Une vocation née du hasard
Luca Masala raconte comment sa passion pour la danse est née de manière inattendue. Originaire de Sardaigne, il a d’abord suivi les pas de sa sœur aînée, Gioia, dans une école de danse. C’est en allant la chercher un jour qu’il découvre une classe de garçons et décide, sur un coup de tête, de commencer lui aussi. Après une brève hésitation due aux moqueries de ses camarades, son père joue un rôle décisif. Face à la conviction d’un directeur d’école qui décèle son talent, il décide de les envoyer, lui et sa sœur, passer l’audition de la prestigieuse Scala de Milan, seule école gratuite à l’époque.
« Sur 2000 personnes, ils ont pris moi et ma sœur et un autre garçon. Et comme ça, disons, a commencé vraiment le chemin vers la danse. »
L’épreuve et la force
À seulement 11 ans, Luca Masala intègre la Scala et se retrouve séparé de sa famille. Il décrit cette période comme difficile, marquée par le détachement familial et un quotidien exigeant, entre les cours et les spectacles. Cette expérience, bien que douloureuse, a forgé son caractère et sa résilience. Il explique comment cette solitude et le manque d’un confident à l’époque ont profondément influencé sa manière de diriger aujourd’hui. Son passage à New York, où il est confronté à une plus grande diversité et à une autonomie totale, a également été une étape cruciale dans sa construction personnelle et artistique.
« Ça m’a aussi renforcé beaucoup le caractère. Et à moi et à ma sœur, c’est sûr que ça m’a changé. »
Transmettre avec exigence et humanité
Depuis 2009, Luca Masala dirige l’Académie de Danse Princesse Grace à Monaco avec une philosophie claire : être pour ses élèves la personne qui lui a manqué. S’il est perçu comme un directeur exigeant qui valorise la discipline, il se veut avant tout accessible et à l’écoute. Il insiste sur l’importance de créer un environnement où les jeunes danseurs se sentent en confiance pour parler de leurs doutes et de leurs difficultés, qu’il s’agisse de problèmes nutritionnels ou de la pression des réseaux sociaux. Pour lui, former un danseur, c’est nourrir une plante unique, sans chercher à la faire grandir de force, mais en lui donnant les outils pour s’épanouir.
« Je pense que être danseur c’est un peu être un magicien, tu es sur scène pour faire du bien à quelqu’un qui te regarde. »
Les références de l’épisode
- Académie de Danse Princesse Grace (Monaco)
- École de danse de la Scala de Milan
- Gioia Masala, sa sœur
- Geneviève Berti, animatrice du podcast
- Marika Besobrasova, fondatrice de l’Académie
- Princesse Caroline de Hanovre
- Jean-Christophe Maillot (évoqué sous le prénom Jean-Christophe)
- Rudolf Noureev (cité comme « Nouraïev »)
- Mikhaïl Baryshnikov (cité comme « Baryshnikov »)
- Bixente Lizarazu (cité comme « Lisa Razou »)
- School of American Ballet (citée comme « Aerascouler American Ballet »)
- Lieux cités : Cagliari (Sardaigne), Reggio Emilia, Milan, New York, Munich, Toulouse, Monaco
Au fil de l’épisode
- Les débuts de Luca Masala dans la danse, par l’intermédiaire de sa sœur Gioia.
- La décision de son père de l’inscrire à l’audition de la Scala de Milan.
- L’entrée à la Scala à 11 ans et la séparation avec sa famille restée en Sardaigne.
- Les difficultés et la solitude d’un jeune danseur loin de ses proches.
- Comment cette expérience a forgé son caractère et sa vision de l’éducation.
- Son rôle de directeur comme une volonté d’être la personne qui lui a manqué.
- Sa philosophie : un directeur exigeant mais accessible et à l’écoute de ses élèves.
- La vie à l’Académie Princesse Grace, un lieu de vie et d’apprentissage complet.
- Le processus de sélection des élèves lors des auditions à travers le monde.
- Ce qu’il recherche chez un jeune danseur : un « magicien » capable de transmettre des émotions.
- L’apprentissage de la discipline et de la connaissance de soi à travers la danse.
- Le sacrifice de l’adolescence pour une carrière exigeante.
- Les défis liés au corps : puberté, alimentation et la pression des réseaux sociaux.
- La gestion des troubles alimentaires et le rôle crucial du dialogue face au déni familial.
- Son expérience à New York et la confrontation à d’autres réalités.
- La responsabilité et l’engagement personnel comme clés de la réussite.
- Son rapport à l’Italie et son sentiment d’appartenance aujourd’hui.
- Son arrivée à Monaco et sa prise de fonction à la tête de l’académie en 2009.
- La transformation de l’école sous sa direction et l’objectif d’excellence.
- L’équilibre difficile entre sa vie professionnelle omniprésente et sa vie personnelle.
FAQ
Qui est Luca Masala ?
Luca Masala est le directeur de l’Académie de Danse Princesse Grace à Monaco depuis 2009. Ancien danseur professionnel et maître de ballet, il a été formé à la prestigieuse école de la Scala de Milan. Originaire de Sardaigne, il a consacré sa vie à la danse et se dédie aujourd’hui à la formation de la future élite mondiale de la danse classique, en alliant discipline, exigence et une grande bienveillance inspirée par son propre parcours.
Comment Luca Masala a-t-il commencé la danse ?
Il a découvert la danse par hasard, en suivant sa sœur aînée, Gioia. Après avoir observé un cours de garçons, il a décidé d’essayer. Malgré des débuts difficiles marqués par les moqueries, le directeur de son école a décelé son talent et a convaincu son père. Ce dernier a alors pris la décision de l’envoyer, avec sa sœur, passer les auditions de l’école de la Scala de Milan, marquant le véritable début de sa carrière.
Qu’est-ce que l’Académie de Danse Princesse Grace ?
C’est une prestigieuse école de danse classique située à Monaco, qui forme de jeunes danseurs du monde entier pour les préparer à une carrière professionnelle. Dirigée par Luca Masala, elle est aussi un lieu de vie où les 46 élèves sont logés, nourris et suivent leurs cours. L’académie se distingue par son niveau d’excellence, avec 100% de ses diplômés trouvant un contrat dans des compagnies internationales.
Quelle est la philosophie de Luca Masala en tant que directeur ?
Sa philosophie repose sur l’équilibre entre une grande exigence et une profonde humanité. Marqué par sa propre expérience de jeune danseur isolé, il se veut un directeur très accessible et à l’écoute. Il cherche à être le mentor qu’il n’a pas eu, en offrant un cadre où les élèves peuvent s’exprimer en confiance. Pour lui, il est essentiel de nourrir le talent de chaque danseur sans le forcer, en l’aidant à trouver sa propre voie.
Quels sont les plus grands défis pour les jeunes danseurs aujourd’hui selon lui ?
Selon Luca Masala, les jeunes danseurs font face à la pression constante de l’image, exacerbée par les réseaux sociaux comme Instagram et TikTok. Cela peut engendrer des troubles du comportement alimentaire et une concurrence malsaine. Il souligne aussi la confusion générale dans la société sur les exigences physiques du métier. Le plus grand défi reste de construire sa propre identité et sa discipline personnelle dans un monde qui pousse à la comparaison permanente.
