Dialogue entre temps et espace
Enregistrée au cœur du festival Phot’Aix, à la Galerie Émile Zola, cette conversation réunit deux photographes dont les œuvres se répondent : l’Autrichien Michael Michlmayr et le Français Gérard Staron. Le premier explique sa démarche pour sa série « Espaces de Temps », où il superpose des séquences photographiques pour condenser plusieurs minutes en un seul instant recomposé. Il capture ainsi le flux des autoroutes ou le mouvement des passants dans des escalators depuis un point de vue en plongée. Gérard Staron, lui, s’attache à recomposer l’espace plutôt que le temps. Son installation, « Faux-semblants », met en scène des personnages dans un escalier sans fin ou un pique-nique sans herbe pour livrer une critique de la société de consommation.
Leur point commun réside dans une remise en cause de la « photo-vérité ». En ayant recours au montage, tous deux créent des images subjectives qui n’auraient pu exister en un seul instant. « Peut-être que le point commun, c’est aussi qu’on met en cause certaines façons de ce que montre la photographie, ce que peut faire la photographie, en fait, entre le vrai et la fiction. »
Les références de l’épisode
- Michael Michlmayr (photographe)
- Gérard Staron (photographe)
- Phot’Aix (festival de photographie à Aix-en-Provence)
- Galerie Émile Zola (lieu d’exposition)
- « Espaces de Temps » (série de Michael Michlmayr)
- « Faux-semblants » (installation de Gérard Staron)
Au fil de l’épisode
- Présentation des deux photographes, Michael Michlmayr et Gérard Staron, et du contexte de leur exposition commune à Phot’Aix.
- L’approche de Michael Michlmayr : sa série « Espaces de Temps » et son travail sur la compression de la temporalité.
- La démarche de Gérard Staron : son installation « Faux-semblants » et la recomposition de l’espace comme critique sociale.
- La négation de l’instant décisif et de la « photo-vérité » comme point de convergence de leurs travaux.
- Analyse des techniques de prise de vue et de montage, entre point de vue en plongée et composition fictionnelle.
- La dimension critique et politique de leurs œuvres, notamment la dénonciation du consumérisme par Gérard Staron.
- Conclusion sur leur dialogue entre l’espace et le temps, et sur l’exploration des frontières entre réel et fiction en photographie.
FAQ
Qui sont Michael Michlmayr et Gérard Staron ?
Michael Michlmayr est un photographe autrichien et Gérard Staron un photographe français. Ils sont réunis dans cet épisode à l’occasion de leur exposition commune au festival Phot’Aix, à Aix-en-Provence. Leurs travaux respectifs, bien que distincts, entrent en dialogue en explorant les notions de temps et d’espace à travers des techniques de montage et de recomposition de l’image.
Quel est le sujet de leur exposition à Phot’Aix ?
Leur exposition à la Galerie Émile Zola met en regard deux approches plasticiennes de la photographie. Michael Michlmayr présente sa série « Espaces de Temps », qui compresse une durée de plusieurs minutes en une seule image. En réponse, Gérard Staron expose son installation « Faux-semblants », qui recompose l’espace pour créer des scènes fictives et critiques sur la société contemporaine.
En quoi leurs approches photographiques diffèrent-elles ?
La principale différence réside dans leur objet d’étude. Michael Michlmayr se concentre sur la temporalité : il superpose des instants pour montrer le passage du temps dans un lieu donné, comme une autoroute ou un escalator. Gérard Staron, lui, s’intéresse à la recomposition de l’espace pour créer des fictions visuelles qui portent un message critique, sans se soucier de la dimension temporelle.
Quel est le point commun entre leurs travaux ?
Leur démarche commune est une remise en question de la photographie comme simple enregistrement du réel. En utilisant le montage, ils rejettent tous les deux l’idée de l’instant décisif et de la « photo-vérité ». Leurs œuvres sont des constructions subjectives qui se situent à la frontière entre la réalité et la fiction, invitant le spectateur à s’interroger sur la nature de l’image.
