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Alex Vizorek

Humoriste, comédien et chroniqueur, Alex Vizorek se livre au micro de Geneviève Berti. Loin des parcours classiques, il raconte comment, après des études à la prestigieuse Solvay Business School en Belgique, il a choisi la scène. L'artiste évoque sa double carrière, entre l'exigence quotidienne de la chronique à la radio et à la télévision, et le temps long du spectacle. Avec son regard décalé de Belge installé à Paris, il analyse les différences culturelles, son rapport à la notoriété et le moteur de son humour. Une conversation à bâtons rompus, juste avant sa première rencontre avec le public monégasque.

Alex Vizorek, l'humour belge à Paris, de l'école de commerce à la scène

De Solvay à la scène

Alex Vizorek retrace son parcours singulier, qui l’a mené d’une prestigieuse école de commerce belge aux planches parisiennes. Il raconte avec humour ses années à la Solvay Business School, où il finira dernier de sa promotion, non sans avoir décroché son diplôme. Une année d’échange Erasmus à Berlin lui ouvre les yeux : de retour dans le confort prévisible de Bruxelles, il réalise son besoin d’un autre chemin. Il s’inscrit alors en journalisme, une étape de transition avant de se lancer pleinement dans ce qui l’anime : faire rire.

« Quitte à être nul dans un truc, autant être nul dans deux trucs », ironise-t-il à propos de son double cursus. C’est cette audace qui le poussera à tenter sa chance à Paris, considérant la Belgique comme le « championnat national » et la France comme la « coupe d’Europe ».

Un Belge à Paris

L’humoriste partage son expérience de l’arrivée en France, et notamment dans le milieu des médias parisiens comme France Inter. Il se souvient avec amusement de la surprise de ses collègues lorsqu’il a simplement salué le directeur de la station, Philippe Vall, dans un couloir. Pour lui, cette anecdote illustre une différence culturelle fondamentale : un rapport à la hiérarchie beaucoup moins intimidé chez les Belges. Il analyse cette posture comme une conséquence de l’histoire d’un petit pays, habitué à ne pas se prendre trop au sérieux pour exister.

Cette position de « petit frère » des Français, explique-t-il, est une force. Elle lui permet de renvoyer un miroir, souvent décalé, à la société française. Il évoque également les particularités de la Belgique, comme la cohabitation complexe mais réelle entre les communautés francophone et flamande, allant jusqu’à tenir une chronique en néerlandais pour une radio flamande.

L’artisanat de la chronique

Alex Vizorek détaille les deux facettes de son métier : la scène, son premier amour, et l’antenne, à la radio (RTL) ou à la télévision (Télématin). Il explique la différence radicale entre le temps long d’un spectacle, peaufiné sur des années, et l’exigence de la chronique quotidienne, qui doit être écrite et livrée chaque jour. Pour cet exercice, il se compare à un « chef cuistot » qui reçoit les « produits » de ses co-auteurs, avant de composer lui-même la recette finale. Il assume de taper sur le pouvoir en place, non par parti pris, mais parce qu’il occupe l’essentiel de l’espace médiatique.

Inspiré par des artistes comme Fabrice Luchini qui « tirent les gens vers le haut », il cherche à mêler la drôlerie pure, à la Chaplin, à des blagues qui portent une opinion ou invitent à la réflexion. L’essentiel, pour lui, reste de faire rire avant tout.

Le rire pour exister

La conversation prend une tournure plus personnelle quand il aborde les racines de sa vocation. Il se souvient de son père, qui racontait des blagues à table et rassemblait tout le monde par le rire, créant un « halo de sympathie ». L’humour, pour Alex Vizorek, est aussi devenu un outil de séduction, un moyen de créer un lien. « Femme qui rit à moitié dans ton lit, mais c’est la deuxième moitié qui est plus difficile à mettre dedans », s’amuse-t-il, reconnaissant que son métier a fluidifié son rapport aux autres.

Alors qu’il s’apprête à monter sur scène pour la première fois à Monaco, il partage son rêve : non plus seulement de jouer à l’Olympia, ce qu’il a déjà fait, mais simplement de pouvoir continuer ce métier le plus longtemps possible, en gardant intact le plaisir de sentir les lumières et d’entendre les applaudissements du public.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Geneviève Berti, Alex Jaffray, Alex Lutz, Philippe Vall, Stéphane Guillon, François Rollin, Fabrice Luchini, Cioran, Victor Hugo, le roi Baudouin, Léonardo DiCaprio, Donald Trump, Michael Jordan, Charlie Chaplin, Éric Piolle, Olivier Dussopt, Amélie Oudéa-Castérat, Yann Moix, Emmanuel Macron, Brigitte Macron, Yvonne de Gaulle, Bernadette Chirac, Claude Pompidou, Grace Kelly, Enzo Scifo, Daniel Benoît, Dalida, Georges Brassens, Jacques Brel, Laurie, Bruno Coquatrix, Stéphanie Bataille, Gad Elmaleh.
  • Institutions et médias : Solvay Business School, Université de Bruxelles, France Inter, RTL, RTBF, Télématin.
  • Lieux : Monaco, Bruxelles, Berlin, Paris, Québec, Corse, Liège, Waterloo, Antibes, Avignon, Arles.
  • Spectacles : Ad Vitam (spectacle d’Alex Vizorek).
  • Clubs sportifs : Anderlecht, Standard de Liège.
  • Autres : Erasmus, Eurostar, Grimaldi Forum, Théâtre Antéa, Café de Paris, Jardin japonais, Stade Louis-II, Olympia, Casino de Paris.

Au fil de l’épisode

  • Son premier et unique passage à Monaco, 24 heures avant le confinement.
  • Ses études à la Solvay Business School, l’école de commerce la plus réputée de Belgique.
  • Son année d’Erasmus à Berlin, une révélation qui le pousse à changer de voie.
  • Sa décision de s’inscrire en journalisme après ses études de commerce.
  • Son arrivée à France Inter et son rapport décomplexé à la hiérarchie, illustré par son échange avec le directeur Philippe Vall.
  • Sa vision de la Belgique comme le « championnat national » et de la France comme la « coupe d’Europe » pour un humoriste.
  • Son admiration pour Fabrice Luchini, son modèle sur scène.
  • La différence entre le travail pour la scène et celui pour les chroniques quotidiennes à la radio ou la télévision.
  • Son processus de création avec ses co-auteurs, où il se voit comme un « chef cuistot ».
  • Le choix de ses sujets, souvent liés à l’actualité politique et au pouvoir en place.
  • La comparaison entre le système politique belge, fait de coalitions, et la Cinquième République française.
  • Ses origines familiales : des parents dans le commerce de la chaussure et un grand-père mineur polonais.
  • L’influence de son père et de son humour fédérateur sur sa propre vocation.
  • Sa vision de l’humour comme un outil de séduction.
  • Sa réflexion sur les polémiques et la liberté de rire de tout, notamment du couple Macron.
  • Ses premières impressions de Monaco lors de sa promenade avant son spectacle.
  • Son rêve de carrière : non plus un lieu mythique comme l’Olympia, mais simplement la capacité de durer dans ce métier.
  • L’importance de revenir jouer dans de petites salles pour se réinventer et tester de nouvelles choses.

FAQ

Qui est Alex Vizorek ?

Alex Vizorek est un humoriste, comédien et chroniqueur belge. Formé à la prestigieuse Solvay Business School à Bruxelles, il s’est ensuite tourné vers la scène. Il est connu en France pour ses spectacles, mais aussi pour ses chroniques quotidiennes dans les médias, notamment sur France Inter par le passé, puis sur RTL et dans l’émission Télématin. Son style se caractérise par un regard décalé, souvent lié à sa perspective de Belge vivant à Paris.

Quel a été le parcours d’Alex Vizorek avant de devenir humoriste ?

Avant de monter sur scène, Alex Vizorek a suivi un parcours académique exigeant. Il a d’abord obtenu un diplôme de la Solvay Business School, une des plus grandes écoles de commerce de Belgique. C’est après une année d’échange Erasmus à Berlin qu’il a décidé de ne pas poursuivre dans cette voie. Il s’est alors inscrit en journalisme à l’Université de Bruxelles, une étape qui a précédé son lancement dans une carrière artistique.

Comment Alex Vizorek prépare-t-il ses chroniques ?

Pour ses chroniques à la radio et à la télévision, Alex Vizorek travaille avec une équipe de cinq co-auteurs (trois Belges et deux Français). Il explique qu’il fonctionne comme un « chef cuistot » : ses auteurs lui envoient des propositions de blagues et des idées, et il se charge de sélectionner, d’assembler et de réécrire pour construire le texte final. Ce travail se fait quotidiennement, avec des ajustements parfois réalisés juste avant de passer à l’antenne.

Quelle est la particularité de son humour en tant que Belge en France ?

Alex Vizorek considère que les Belges, en tant que « petits frères » des Français, ont développé une capacité à l’autodérision et un rapport moins intimidé à la hiérarchie. Il estime que son rôle est en partie de tendre un miroir à la société française. Cette position lui permet d’adopter un regard extérieur et décalé, qui est une des marques de son humour. Il se sent également porteur d’une culture où l’on ne se prend pas toujours au sérieux.

Pourquoi Alex Vizorek a-t-il choisi de faire de l’humour ?

Il a été très influencé par son père, qui utilisait les blagues pour créer de la convivialité et de la joie autour de lui. Alex Vizorek a compris très tôt la « force de l’humour ». Il confie aussi que, ne se considérant pas comme un grand séducteur, le rire est devenu pour lui un moyen de créer du lien et de séduire. La réaction du public, qu’il décrit comme des « doses d’amour », est le moteur principal de son envie de monter sur scène.

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