Un rêve d’enfant à conquérir
Marc Scheffler raconte que sa passion pour l’aviation est née très tôt, inspirée par un oncle travaillant dans l’aéronautique. Pourtant, son parcours scolaire n’a pas été un long fleuve tranquille. Élève moyen jusqu’en seconde, il prend conscience des efforts à fournir pour atteindre son objectif. Il décide alors de redoubler sa première scientifique pour intégrer la filière mathématique, la voie royale vers les classes préparatoires et l’École de l’air. Ce déclic marque le début d’un travail acharné qui le propulse parmi les meilleurs élèves de sa classe.
« Du jour au lendemain, je me suis mis à retravailler d’arrache-pied. […] Fin de deuxième tiers du classement de la classe, je me suis retrouvé dans les trois, quatre premiers. »
L’épreuve de la formation
Son entrée en classe préparatoire à l’École des pupilles de l’air marque le début de trois années « rugueuses », notamment en mathématiques. Il décrit un environnement paradoxal : un internat militaire strict mais aussi un cocon où se nouent des amitiés solides, forgées dans l’adversité et l’entraide. Cette période est aussi celle de ses premières expériences de vol en aéroclub, qui confirment sa vocation et renforcent sa détermination. Il y apprend la rigueur et la discipline, des qualités essentielles pour un pilote.
La formation militaire est une sélection permanente, où il faut assimiler et restituer très rapidement. Marc Scheffler insiste sur la capacité à intégrer le feedback des instructeurs pour progresser, une compétence qui différencie ceux qui réussissent de ceux qui échouent.
Aux commandes du Mirage 2000
Après des années d’efforts, Marc Scheffler réalise son rêve et prend les commandes du Mirage 2000. Il décrit la sensation unique de piloter seul cet appareil de treize tonnes, un mélange de fierté et d’intense concentration. La formation continue au sein de l’escadron vise à créer des réflexes et à préparer les pilotes aux pires scénarios. Il raconte notamment un incident marquant où le moteur de son avion s’est éteint en plein combat aérien. Son sang-froid et son entraînement au simulateur lui ont permis de gérer la situation et de redémarrer son moteur.
« L’adrénaline, ça vous dilate le temps, c’est-à-dire que tout se passe au ralenti. […] Ces 40 secondes-là m’ont paru mais une éternité. »
La guerre vue du ciel
Dans son livre « La Guerre vue du ciel », Marc Scheffler partage son expérience des opérations en Afghanistan et en Libye. Il explique avoir voulu sortir des clichés et raconter la réalité du terrain. Il évoque la complexité des missions d’appui aux troupes au sol, où la principale difficulté est de comprendre parfaitement une situation confuse et dangereuse avant d’intervenir. La communication, parfois compliquée par les accents et le stress, est cruciale. Il décrit des vols pouvant durer jusqu’à huit heures, ponctués de multiples ravitaillements.
Au-delà de l’aspect technique, il retient l’aventure humaine et la cohésion qui se crée avec les autres militaires, toutes nations confondues. C’est ce qu’il appelle la fraternité d’armes, une expérience qui l’a profondément marqué.
L’équilibre d’une vie
Marc Scheffler aborde également la difficulté de concilier ce métier exigeant avec une vie de famille. Il explique l’importance de ce qu’il nomme les « trois piliers » : la vie professionnelle, la santé et la famille. Pour lui, la stabilité de cet équilibre est essentielle. Il insiste sur la nécessité de « compartimenter » pour ne pas laisser les tracas professionnels envahir la sphère privée, et inversement. Il raconte avec amusement que son épouse a réellement pris la mesure de son quotidien en lisant les épreuves de son livre.
Il conclut en encourageant les jeunes passionnés à s’engager, soulignant que la réalité de ce métier a dépassé tout ce qu’il avait pu imaginer.
Les références de l’épisode
- Personnes : Pauline Laigneau, Frédéric Lert
- Livres : « La Naissance d’un pilote » et « La Guerre vue du ciel » de Marc Scheffler
- Institutions : Armée de l’Air, École de l’air, École des pupilles de l’air
- Avions et aéronefs : Mirage 2000, Tornado, HR200, CAP 10, AlphaJet, planeur
- Lieux : Afghanistan, Libye
- Unités militaires : Escadron de chasse 3/3 Ardennes
- Œuvres citées : Top Gun (film), Les Têtes Brûlées (série télévisée)
Au fil de l’épisode
- Les origines de sa passion pour l’aviation, née dans l’enfance.
- Son parcours scolaire difficile et le déclic qui l’a poussé à travailler d’arrache-pied.
- La décision de redoubler sa première pour accéder à la filière scientifique adaptée.
- Ses premières heures de vol en aéroclub, une confirmation de sa vocation.
- Les trois années exigeantes en classe préparatoire à l’École des pupilles de l’air.
- L’importance de la cohésion et de l’entraide entre élèves pour surmonter les difficultés.
- Le processus de sélection en vol, basé sur la capacité de progression et d’adaptation.
- L’anecdote de son vol en planeur où un excès de confiance a failli mal tourner.
- La différence entre les pilotes « surdoués » et les « laborieux » qui réussissent par le travail.
- La démystification du métier : la réalité est loin des clichés de cinéma comme Top Gun.
- Le sentiment ressenti lors de son premier vol solo en Mirage 2000.
- Le déroulement d’une journée type en école de pilotage puis en escadron.
- L’incident de la panne moteur en plein combat aérien et l’importance du sang-froid.
- Le rôle central du simulateur pour créer des réflexes face aux situations d’urgence.
- La motivation derrière l’écriture de ses deux livres : rétablir une certaine vérité sur son métier.
- La réalité des opérations en Afghanistan : comprendre la situation au sol pour aider efficacement.
- Les défis de la communication avec les troupes au sol, notamment américaines.
- La durée et l’intensité des missions de combat, pouvant atteindre 8 heures de vol.
- La fierté ressentie après avoir aidé des soldats en difficulté.
- Le décalage entre la vie en opération et le retour à la vie civile.
- Son expérience en tant qu’instructeur, projetant ses élèves dans leur future carrière.
- La notion de responsabilité du chef de patrouille lors des décisions de tir.
- L’importance de l’équilibre entre vie professionnelle, santé et vie familiale.
- La nécessité de « compartimenter » pour préserver sa vie personnelle.
- Son appel aux jeunes à s’engager dans l’armée de l’Air.
FAQ
Qui est Marc Scheffler ?
Marc Scheffler est un lieutenant-colonel de l’armée de l’Air et pilote de chasse sur Mirage 2000. Il est également l’auteur de deux livres, « La Naissance d’un pilote » et « La Guerre vue du ciel », dans lesquels il retrace son parcours. Parti d’un niveau scolaire moyen, il a fait preuve d’une grande détermination pour réaliser son rêve d’enfant, jusqu’à participer à des opérations de combat en Afghanistan et en Libye.
Comment devient-on pilote de chasse dans l’armée de l’Air ?
Le parcours est très sélectif. Il commence généralement par une classe préparatoire scientifique après le baccalauréat, pour préparer le concours d’entrée à l’École de l’air. Une fois admis, les élèves officiers suivent une formation de plusieurs années qui mêle études d’ingénieur, formation militaire et instruction au pilotage. La sélection se poursuit à chaque étape, sur des avions de plus en plus performants, avant une spécialisation dans la chasse.
Quelles sont les qualités requises pour être pilote de chasse ?
Au-delà de la passion, le métier exige une immense capacité de travail et de la persévérance pour surmonter les échecs. Il faut savoir apprendre très vite, gérer son stress et faire preuve de sang-froid dans les situations critiques. Contrairement aux clichés, être une « tête brûlée » est éliminatoire. L’esprit d’équipe, la cohésion et la capacité à s’intégrer dans un collectif sont des qualités fondamentales.
De quoi parlent les livres de Marc Scheffler ?
Marc Scheffler a écrit deux ouvrages. Le premier, « La Naissance d’un pilote », raconte son parcours semé d’embûches depuis ses difficultés scolaires jusqu’à sa qualification de pilote de chasse. Le second, « La Guerre vue du ciel », est un témoignage sur son expérience en opérations, notamment en Afghanistan et en Libye, où il décrit la réalité des missions de combat et l’aspect humain de la guerre.
