De la science à l’entrepreneuriat
Avant de devenir une figure de l’entrepreneuriat à Monaco, Fabrice Marquet a consacré douze ans de sa vie à la recherche en ingénierie biomédicale. Un parcours qu’il ne voit pas comme une rupture, mais comme un « cheminement d’apprentissage ». Très tôt, il s’est intéressé au versant appliqué de la science, avec l’ambition d’aller « de la paillasse de laboratoire jusqu’à le lit du patient et impacter la vie des gens ». C’est cette volonté de voir ses travaux se concrétiser qui l’a naturellement conduit vers le monde de l’entreprise, où il a pu accompagner la création d’une société issue de son doctorat, aujourd’hui cotée sur Euronext.
Cette première expérience a confirmé son attrait pour la création et le transfert de technologie, posant les bases de sa future carrière d’entrepreneur.
Le risque comme moteur
Selon Fabrice Marquet, la différence fondamentale entre une startup et une grande entreprise réside dans l’aversion au risque. Les grands groupes, explique-t-il, préfèrent souvent racheter des technologies éprouvées plutôt que d’investir dans des innovations incertaines à long terme. C’est cette conviction qui a guidé son parcours, notamment lors de son passage à Monaco Tech, pour lequel il nourrissait une vision très internationale. N’étant pas celle retenue, il a décidé de la poursuivre en créant sa propre structure, Monaco Foundry. Il décrit le quotidien de l’entrepreneur comme un combat permanent : « L’avis d’entrepreneur, c’est de se manger des baffes dans la figure toute la journée et de continuer d’avancer. »
Pour tenir face à cette pression, il souligne l’importance cruciale d’un cadre familial stable, un soutien indéfectible qui lui permet d’embrasser l’instabilité de sa vie professionnelle.
Une vision forgée à l’international
Le parcours de Fabrice Marquet est marqué par de nombreuses expériences à l’étranger, notamment aux Pays-Bas et à New York. Ces séjours lui ont permis de s’ouvrir à d’autres cultures et de prendre conscience de ses propres biais. Il raconte également une mission de coopération en Afghanistan, dans la vallée du Panshir, où il a participé à un projet de transfert de savoir-faire en ingénierie de base auprès d’un dispensaire local. Cette ouverture sur le monde est au cœur de sa démarche : pour lui, il est essentiel de comprendre différentes perspectives pour innover. Il estime que les crises, comme celle du Covid, peuvent être des accélérateurs d’adoption technologique, mais il rêve d’un monde où l’on n’attendrait pas l’urgence pour anticiper l’avenir.
« Ce qui m’intéresse, c’est de trouver des gens qui ont envie de faire des choses », conclut-il, résumant ainsi le moteur de sa carrière.
Les références de l’épisode
- Personnes : Steve Jobs, Bernard Tapie, Elon Musk, Noah Lyles, José Sacré.
- Organisations et entreprises : Monaco Tech, Monaco Foundry, IBM, Forbes, Euronext.
- Institutions académiques : Columbia University, Université Polytechnique de Kaboul.
- Équipes sportives : AS Monaco, Roca Team.
- Lieux : Monaco, Pays-Bas, New York (États-Unis), Afghanistan (Kaboul, vallée du Panshir).
- Événements : Jeux Olympiques.
- Pathologies mentionnées : maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson.
Au fil de l’épisode
- La différence entre une startup et une entreprise traditionnelle : la gestion du risque.
- Pourquoi l’innovation vient aujourd’hui des startups plutôt que des grands groupes.
- Son ancienne vie de chercheur en ingénierie biomédicale pendant 12 ans.
- Le passage de la recherche appliquée à l’entrepreneuriat, un cheminement logique pour lui.
- Le rôle central de la prise de risque pour créer et avancer.
- Les difficultés du financement de l’innovation.
- Sa vision pour Monaco Tech et la création de sa propre société, Monaco Foundry.
- La réalité du quotidien d’un entrepreneur : un combat permanent.
- L’importance de la stabilité familiale comme contrepoids à l’incertitude professionnelle.
- Son parcours international aux Pays-Bas et aux États-Unis.
- Sa mission de coopération en Afghanistan pour du transfert de savoir-faire.
- Comment les crises, comme la pandémie, accélèrent l’adoption de nouvelles technologies.
- L’entrepreneuriat comme une démarche empirique, faite d’hypothèses et d’ajustements.
- La nécessité d’accepter l’échec pour pouvoir apprendre et réussir.
- La technologie comme un outil au service d’un besoin, et non une fin en soi.
- Ses brevets sur une technique de chimiothérapie localisée pour les maladies neurodégénératives.
- La lenteur du développement en « deep tech » : 15 ans entre ses recherches et les premiers essais sur l’humain.
- Son regard sur la jeune génération, qu’il juge très compétente.
- Son soutien aux équipes sportives de Monaco, l’AS Monaco et la Roca Team.
- La distinction à faire entre la performance d’une personnalité publique et sa vie privée.
FAQ
Qui est Fabrice Marquet ?
Fabrice Marquet est un entrepreneur monégasque, fondateur de la société Monaco Foundry. Avant de se lancer dans le monde des affaires, il a mené une carrière de chercheur en ingénierie biomédicale pendant douze ans. Reconnu pour son parcours, il a été classé par le magazine Forbes dans sa liste « Monaco 40 under 40 ». Il se consacre aujourd’hui à l’accompagnement de startups et au financement de l’innovation.
Qu’est-ce que Monaco Foundry ?
Monaco Foundry est la société créée par Fabrice Marquet. Sa mission est d’accompagner les startups en leur fournissant non seulement un accès à des investisseurs, mais surtout des contacts et l’aide d’experts opérationnels de haut niveau. L’idée est de combler un manque entre les incubateurs traditionnels et les investisseurs, en aidant concrètement les jeunes entreprises à se construire et à se développer au jour le jour.
Pourquoi a-t-il quitté la recherche scientifique ?
Fabrice Marquet a quitté le monde de la recherche car il était principalement attiré par l’application concrète de ses travaux. Son objectif était de voir ses découvertes impacter directement la vie des gens, en passant de la paillasse du laboratoire au lit du patient. Ce désir de concrétisation et de transfert industriel l’a naturellement orienté vers l’entrepreneuriat, qu’il considère comme le prolongement de sa vocation de chercheur.
Quelle est sa vision de l’innovation ?
Pour Fabrice Marquet, l’innovation est intrinsèquement liée à la prise de risque. Il estime que les startups sont les principaux moteurs de l’innovation car, contrairement aux grands groupes, elles n’ont pas peur de l’échec. Il voit l’entrepreneuriat comme une démarche empirique, où l’on pose des hypothèses que l’on teste jusqu’à trouver une solution qui fonctionne. Selon lui, la technologie doit rester un outil pour résoudre un problème, et non devenir le concept lui-même.
