L’esprit ContreNuit
Invité dans le cadre du festival Voies Off durant les Rencontres d’Arles, Olivier Bourgoin présente « ContreNuit », une exposition collective réunissant les huit photographes de son agence, Révélateur. Plus qu’un simple accrochage, il s’agit d’une proposition qui incarne l’esprit commun de ces artistes, qu’il considère avant tout comme des auteurs. L’échange s’ouvre sur le travail de Dano Kant et sa série « Chronique nocturne », une approche classique de la photographie nocturne avec un soin particulier apporté au tirage argentique. Il évoque ensuite Christine Delory-Monberger et sa trilogie « Exil et Réminiscence », une fouille photographique dans les albums de famille pour retrouver les traces d’une mémoire altérée par l’histoire et les traumatismes de l’après-guerre.
L’une des photographes, Laure Puber, prend la parole pour présenter son livre « Je marcherai sur tes traces », publié aux éditions Arnaud Bizalion. Elle y raconte sa quête en Norvège, sur les traces d’un personnage de roman de Tarjaï Vézasse qui l’a hantée, une obsession pour une mémoire effacée à laquelle elle a voulu donner corps.
Paysages mentaux et matières obscures
La visite se poursuit avec les univers singuliers des autres photographes. Olivier Bourgoin décrit le travail de Michael Serfati, « Choses au fond de nous », où des visages extraits de foules nocturnes semblent émerger de l’obscurité. Il présente ensuite Valérie Gondran, qui constitue un « abécédaire » photographique en couleur et petit format, piochant dans ses images pour créer de nouvelles histoires comme dans la série « One Longly Night ». Le parcours nous mène aux images mentales d’Irene Jonas avec sa série « Insomnie » : un noir et blanc charbonneux, obtenu par une intervention manuelle sur le tirage argentique, qui donne à voir des obsessions nocturnes d’une grande force picturale.
L’exposition met également en lumière Estelle Lagarde, première artiste à avoir rejoint l’agence, avec sa série « De anima lapidum » (« L’âme des pierres »), des mises en scène fantomatiques réalisées en pose longue dans des édifices religieux. Enfin, Olivier Bourgoin tient à parler de la photographe invitée, Nathalie Bagary, qui présente le début de sa série « Funny Valentine », une traversée de l’épreuve du cancer du sein, ainsi que son film « Le pont de sel ».
Les références de l’épisode
- Personnes : Olivier Bourgoin, Pascal Therme, Dano Kant, Christine Delory-Monberger, Laure Puber, Arnaud Bizalion, Tarjaï Vézasse, Michael Serfati, Valérie Gondran, Irene Jonas, Buñuel, Estelle Lagarde, Nathalie Bagary.
- Lieux : Agence Révélateur, Rencontres d’Arles, festival Voies Off, Le Pangolin (Marseille), Maison Robert Dohano (Gentilly), Monastère royal de Brou, Cour de l’archevêché (Arles).
- Œuvres : Exposition « ContreNuit », série « Chronique nocturne » (Dano Kant), trilogie « Exil et Réminiscence » (Christine Delory-Monberger), livre « Je marcherai sur tes traces » (Laure Puber), livre « Les oiseaux » (Tarjaï Vézasse), série « Choses au fond de nous » (Michael Serfati), série « One Longly Night » (Valérie Gondran), série « Insomnie » (Irene Jonas), série « De anima lapidum » (Estelle Lagarde), série « Funny Valentine » (Nathalie Bagary), film « Le pont de sel » (Nathalie Bagary).
- Organisations et éditeurs : Éditions Arnaud Bizalion, Éditions Yellow Now.
Au fil de l’épisode
- Présentation de l’exposition « ContreNuit » et de l’agence Révélateur à Arles.
- Le travail de Dano Kant et sa série « Chronique nocturne », attachée au tirage argentique.
- Christine Delory-Monberger et sa quête mémorielle dans « Exil et Réminiscence ».
- Intervention de la photographe Laure Puber sur son livre « Je marcherai sur tes traces ».
- L’univers fantomatique de Michael Serfati dans « Choses au fond de nous ».
- L’« abécédaire » photographique de Valérie Gondran et sa série « One Longly Night ».
- Les paysages mentaux et la matière picturale d’Irene Jonas dans « Insomnie ».
- Estelle Lagarde et « L’âme des pierres » (« De anima lapidum »), entre mise en scène et pose longue.
- L’histoire de la création de l’agence Révélateur, initiée par la rencontre avec Estelle Lagarde.
- La photographe invitée, Nathalie Bagary, et sa série « Funny Valentine » sur l’épreuve du cancer.
- Le modèle économique de l’exposition à Arles, financé collectivement par les artistes.
- La volonté de renouveler l’expérience pour les prochaines éditions du festival.
FAQ
Qui est Olivier Bourgoin ?
Olivier Bourgoin est le fondateur de l’agence Révélateur, qui accompagne des photographes qu’il considère avant tout comme des auteurs. Dans cet épisode, il agit en tant que commissaire de l’exposition « ContreNuit », où il présente le travail de huit artistes de son agence, expliquant la démarche de chacun et la cohérence qui les unit. C’est sa rencontre avec la photographe Estelle Lagarde qui l’a poussé à créer l’agence.
Qu’est-ce que l’exposition « ContreNuit » ?
« ContreNuit » est une exposition collective présentée durant les Rencontres d’Arles, dans le cadre du festival Voies Off. Elle rassemble les travaux de huit photographes de l’agence Révélateur. L’exposition explore différentes facettes du noir, de la nuit, de l’obscur et de la mémoire, à travers des approches photographiques variées mais partageant un esprit commun, celui d’une photographie d’auteur.
Quels photographes sont présentés dans l’exposition ?
L’exposition met en avant sept photographes de l’agence Révélateur : Dano Kant, Christine Delory-Monberger, Laure Puber, Michael Serfati, Valérie Gondran, Irene Jonas et Estelle Lagarde. Une huitième artiste, Nathalie Bagary, est également présentée en tant que photographe invitée pour sa nouvelle série « Funny Valentine » et son film « Le pont de sel ».
Quelle est la philosophie de l’agence Révélateur ?
Selon son fondateur Olivier Bourgoin, l’agence Révélateur se consacre à la promotion d’une photographie d’auteur. Il existe une forte cohérence et un « esprit commun » entre les artistes représentés, même si leurs expressions diffèrent. Le projet d’exposition collective à Arles a été monté pour matérialiser cette vision et a été financé collectivement par les photographes eux-mêmes.
