Prendre soin par l’image
Interrogé par Pascal Therme lors du festival Circulation(s), le photographe Mathieu Farcy détaille la genèse de sa série « Chers à canons ». Ce travail, qui constitue l’introduction de son projet plus large intitulé « Méduse », part d’images d’archives de « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale, obtenues auprès du musée du Val-de-Grâce. L’artiste a choisi d’occulter la partie défigurée de chaque visage par une bande noire, dont la largeur correspond précisément à celle de la blessure. Selon lui, ce geste a une double portée : il signifie la violence de la défiguration tout en protégeant la personne de sa propre image, de la « monstruosité » qu’elle peut engendrer dans le regard de l’autre.
Cette démarche, qu’il qualifie de « diapason » pour l’ensemble de son œuvre, vise à restaurer une forme d’humanité et à « prendre soin » de ces individus abîmés, sans pour autant se substituer à une approche thérapeutique. C’est une manière, dit-il, d’accompagner quelqu’un à « être moins abîmé ».
Les références de l’épisode
- Œuvre : la série « Chers à canons » de Mathieu Farcy
- Œuvre : le projet « Méduse » de Mathieu Farcy
- Personnes : Audrey Oaro, François Cheval, Pascal Therme
- Lieux / Institutions : Festival Circulation(s), le CENTQUATRE, le musée du Val-de-Grâce
- Événement : la Première Guerre mondiale
Au fil de l’épisode
- Présentation de la série « Chers à canons », exposée au festival Circulation(s).
- Le projet plus large « Méduse », sur le rapport entre visage et identité chez les personnes défigurées.
- L’origine des images : des archives de « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale issues du musée du Val-de-Grâce.
- Le procédé artistique : occulter la partie défigurée par une bande noire.
- L’intention derrière le geste : signifier la blessure tout en protégeant la personne.
- La dimension de « soin » de la démarche photographique, au-delà de la thérapie.
- La transition vers son travail actuel avec des patients vivants.
- Sa sélection pour le festival Circulation(s) par Audrey Oaro et François Cheval.
FAQ
Qui est Mathieu Farcy ?
Mathieu Farcy est un photographe français dont le travail explore la relation entre le visage et l’identité. Dans cet épisode, il présente sa série « Chers à canons », basée sur des portraits de « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale. Sa démarche artistique est présentée comme un acte de soin, visant à accompagner les personnes défigurées à travers la création photographique et l’écoute.
Qu’est-ce que la série « Chers à canons » ?
« Chers à canons » est une série photographique de Mathieu Farcy qui utilise des images d’archives de soldats défigurés de la Grande Guerre. L’artiste intervient sur ces portraits en masquant les blessures par une bande noire. L’œuvre a été exposée au CENTQUATRE à Paris dans le cadre du festival Circulation(s) et sert d’introduction à un projet plus vaste sur l’identité des personnes défigurées.
Quel est le projet « Méduse » de Mathieu Farcy ?
« Méduse » est le nom du projet global de Mathieu Farcy sur le rapport entre le visage et l’identité chez les personnes défigurées. Le titre fait référence à la figure mythologique dont le regard pétrifie, une métaphore de l’effet que le visage d’une personne défigurée peut produire sur les autres. La série « Chers à canons » est la première partie de ce travail de plus grande ampleur.
Où la série « Chers à canons » a-t-elle été exposée ?
D’après les informations de l’épisode, la série « Chers à canons » de Mathieu Farcy a été exposée au CENTQUATRE, à Paris. Cette exposition a eu lieu dans le cadre de la neuvième édition du Festival Circulation(s), un événement dédié à la jeune photographie européenne.
