Une forêt hantée par la mémoire
Pour son projet « Pour vivre ici », présenté aux Photaumnales de Beauvais, la photographe Sophie Zénon a investi un lieu chargé d’histoire : le Hartmanns Willerkopf, ou Vieil-Armand, un site vosgien emblématique de la Première Guerre mondiale. Issue d’une résidence de création à l’Abré Mémoire d’Uffoltz, sa démarche a consisté à aborder ce champ de bataille non pas par ses vestiges, mais par sa forêt reconstituée. Elle y voit un réceptacle de la mémoire des soldats, une idée nourrie par sa rencontre avec Raoul Hermel, un menuisier de la région qui connaît chaque arbre et perçoit en eux l’âme des combattants.
Cette approche sensible donne naissance à des images où le passé affleure dans le présent. « On a le sentiment que ces soldats sont de nouveau avec nous, de nouveau présents, et c’est exactement ce qu’on ressent quand on marche dans cette forêt », confie l’artiste.
Pour matérialiser cette sensation, Sophie Zénon a développé un procédé photographique original. Elle a imprimé des portraits d’archives de soldats allemands et français sur de grandes plaques de plexiglas. En les installant au cœur de la forêt, elle a capturé les jeux de la lumière naturelle, les reflets et les transparences, créant ainsi des apparitions fugaces et poétiques de ces visages, comme un écho visuel à l’atmosphère si particulière du lieu.
Les références de l’épisode
- « Pour vivre ici », série photographique de Sophie Zénon
- Les Photaumnales de Beauvais
- Le Quadrilatère de Beauvais
- L’Abré Mémoire (Uffoltz)
- Hartmanns Willerkopf ou Vieil-Armand, site de la Première Guerre mondiale
- Raoul Hermel, menuisier
- Pascal Therme, journaliste
- Office National des Forêts (ONF)
Au fil de l’épisode
- Présentation du projet « Pour vivre ici » dans le cadre des Photaumnales de Beauvais.
- L’origine du travail : une résidence d’artiste à l’Abré Mémoire, sur le site du Vieil-Armand.
- Le choix d’aborder ce lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale par le prisme du végétal.
- La rencontre décisive avec Raoul Hermel, menuisier et mémoire vivante de la forêt.
- Les croyances et superstitions attachées à cette forêt qui n’est « pas paisible ».
- La dimension sacrée et préhistorique du site, évoquée par les recherches de Raoul Hermel.
- Description du procédé photographique : des portraits de soldats sur plaques de plexiglas installées en forêt.
- Le jeu avec la lumière, les reflets et la transparence pour faire apparaître les visages des soldats.
FAQ
Qui est Sophie Zénon ?
Sophie Zénon est une photographe dont le travail « Pour vivre ici » a été présenté aux Photaumnales de Beauvais. Son œuvre explore les thèmes de la mémoire, de l’histoire et du paysage. Pour cette série, elle a développé une technique consistant à imprimer des photos d’archives sur des plaques de plexiglas qu’elle installe ensuite dans la nature pour créer des images poétiques et spectrales.
Quel est le sujet du projet « Pour vivre ici » ?
Ce projet photographique explore la mémoire de la Première Guerre mondiale sur le site du Hartmanns Willerkopf, aussi appelé Vieil-Armand. Plutôt que de se concentrer sur les vestiges de guerre, Sophie Zénon a choisi de travailler sur la forêt reconstituée, qu’elle considère comme porteuse de la mémoire vivante des soldats qui y ont combattu et péri.
Où se situe le Vieil-Armand ?
Le Vieil-Armand, ou Hartmanns Willerkopf, est un site historique emblématique de la Première Guerre mondiale situé dans les Vosges. Le projet de Sophie Zénon a été développé lors d’une résidence à Uffoltz, dans un lieu de ressources nommé l’Abré Mémoire, qui est consacré à l’histoire de ce site.
Quelle est la technique photographique utilisée par Sophie Zénon ?
Pour sa série « Pour vivre ici », Sophie Zénon a imprimé des photographies d’archives de soldats français et allemands sur de grandes plaques de plexiglas. Elle a ensuite installé ces plaques dans la forêt du Vieil-Armand, utilisant les jeux de lumière naturelle, les reflets et la transparence pour créer des apparitions spectrales des visages au sein même du paysage.
