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Marine Boyer

Triple olympienne et médaillée mondiale, la gymnaste française Marine Boyer se livre sur les coulisses d’une carrière au plus haut niveau. Elle raconte la précocité de sa discipline, un engagement total dès l’enfance qui confronte très vite à la pression et à la nécessité d’un équilibre mental. Marine Boyer évoque sans détour le rapport au corps, les douleurs, les doutes, mais aussi les joies immenses comme sa médaille aux championnats du monde. Aujourd’hui entraîneuse à Monaco, elle partage les leçons de son parcours et sa vision de la transmission auprès des plus jeunes générations.

gymnaste triple olympienne, entre la performance, la santé mentale et la transmission

L’innocence et la pression

Marine Boyer raconte ses débuts en gymnastique, un sport qu’elle qualifie de « très précoce ». Entrée en équipe de France à seulement 11 ans, elle se souvient de cette période avec une certaine naïveté : l’excitation du survêtement bleu-blanc-rouge, les voyages, l’envie de s’amuser et de gagner des médailles avec le groupe. Mais en grandissant, cette insouciance laisse place à la pression. Elle décrit cette « petite boule au ventre » au réveil, la conscience du danger et la nécessité de performer physiquement, mais aussi et surtout mentalement. « Si tu n’es pas prête mentalement le jour J, t’as beau être un talent pur, tu ne feras rien du tout », confie-t-elle.

Cette prise de conscience de la dimension mentale du sport de haut niveau est un fil rouge de son parcours. Elle salue le fait que ce sujet, longtemps tabou, soit aujourd’hui plus ouvertement discuté, notamment grâce à des athlètes comme Simone Biles.

Un corps de gymnaste

« Pour la gym, je suis vieille », lance-t-elle à 25 ans. Cette phrase illustre l’usure physique et les traumatismes qu’impose la discipline, avec des entraînements de six heures par jour. Marine Boyer aborde l’évolution de son corps de femme, une étape parfois compliquée dans un milieu où la morphologie est scrutée. Elle explique avoir eu la chance d’être bien entourée par ses parents, qui l’ont aidée à accepter ces changements, transformant ce qui aurait pu être une faiblesse en une force. Elle souligne que les modèles ont changé, citant l’exemple de Simone Biles, « une petite boule de muscle », qui a contribué à faire accepter des profils physiques différents.

Elle évoque aussi la peur qui s’installe avec l’âge : la conscience du danger, le risque de se perdre dans l’espace lors d’une figure, la crainte de la blessure fatale. Trouver l’équilibre entre le physique et le mental, savoir écouter son corps et accepter le repos devient alors essentiel pour durer.

Les médailles et les doutes

La carrière de Marine Boyer est jalonnée de moments forts, comme sa quatrième place à la poutre aux Jeux Olympiques de Rio, à seulement 16 ans. Une déception immense sur le moment, à 0,033 point du podium, qui s’est transformée en moteur. « J’aurais arrêté la gym si j’avais une médaille olympique et j’ai vécu mes plus belles années après », analyse-t-elle avec le recul. Cette « rancune » l’a poussée à continuer, jusqu’à devenir la première gymnaste française à participer à trois olympiades. Elle raconte aussi l’émotion de la médaille de bronze par équipe aux championnats du monde 2023, une consécration pour elle et tout l’encadrement.

Mais le chemin n’a pas été un long fleuve tranquille. Elle confie avoir frôlé le burn-out après les Jeux de Tokyo, épuisée par l’année de report due au Covid et la pression constante. C’est en apprenant à verbaliser son besoin de repos et grâce à un encadrement à l’écoute qu’elle a pu aller jusqu’au bout.

Transmettre à Monaco

Après avoir mis un terme à sa carrière de haut niveau, Marine Boyer a choisi de se tourner vers la transmission. Elle est aujourd’hui entraîneuse au club Femina Sport à Monaco, où elle prépare son diplôme d’État. Son objectif est d’aider les jeunes gymnastes à s’épanouir, en partageant son expérience et en veillant à ne pas reproduire certaines situations difficiles qu’elle a pu vivre. Elle a également créé sa propre académie, Gym Experience, qui organise des camps d’été pour partager son savoir sur la performance, mais aussi sur des aspects essentiels comme la préparation mentale et la nutrition.

Pour elle, cette nouvelle vie dans le sud est une évidence, un moyen de continuer à vivre sa passion tout en aidant la nouvelle génération à trouver son propre équilibre. « J’ai envie d’aider la jeunesse à pouvoir pas vivre ce que j’ai vécu », conclut-elle.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Simone Biles, Nadia Comăneci, Marco Odermatt, Nicolas Karabatic, Geneviève Berti (animatrice), Kim (Climard Nulph), Ephraim.
  • Lieux : Melun, Comble-la-Ville, Canada, Rio, Tokyo, Paris, Belgique, Monaco.
  • Compétitions : Jeux Olympiques, Championnats du monde, Championnats d’Europe, Coupe du Monde à Bercy.
  • Organisations et événements : Équipe de France, Cirque du Soleil, Les Étoiles du Sport, Femina Sport (Monaco), Gym Experience.

Au fil de l’épisode

  • Le paradoxe d’être considérée comme « vieille » pour la gymnastique à 25 ans.
  • Ses débuts en équipe de France à 11 ans, entre insouciance et paillettes.
  • La prise de conscience progressive de la pression et du stress de la compétition.
  • L’importance capitale de la préparation mentale pour performer au plus haut niveau.
  • L’usure physique imposée par la discipline et les six heures d’entraînement quotidiennes.
  • L’évolution de son corps de femme et la difficulté de l’accepter dans un sport jugé.
  • Comment le soutien de ses parents a été une force décisive dans sa carrière.
  • La peur de la blessure et du danger, qui grandit avec l’expérience.
  • La nécessité de trouver un équilibre entre le corps et l’esprit, et d’accepter le repos.
  • Son rapport aux réseaux sociaux et aux critiques sur son physique.
  • Son nouveau rôle d’entraîneuse et sa volonté de transmettre son vécu.
  • Pourquoi la gymnastique, sport individuel, est avant tout une aventure d’équipe.
  • Sa quatrième place aux Jeux de Rio à 16 ans : une déception transformée en moteur.
  • Comment cette expérience l’a motivée pour la suite de sa carrière.
  • La joie de la médaille de bronze par équipe aux championnats du monde en 2023.
  • Le récit d’une journée de compétition mémorable, du contrôle antidopage matinal au podium.
  • Le statut de première gymnaste française à participer à trois Jeux Olympiques.
  • La décision d’arrêter sa carrière et les signaux envoyés par son corps.
  • Son expérience du burn-out et l’importance de la santé mentale chez les sportifs.
  • Son rôle de capitaine et la nécessité de faire le lien entre les gymnastes et les entraîneurs.
  • La création de son académie, Gym Experience, pour partager son savoir.
  • Son arrivée à Monaco et son intégration au club Femina Sport.

FAQ

Qui est Marine Boyer ?

Marine Boyer est une gymnaste artistique française née en 2000. Elle est la première Française de sa discipline à avoir participé à trois Jeux Olympiques (Rio 2016, Tokyo 2020 et Paris 2024 en ligne de mire au moment de l’interview). Elle a notamment terminé quatrième à la poutre à Rio et a remporté une médaille de bronze par équipe aux championnats du monde en 2023. Après sa carrière d’athlète, elle est devenue entraîneuse à Monaco.

Pourquoi la gymnastique est-elle un sport « précoce » ?

Selon Marine Boyer, la gymnastique est un sport très précoce car les athlètes peuvent atteindre le plus haut niveau, comme les Jeux Olympiques, dès l’âge de 16 ans. Cela implique une carrière qui commence très jeune — elle a intégré l’équipe de France à 11 ans — et des entraînements extrêmement intensifs qui usent le corps rapidement. Cette maturité sportive précoce explique pourquoi, à 25 ans, elle se considérait déjà comme « vieille » pour sa discipline.

Quelle est l’importance de la santé mentale en gymnastique selon Marine Boyer ?

Pour Marine Boyer, la santé mentale est aussi cruciale que la préparation physique. Elle insiste sur la pression constante, la peur de la blessure et le stress de la performance qui peuvent mener à l’épuisement. Elle a elle-même frôlé le burn-out et souligne l’importance d’écouter son corps et sa tête, et d’accepter de prendre du repos pour durer. C’est un équilibre fragile mais indispensable pour performer au plus haut niveau.

Que fait Marine Boyer aujourd’hui ?

Après sa carrière de gymnaste de haut niveau, Marine Boyer s’est reconvertie en tant qu’entraîneuse. Elle travaille au sein du club Femina Sport à Monaco, où elle partage son expérience avec les jeunes générations de gymnastes. En parallèle, elle a fondé son académie, Gym Experience, qui propose des stages axés sur la performance, la préparation mentale et la nutrition. Elle suit également une formation pour obtenir son diplôme d’État d’entraîneur.

Comment Marine Boyer a-t-elle vécu sa 4e place aux Jeux de Rio ?

Sur le moment, sa quatrième place à la poutre aux Jeux de Rio en 2016, à seulement 16 ans, a été un coup dur et une grande déception. Cependant, avec le recul, elle affirme que cet échec a été une force. Cette frustration l’a motivée à poursuivre sa carrière avec une soif de revanche, lui permettant de vivre ses plus belles années sportives par la suite et de participer à deux autres olympiades, ce qu’elle n’aurait peut-être pas fait si elle avait remporté une médaille à Rio.

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