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Céline Cottalorda

Déléguée interministérielle pour les droits des femmes à Monaco, Céline Cottalorda retrace un parcours guidé par le sens et l'engagement. D'abord réticente à suivre la voie familiale dans l'administration, elle y entre finalement par passion pour la communication avant de saisir l'opportunité de créer de toutes pièces le comité pour les droits des femmes. Dans cet entretien, elle se confie sur les défis de sa mission, la liberté de partir d'une page blanche, et l'importance de l'écoute. Céline Cottalorda évoque aussi ses autres combats, notamment son association Suricat de Monaco et sa participation au Rallye des Gazelles pour soutenir les femmes victimes de violences.

déléguée pour les droits des femmes, du service de l'État au défi du désert

Un chemin inattendu vers le service public

Bien que ses deux parents aient mené leur carrière dans l’administration monégasque, Céline Cottalorda ne se destinait pas au service public. Au contraire, ses premières expériences professionnelles se déroulent dans le secteur privé, à Monaco Télécom puis au Grimaldi Forum. C’est finalement sa passion pour l’image et la communication qui la conduit à intégrer le Centre de presse, l’ancien nom de la Direction de la communication. Elle explique que c’est la matière qui l’a attirée, plus qu’une vocation initiale à servir l’État. Ce n’est qu’avec le temps et les opportunités que le sens du service public s’est profondément ancré en elle.

« Aujourd’hui, je suis hyper fière d’être fonctionnaire, hyper fière de servir mon pays. Et je trouve ça très positif. Parce que porteur de vraies valeurs, porteur de sens. »

La cause des femmes, une page blanche à écrire

En 2017, dans le contexte international du mouvement MeToo, le gouvernement monégasque envisage de créer un comité pour les droits des femmes. Quand on lui propose de prendre la tête de ce projet, Céline Cottalorda accepte en « un quart de seconde ». Pour elle, c’est une évidence, un sujet qui résonne avec son éducation et les valeurs d’indépendance transmises par sa mère, une femme active de la génération de mai 68. Ce qui la séduit particulièrement, c’est la perspective de partir d’une page blanche. Loin des cadres rigides que l’on associe parfois à l’administration, elle bénéficie d’une grande liberté pour construire la mission du comité, en commençant par écouter les associations et les services de l’État.

Elle reconnaît que le chemin n’est pas sans obstacles, citant parfois un manque de « sororité » ou la difficulté de naviguer dans un environnement encore majoritairement masculin. Elle souligne cependant le soutien crucial d’hommes à des postes de responsabilité, comme l’ancien ministre d’État Serge Telle ou le secrétaire général de l’époque, Robert Coll, qui l’ont encouragée dès le début.

Du défi personnel à l’action humanitaire

Pour garder son équilibre, Céline Cottalorda cultive des passions qui la sortent de son quotidien professionnel : les voyages, le cinéma, le théâtre, et le sport, notamment le tennis qu’elle pratique depuis l’enfance. Cet appétit pour le défi la pousse à sortir régulièrement de sa zone de confort. C’est dans cet esprit qu’elle a récemment co-fondé l’association Suricat de Monaco avec Sylvie Bertrand. Leur premier objectif est de soutenir la Fondation Panzi du docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, qui répare les femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits armés.

Pour donner de la visibilité à cette cause et lever des fonds, elles ont décidé de participer au Rallye Aïcha des Gazelles en 2024. Un challenge sportif et aventureux qui servira, espèrent-elles, de plateforme médiatique pour leur engagement. « Le rallye des gazelles, ça va nous servir d’appui médiatique, parce que c’est hyper médiatisé, pour faire parler de notre association et faire parler derrière de la cause qu’on soutient. »

Les références de l’épisode

  • Personnes : Geneviève Berti, Robert Coll, Isabelle Hudon, Denis Mukwege, Sylvie Bertrand, André Agassi, Novak Djokovic.
  • Organisations et entreprises : Monaco Télécom, Grimaldi Forum, Centre de presse (Direction de la communication), Comité pour les droits des femmes de Monaco, Association Suricat de Monaco, Fondation Panzi.
  • Événements et œuvres : Mouvement MeToo, Mai 68, Rallye Aïcha des Gazelles, Prix Nobel de la paix.

Au fil de l’épisode

  • La réticence initiale de Céline Cottalorda à rejoindre la fonction publique, malgré l’exemple de ses parents.
  • Son entrée dans l’administration par passion pour la communication au Centre de presse.
  • Comment l’opportunité de devenir Déléguée pour les droits des femmes s’est présentée en 2017.
  • L’influence du mouvement MeToo et son acceptation immédiate du poste.
  • L’importance du modèle de sa mère, une femme active et indépendante.
  • La liberté et le défi de créer le comité pour les droits des femmes à partir d’une « page blanche ».
  • Sa méthode de travail basée sur l’écoute des associations et des services administratifs.
  • Les difficultés rencontrées, notamment le manque de sororité et les dynamiques dans un milieu masculin.
  • Le soutien déterminant de figures masculines au sein du gouvernement.
  • Ses passions pour trouver un équilibre : voyages, sport, cinéma et théâtre.
  • La création de son association humanitaire, Suricat de Monaco, avec Sylvie Bertrand.
  • Le premier combat de l’association : soutenir la Fondation Panzi du docteur Denis Mukwege.
  • Sa participation au Rallye Aïcha des Gazelles comme levier médiatique pour sa cause.
  • Réflexions sur la persistance des violences faites aux femmes et le caractère parfois désespérant de la situation.
  • L’importance de maintenir des journées dédiées pour sensibiliser au sujet toute l’année.
  • L’analyse du sexisme comme racine des violences.
  • La manière dont elle combine son engagement pour les droits des femmes et ses fonctions plus administratives au Secrétariat général du gouvernement.
  • L’importance d’écouter les témoignages de victimes pour ancrer son action dans la réalité.

FAQ

Qui est Céline Cottalorda ?

Céline Cottalorda est la Déléguée interministérielle pour les droits des femmes en Principauté de Monaco. Après des débuts dans le secteur privé, elle a rejoint l’administration monégasque où elle a eu l’opportunité de créer cette délégation. Elle est également la co-fondatrice de l’association humanitaire Suricat de Monaco et s’apprête à participer au Rallye Aïcha des Gazelles pour une cause caritative.

Pourquoi Céline Cottalorda s’est-elle engagée pour les droits des femmes ?

Son engagement est né d’une proposition du gouvernement monégasque en 2017, dans le contexte du mouvement MeToo. Elle a immédiatement accepté, considérant que ce sujet faisait écho à ses valeurs personnelles et à l’éducation qu’elle a reçue, inspirée par une mère active et indépendante. La perspective de créer une structure de A à Z a été un moteur décisif.

Qu’est-ce que l’association Suricat de Monaco ?

C’est une association humanitaire co-fondée par Céline Cottalorda et Sylvie Bertrand, dont la devise est « voir, alerter, agir ». Sa première action concrète est de soutenir la Fondation Panzi, dirigée par le docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018. Cette fondation vient en aide aux femmes victimes de mutilations génitales et de viols utilisés comme arme de guerre.

Quel est le lien entre Céline Cottalorda et le Rallye des Gazelles ?

Céline Cottalorda participe à l’édition 2024 du Rallye Aïcha des Gazelles. Ce défi sportif lui sert de plateforme médiatique pour faire connaître son association, Suricat de Monaco, et pour lever des fonds. L’objectif est d’utiliser la notoriété de l’événement pour sensibiliser le public à la cause de la Fondation Panzi, qu’elle soutient.

Comment Céline Cottalorda a-t-elle débuté sa carrière ?

Contrairement à ses parents fonctionnaires, Céline Cottalorda ne souhaitait pas travailler dans l’administration. Elle a débuté sa carrière dans le secteur privé, à Monaco Télécom et au Grimaldi Forum. C’est sa passion pour la communication et l’image qui l’a finalement amenée à rejoindre le service public en intégrant le Centre de presse de Monaco.

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