concept aux gens, alors que normalement il faudrait 40 heures, vous allez pouvoir la vendre beaucoup plus cher. »
Aline conclut sur la psychologie des prix et la négociation. Terminer un prix par un 0 (50 €, 200 €) évoque le luxe et la qualité, tandis qu’un prix se terminant par 7 ou 9 (49 €, 199 €) donne l’impression d’une bonne affaire. Le choix dépend de la cible. Enfin, elle dédramatise la négociation : c’est une étape normale du jeu commercial. La règle d’or est simple : « Si vous coupez le prix d’un côté, vous coupez quelque chose dans votre produit ou votre prestation de l’autre. »
Pour aller plus loin
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Les références de l’épisode
- Stan Leloup et Marketing Mania
- Marie Forleo et sa formation B-School
- La marque de bijoux Cartier
Au fil de l’épisode
- L’importance de fixer des tarifs qui permettent de vivre de son activité.
- Le tarif journalier minimum de 250 euros pour un freelance débutant, et pourquoi il ne faut pas descendre en dessous.
- La nécessité d’augmenter ses tarifs chaque année pour suivre l’inflation et valoriser son expérience.
- L’anecdote d’Aline sur l’importance de gonfler ses devis pour anticiper les imprévus et les demandes supplémentaires des clients.
- Comment fixer le prix d’un produit artisanal : coût des matières + temps de travail + marge.
- La règle de la marge de 30% minimum pour les activités d’achat-revente.
- Le prix d’une formation en ligne : se baser sur la valeur et la transformation apportée, pas sur le volume de contenu.
- La psychologie des prix : la différence entre un prix rond (luxe) et un prix terminé par 7 ou 9 (bonne affaire).
- La négociation d’un devis : un processus normal à ne pas subir.
- La règle d’or en négociation : une baisse de prix doit toujours s’accompagner d’une réduction de la prestation.
- Ne jamais accepter le chantage ou la pression de clients qui comparent agressivement avec la concurrence.
FAQ
Comment calculer son tarif journalier en freelance ?
Pour un freelance qui débute, Aline recommande de ne jamais fixer un tarif journalier en dessous de 250 euros. Ce montant est un minimum vital qui, une fois les charges sociales et les impôts déduits, équivaut environ à un SMIC. Il prend en compte le fait que l’indépendant n’a ni congés payés, ni assurance chômage, ni RTT. Ce tarif de base doit ensuite être augmenté progressivement avec l’expérience.
Pourquoi faut-il augmenter ses prix chaque année ?
Selon Aline, augmenter ses tarifs annuellement est une pratique normale et attendue dans le monde du freelancing. Tout comme le gaz, l’électricité ou les loyers, les prestations de services augmentent pour suivre le coût de la vie et l’inflation. Cette hausse reflète également l’expérience et l’expertise croissantes de l’indépendant. Ne pas le faire revient à s’appauvrir au fil du temps.
Faut-il terminer ses prix par un 9 ou un 0 ?
Le choix dépend de la cible et du positionnement souhaité. Un prix rond, se terminant par un 0 (ex: 300 €), est inconsciemment associé au luxe, à la haute qualité et à une grande confiance en son offre. Un prix se terminant par un 9 ou un 7 (ex: 299 €) est un prix dit « psychologique » qui donne au client l’impression de faire une bonne affaire. Il n’y a pas de règle absolue, tout dépend de l’image que l’on veut renvoyer.
Comment réagir quand un client veut négocier un devis ?
Il faut considérer la négociation comme une partie normale du processus commercial, et non comme une attaque personnelle. La règle principale est de ne jamais baisser son prix sans réduire en contrepartie l’étendue de la prestation. Si le client veut payer moins cher, il doit accepter moins de services, moins de fonctionnalités ou des délais différents. Il est crucial de ne pas se laisser intimider ou culpabiliser.
