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Épisode #136 – Photo argentique

Le photographe Sylvain Grand'Maison est de retour au micro d'Objectif Numérique pour partager sa passion pour la photographie argentique. À l'heure du tout-numérique et de la course aux mégapixels, il défend une approche plus lente et réfléchie. Pour lui, utiliser un appareil argentique n'est pas un simple retour en arrière, mais une manière de se reconnecter à l'essentiel : la composition, l'histoire à raconter et l'émotion. Il explique comment ce processus, de la prise de vue au développement, l'a aidé à améliorer sa pratique numérique en le forçant à être plus intentionnel et à accepter une forme d'imperfection créative.

Sylvain Grand'Maison, le plaisir du grain et le processus ralenti de la photographie argentique

Un tour de table inspirant

L’épisode s’ouvre sur le traditionnel tour de table où chaque membre de l’équipe partage ses dernières expériences photographiques. Christian Jarry raconte avec humour l’arrivée d’un chaton, Link, devenu son nouveau modèle, non sans quelques défis techniques. Maxime Soriole, lui, partage un témoignage touchant reçu d’une adolescente de 15 ans qui a trouvé dans la photographie un refuge contre l’anxiété et un moyen d’expression, s’inspirant de son travail. Cette anecdote lance une discussion sur ce qui définit un photographe : la vision et la démarche artistique priment-elles sur la maîtrise technique ?

Pour l’invité Sylvain Grand’Maison, la réponse est claire : une vision et une émotion transmises par l’image sont bien plus importantes qu’un équipement coûteux ou une exécution technique irréprochable mais sans âme.

L’éloge de la lenteur argentique

Sylvain Grand’Maison explique pourquoi il est revenu avec passion à la photographie argentique. Il raconte ses expérimentations avec de vieux appareils, comme des Kodak Brownie des années 1920-30, qui l’obligent à composer avec des contraintes uniques et à obtenir des résultats surprenants. Il décrit notamment l’utilisation d’un film très particulier, le Kodalit, un film pour l’imprimerie à très haute contraste et d’une sensibilité de seulement 12 ISO. Ce choix technique l’a poussé à capturer une scène de brume d’une manière totalement différente, en se concentrant sur l’essentiel.

Selon lui, le processus argentique force à ralentir, à réfléchir à chaque cliché. « Tu n’as pas le choix de ralentir. Comme tu ne vois pas ton image, tu essaies de t’assurer d’avoir tout correct avant d’appuyer. » Cette approche plus délibérée permet, au final, d’obtenir autant de bonnes photos sur une pellicule de 36 poses que sur plusieurs centaines de clichés numériques.

Accepter l’imperfection créative

La discussion s’oriente vers l’un des principaux bienfaits de l’argentique : il nous libère de l’obsession de la perfection technique qui domine le monde numérique. Le grain du film, les légers flous ou les petites imperfections ne sont plus vus comme des défauts, mais comme des éléments qui ajoutent du caractère à l’image. Sylvain Grand’Maison soutient que cette tolérance à l’imperfection est saine et permet de se concentrer sur le plus important : l’histoire racontée et l’émotion transmise. Il avoue lui-même se faire prendre au jeu des paramètres techniques en numérique.

Ce retour aux sources a un impact direct sur sa pratique numérique : il prend moins de photos, mais de meilleures photos. L’épisode se conclut sur une note motivante, les autres animateurs ayant désormais envie de ressortir leurs vieux appareils pour redécouvrir le plaisir de l’attente et le charme du processus argentique.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Sylvain Grand’Maison, Stéphane Vaillancourt, Christian Jarry, Maxime Soriole, Laurent Billot.
  • Marques et entreprises : Kodak (Brownie), Fuji, Canon (EOS), Nikon (Z6, Z7), Panasonic, Sony (A7II, A7R2), Minolta, Lexar, Kingston, Samsung, Google, Cyberlink, ACDC, Cirque du Soleil, Kijiji, B&H.
  • Œuvres et médias : Les Mystérieux étonnants, Black Mirror, Link (personnage de jeu vidéo), Gundam.
  • Lieux : Québec, Lévis, Mont-Saint-Hilaire, New York, San Francisco, Shanghai, Taïwan, Sacramento.
  • Institutions : Collège Marsan.
  • Technologies et films : Kodalit, Portra 400.
  • Plateformes : Instagram, Facebook, iTunes, Google Play, TuneIn Radio, Spotify, Stitcher.

Au fil de l’épisode

  • Début du tour de table : Christian Jarry présente son nouveau chaton, Link, et ses premières photos de l’animal.
  • Maxime Soriole partage le message émouvant d’une jeune admiratrice qui s’est réfugiée dans la photo pour surmonter ses angoisses.
  • Débat sur la définition d’un photographe : l’importance de la vision artistique par rapport à la maîtrise technique et au matériel.
  • Sylvain Grand’Maison raconte l’exemple d’un photographe professionnel techniquement parfait mais dont les photos étaient « plates ».
  • Discussion sur le « boulet technique » qui peut freiner la créativité.
  • Sylvain décrit ses projets récents en argentique, notamment avec de vieilles caméras Kodak Brownie.
  • L’expérimentation avec un format de film 127 pour obtenir des images panoramiques.
  • L’utilisation d’un film très contrasté et peu sensible (Kodalit, 12 ISO) pour photographier un paysage dans la brume.
  • Stéphane Vaillancourt explique avoir profité du temps froid pour réorganiser son flux de travail numérique, ses disques durs et ses serveurs NAS.
  • Échange sur les logiciels d’organisation de photos comme Lightroom, ACDC et Cyberlink Photo Director.
  • Présentation d’un nouveau panneau à DEL pour la photo de produit, avec température de couleur ajustable.
  • Actualités : les rumeurs sur les prochains appareils Canon EOS R, qui pourraient atteindre 100 mégapixels et filmer en 8K.
  • Actualités : la sortie de la première carte mémoire SD d’un téraoctet par Lexar.
  • Actualités : une photo de Shanghai de 195 gigapixels, permettant de zoomer sur des détails à plusieurs kilomètres.
  • Début du sujet principal : pourquoi tout le monde devrait posséder un appareil argentique.
  • L’argentique comme moyen de ralentir son processus de prise de vue et d’être plus réfléchi.
  • Le problème de la quête de perfection en numérique et comment le grain du film est plus tolérant aux petites imperfections.
  • L’importance de l’émotion et de l’histoire sur la netteté absolue d’une photo.
  • Le plaisir de l’attente et de la découverte des photos après le développement.
  • Sylvain explique qu’il développe lui-même ses films noir et blanc à la maison.
  • Les animateurs expriment leur motivation à refaire de la photo argentique.
  • Suggestions de la semaine : une photo du système solaire, le travail du photographe Jay Kumar à San Francisco, et le projet sur 18 ans de la photographe Annie Wang.
  • Sylvain recommande le groupe Facebook « Film Photographers ».

FAQ

Qui est Sylvain Grand’Maison ?

Sylvain Grand’Maison est un photographe passionné par la photographie argentique, invité de l’épisode 136 du podcast Objectif Numérique. Il partage son expérience du retour au film, qu’il voit comme un moyen de ralentir son processus créatif et de se concentrer sur l’essentiel. Il utilise des appareils anciens, comme des Kodak Brownie, et développe lui-même ses pellicules noir et blanc, défendant une approche plus intentionnelle et moins obsédée par la perfection technique.

Pourquoi la photo argentique est-elle intéressante selon l’invité ?

Selon Sylvain Grand’Maison, la photo argentique force à être plus réfléchi avant de déclencher, car chaque vue est comptée. Ce processus plus lent améliore la composition et la narration. De plus, le rendu du film, avec son grain, est plus tolérant aux petites imperfections techniques, ce qui libère de l’obsession de la netteté parfaite du numérique. C’est une manière de se reconnecter à l’émotion et de redécouvrir le plaisir de l’attente et de la surprise au développement.

Qu’est-ce que le film Kodalit mentionné dans l’épisode ?

Le Kodalit est un type de film noir et blanc très particulier évoqué par Sylvain Grand’Maison. À l’origine, il était utilisé dans le domaine de l’imprimerie pour sa capacité à produire des images très contrastées (essentiellement du noir pur et du blanc pur). Il possède un grain extrêmement fin et une sensibilité très faible de 12 ISO. Utilisé en photographie créative avec un révélateur adapté, il permet d’obtenir une gamme de gris unique et un rendu très graphique.

Quels sont les inconvénients de la photographie numérique abordés ?

L’épisode souligne deux travers du numérique. D’abord, la tendance à prendre des centaines de photos sans réfléchir, ce qui mène à un travail de tri fastidieux et à une pratique moins intentionnelle. Ensuite, une obsession pour la perfection technique (netteté parfaite, plage dynamique, absence de bruit) qui peut devenir un « boulet » créatif, faisant oublier l’importance du sujet, de l’émotion et de l’histoire que la photo doit raconter.

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