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Entretien avec Jean-Christophe Béchet, photographe

À l'occasion de son exposition « Eureka USA » au Leica Store Faubourg Saint-Honoré, le photographe Jean-Christophe Béchet revient sur sa trilogie consacrée à l'Amérique. Un projet né d'un voyage en 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, qui l'a conduit à revisiter trois genres photographiques majeurs : la photo animalière, le road movie et le paysage. Loin des clichés spectaculaires, il propose une vision personnelle et modeste, inspirée par la littérature de Faulkner ou de Kerouac. Il raconte sa quête d'une Amérique intime et mélancolique, où le territoire se découvre autant qu'il se reconnaît, entre le réel et l'imaginaire.

Jean-Christophe Béchet, photographe d'une Amérique intime, entre road movie et littérature

Une trilogie américaine

Jean-Christophe Béchet explique que son exposition « Eureka USA » est issue d’une trilogie de livres prolongeant un travail antérieur, American Puzzle. De retour aux États-Unis en 2016, pendant la campagne qui mènera à l’élection de Donald Trump, il décide de revisiter trois grandes écoles de la photographie américaine. Il s’attelle d’abord à ce qu’il nomme de la « street photo animalière », capturant la forte présence des animaux, réels ou symboliques, dans la culture américaine. Le deuxième volet prend la forme d’un road movie, sur les traces du Pony Express, le long de la route la plus solitaire du pays entre deux villes nommées Eureka. Un parcours au cœur de l’Amérique profonde où il ne rencontrera que des partisans de Donald Trump.

Enfin, le photographe a voulu livrer sa propre vision du paysage, à l’opposé des grandes images en couleur, spectaculaires et saturées, qu’il juge parfois édulcorées. « J’ai envie de montrer le paysage comme je le ressens, c’est-à-dire quelque chose d’assez modeste. »

Entre réel et imaginaire

Pour Jean-Christophe Béchet, photographier les États-Unis est un défi particulier. C’est un pays que chacun a le sentiment de connaître, même sans y être allé, à travers le cinéma, la musique ou la littérature. Son travail consiste donc à découvrir un territoire tout en le reconnaissant, une expérience qu’il juge quasi universelle. S’il cite le cinéma de Howard Hawks ou de John Ford, son approche est davantage nourrie par la littérature américaine, de Kerouac à Steinbeck, et plus particulièrement par William Faulkner. Il admire chez ce dernier sa capacité à raconter un territoire de manière à la fois subjective, presque inventée, et profondément réelle.

Cette dualité se retrouve dans sa pratique, qui fait dialoguer le noir et blanc argentique et la couleur, les petits et les grands formats. Il se réjouit de sa collaboration avec Leica, une marque qui, selon lui, comprend cet héritage culturel et lui a offert une véritable liberté pour la scénographie de son exposition.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Jean-Christophe Béchet, Donald Trump, Howard Hawks, John Ford, Jack Kerouac, John Steinbeck, Russell Banks, Jim Harrison, William Faulkner, Pascal Therme, Monica Santos.
  • Œuvres : L’exposition « Eureka USA », le livre « American Puzzle ».
  • Lieux et entités : États-Unis, Californie, Leica, Leica Store Faubourg Saint-Honoré, Pony Express.

Au fil de l’épisode

  • La genèse de la trilogie sur l’Amérique, dans le prolongement du livre « American Puzzle ».
  • Le contexte du voyage de 2016 : la campagne présidentielle américaine et la montée de Donald Trump.
  • Le projet de revisiter trois genres photographiques américains : la photo animalière, le road movie et le paysage.
  • Sa vision de la « street photo animalière », entre animaux réels et symboles politiques comme l’aigle.
  • Le road trip entre deux villes nommées Eureka, sur la route la plus solitaire des États-Unis.
  • Sa démarche sur le paysage, à contre-courant des grandes images spectaculaires en couleur.
  • La volonté de montrer une facette plus modeste, intime et mélancolique du paysage américain.
  • L’influence du cinéma (Howard Hawks, John Ford) et surtout de la littérature (Kerouac, Steinbeck).
  • Le défi de photographier un pays que tout le monde pense déjà connaître à travers la culture populaire.
  • Son premier voyage aux États-Unis vers 1994, après avoir d’abord exploré le pays à travers les œuvres d’autres photographes.
  • L’importance de l’écrivain William Faulkner comme inspiration majeure pour raconter un territoire.
  • Le dialogue entre le noir et blanc, la couleur et les différents formats dans son travail.
  • Sa relation avec la marque Leica et la liberté offerte pour son exposition.

FAQ

Qui est Jean-Christophe Béchet ?

Jean-Christophe Béchet est un photographe français. Son travail explore notamment les États-Unis, auxquels il a consacré une trilogie de livres et une exposition intitulée « Eureka USA ». Son approche est souvent personnelle et intime, inspirée par la littérature américaine, et il travaille aussi bien en noir et blanc qu’en couleur, en utilisant différents formats pour créer un dialogue entre ses images.

Quelle est l’approche de Jean-Christophe Béchet sur la photographie des États-Unis ?

Il aborde les États-Unis en revisitant des genres classiques comme le road movie ou la photographie de paysage, mais en prenant le contre-pied des clichés spectaculaires. Il cherche une vision plus modeste, intime et mélancolique, qu’il estime plus proche de la littérature que du cinéma. Son travail est une exploration d’un territoire à la fois découvert sur le terrain et déjà présent dans l’imaginaire collectif.

Pourquoi son projet sur l’Amérique est-il une trilogie ?

Lors d’un voyage en 2016, Jean-Christophe Béchet a décidé de structurer son travail en trois volets pour explorer trois facettes de la photographie américaine. Le premier est une forme de « street photo animalière », le deuxième s’inspire du road movie, et le troisième propose une relecture du paysage. Ces trois approches lui permettent de construire une vision complexe et personnelle du pays.

Quelles sont ses principales influences littéraires ?

Jean-Christophe Béchet cite plusieurs auteurs américains comme Jack Kerouac, John Steinbeck ou Russell Banks. Il accorde cependant une place particulière à William Faulkner, qu’il considère comme son « auteur de base ». Il admire sa façon de raconter un territoire de manière à la fois très subjective, presque réinventée, tout en étant profondément ancrée dans le réel.

Quel est son rapport à la marque Leica ?

Il explique que ses photographies en noir et blanc sont réalisées avec des appareils Leica. Il apprécie la marque pour son histoire et l’imaginaire qui y est associé. Il se montre particulièrement satisfait de sa collaboration avec le Leica Store de Paris, qui lui a permis de monter une véritable exposition avec une grande liberté, et non un simple accrochage décoratif.

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