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Björn Dahlström

Directeur du Nouveau Musée National de Monaco depuis 2021, Björn Dahlström se livre sur son parcours cosmopolite. Né au Maroc d'une mère française et d'un père suédois, sa carrière l'a mené des États-Unis, aux côtés du metteur en scène Robert Wilson, au Japon, en passant par le Luxembourg et Marrakech, où il a dirigé les musées de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent. Conservateur et passeur passionné, il raconte sa vision de la création, les défis de la direction d'une institution nationale et ses ambitions pour le NMNM, entre valorisation du patrimoine monégasque et dialogue avec les artistes vivants.

Björn Dahlström, un parcours international au service de l'art contemporain

Un parcours cosmopolite

Né au Maroc d’une mère française et d’un père suédois, Björn Dahlström a grandi dans un environnement déjà ouvert sur le monde. Il raconte que son grand-père paternel, entrepreneur dans la céramique, s’était installé dans le pays dès les années 1930, initiant sans le savoir un lien familial avec la création. Des années plus tard, c’est son expertise qui le rapproche de la Principauté. Avant de prendre la direction du Nouveau Musée National de Monaco (NMNM) en avril 2021, il était déjà un familier des lieux, siégeant au comité scientifique du musée à l’invitation de sa prédécesseure, Marie-Claude Beau. Son tout premier contact avec Monaco fut d’ailleurs artistique, lorsqu’il a soutenu une artiste sud-africaine lauréate d’un prix de la Fondation Prince-Pierre en 2007.

« Mon premier contact avec Monaco a été de nature artistique », confie-t-il.

L’école des grands noms

Avant de poser ses valises en Principauté, Björn Dahlström a passé dix ans à œuvrer pour la fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent, entre Paris et le Maroc. Il y a d’abord piloté la création d’un musée d’art berbère à Marrakech, valorisant la collection constituée par le couple, avant de prendre en charge le projet du musée Yves Saint-Laurent dans la même ville, puis la direction de celui de Paris. Il revient sur le lien fusionnel entre le couturier et le Maroc, une source d’inspiration constante que l’on retrouve dans ses couleurs, ses motifs et la silhouette générale de ses créations. Cette expérience marocaine fut un retour aux sources inattendu pour celui qui avait quitté son pays natal à l’âge de douze ans.

« Pierre Berger, Yves Saint-Laurent et Marrakech, c’est une histoire commune », souligne-t-il.

Une formation sur le terrain

Le parcours de Björn Dahlström est jalonné de rencontres déterminantes. La plus formatrice fut sans doute son expérience aux États-Unis auprès du metteur en scène et plasticien Robert Wilson. Au sein du Watermill Center, un lieu de création communautaire à Long Island, il apprend les bases de son métier. Il décrit une immersion totale, « une mise en scène permanente, artistique, d’un quotidien communautaire » où il découvre la création en train de se faire. C’est là qu’il rencontre Marie-Claude Beau, alors conseillère pour Bob Wilson, qui lui proposera de la rejoindre au Luxembourg pour l’ouverture du musée d’art moderne. Après des études de droit vite abandonnées, c’est une visite scolaire au Louvre qui avait éveillé sa vocation, le menant à intégrer la prestigieuse École du Louvre.

« C’est là où j’ai peut-être le plus appris », dit-il à propos de son expérience avec Robert Wilson.

La vision d’un passeur

Se définissant comme un « passeur » plutôt qu’un artiste, Björn Dahlström insiste sur la nécessité de cultiver sa curiosité pour appréhender l’art. Pour lui, diriger un musée national comme le NMNM implique de trouver un équilibre entre la valorisation d’une collection existante, très liée à l’histoire de Monte-Carlo, et l’invitation d’artistes contemporains qui portent un regard neuf sur la Principauté. Il évoque les défis actuels des institutions publiques face à un marché de l’art aux coûts exorbitants et à la concurrence des puissantes fondations privées. Conscient de la temporalité de son action, il travaille déjà sur des expositions pour 2026, avec l’ambition de continuer à faire de Monaco une scène artistique stimulante et ouverte sur le monde.

« On a la charge d’une collection, qu’il faut la valoriser, la montrer, mettre en place des passerelles avec des artistes qui sont sensibles à ce type de patrimoine. »

Les références de l’épisode

  • Personnes : Geneviève Berti, Marie-Claude Beau, Candice Bryce, Pierre Bergé, Yves Saint-Laurent, Robert Wilson (Bob Wilson), Amai Pei, Georges Kondo, Picasso, Le Greco, Christian Bérard, Newton (Helmut Newton), Yayoi Kusama, Pasolini, Michel Barcelo, Pierre Palo Calzonari.
  • Institutions et lieux : Nouveau Musée National de Monaco (NMNM), Fondation Prince-Pierre, Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent, Fondation Majorelle, Musée Yves Saint-Laurent (Marrakech et Paris), Watermill Center, École du Louvre, Musée d’art moderne de Luxembourg, Fondation Cartier, Paris Plus Art Basel, FIAC, Fondation Louis Vuitton, Le Louvre.
  • Œuvres et concepts : Exposition « Équilibre Instable », la saharienne d’Yves Saint-Laurent, la Vénus de Milo, l’art de l’Égypte antique, Guernica, l’Arlequin de Picasso, l’Arté Povera.

Au fil de l’épisode

  • Les origines cosmopolites de Björn Dahlström, né au Maroc d’une mère française et d’un père suédois.
  • Ses premiers liens avec Monaco, via le comité scientifique du NMNM et la Fondation Prince-Pierre.
  • Son arrivée à la direction du musée en 2021, succédant à Marie-Claude Beau.
  • Son expérience de dix ans à la direction des musées de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent à Marrakech et Paris.
  • Le lien créatif puissant entre Yves Saint-Laurent et le Maroc.
  • Son parcours de jeunesse nomade, de l’Afrique à Madagascar, avant ses études à Paris.
  • Son expérience fondatrice aux États-Unis avec le metteur en scène Robert Wilson au Watermill Center.
  • Sa rencontre avec Marie-Claude Beau et son départ pour le musée d’art moderne de Luxembourg.
  • L’importance des rencontres dans la construction de sa carrière.
  • Sa vocation pour l’art, née lors d’une visite scolaire au Louvre, qui le mènera à l’École du Louvre.
  • Sa vision du métier de conservateur comme un apprentissage permanent, où l’œil se forme avec le temps.
  • La nécessité de comprendre l’histoire des formes et les références pour apprécier pleinement une œuvre.
  • Son rôle de « passeur » entre les œuvres, les artistes et le public.
  • La stratégie de programmation du NMNM, entre valorisation du patrimoine local et création contemporaine.
  • La richesse des collections du musée, ancrées dans l’histoire de Monte-Carlo et des Ballets Russes.
  • L’importance de la médiation culturelle, notamment auprès du public scolaire.
  • La dimension politique de l’art, hier comme aujourd’hui.
  • Les défis logistiques et financiers de l’organisation d’une exposition.
  • L’impact de la spéculation et des collectionneurs privés sur le marché de l’art.
  • La disparité croissante de moyens entre les musées publics et les grandes fondations privées.
  • Son séjour de deux ans et demi au Japon et la découverte d’une autre approche de la création.
  • Son travail pour la marque Puma sur la mise en réseau de la création contemporaine africaine.
  • Son sentiment d’être un citoyen du monde, aujourd’hui heureux de vivre et travailler à Monaco.
  • La présentation des futures expositions du NMNM, consacrées à Pier Paolo Calzolari, Pasolini et Miquel Barceló.

FAQ

Qui est Björn Dahlström ?

Björn Dahlström est le directeur du Nouveau Musée National de Monaco (NMNM) depuis avril 2021. Conservateur au parcours international, il est né au Maroc et a travaillé dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, au Luxembourg et de nouveau au Maroc. Avant de rejoindre la Principauté, il a notamment dirigé les musées de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent à Marrakech et à Paris.

Quel est le parcours de Björn Dahlström avant Monaco ?

Avant sa nomination à Monaco, Björn Dahlström a accumulé des expériences variées. Il a débuté aux États-Unis auprès du metteur en scène Robert Wilson, une période qu’il juge très formatrice. Il a ensuite travaillé avec Marie-Claude Beau à la création du musée d’art moderne de Luxembourg. Son expérience la plus longue fut la direction des musées de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent, où il a piloté plusieurs projets majeurs à Marrakech et à Paris.

Qu’est-ce que le NMNM ?

Le NMNM est le Nouveau Musée National de Monaco. L’institution conserve et valorise un patrimoine important, dont les collections sont initialement très liées à l’histoire de Monte-Carlo. Celles-ci comprennent notamment un fonds important de la Société des Bains de Mer lié aux Ballets Russes (costumes, maquettes) ainsi qu’une collection de poupées. Le musée mène également une politique active d’expositions d’art contemporain et d’acquisitions d’artistes vivants.

Comment Björn Dahlström conçoit-il son rôle de directeur de musée ?

Björn Dahlström se voit comme un « passeur » dont la mission est de créer des ponts entre les œuvres, les artistes et le public. Il cherche à équilibrer la valorisation du patrimoine existant du musée avec une programmation ouverte sur la création contemporaine. Pour lui, il est essentiel de tenir compte du contexte unique de Monaco pour proposer des expositions pertinentes et stimulantes, tout en s’adressant à un public à la fois local et international.

Pourquoi le coût des expositions d’art est-il si élevé ?

Selon Björn Dahlström, organiser des expositions coûte très cher en raison de plusieurs facteurs. Le transport des œuvres, qu’il soit terrestre ou aérien, la fabrication de caisses sur mesure, les assurances qui couvrent des valeurs très élevées, et les frais liés à l’installation sont des postes de dépenses majeurs. La valeur marchande de l’art, devenue « délirante », fait grimper le coût de toutes ces prestations indispensables à la protection des œuvres prêtées.

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