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# 43 – Romain Colin, fondateur de Fubiz – Affirmer sa singularité

Romain Colin est le fondateur de Fubiz, le média de référence sur la curation artistique. Dans cet épisode, il retrace son parcours, de ses débuts d'étudiant curieux à la tête d'une entreprise reconnue à l'international. Ce qui n'était au départ qu'un blog pour se créer une "carte de visite" est devenu un projet de vie. Fubiz rassemble aujourd'hui une communauté de plusieurs millions de personnes et a été cité par Forbes comme une référence du monde artistique. Romain Colin partage les étapes clés de cette aventure : la décision de se lancer seul, la structuration de son modèle économique et l'ouverture d'un bureau à New York.

fondateur de Fubiz, du projet étudiant au média international de référence

Une curiosité précoce

Romain Colin raconte avoir développé très jeune une sensibilité pour l’image, les clips musicaux et la création. Élevé par des parents curieux qui l’emmènent voyager et visiter des musées, il développe un goût pour la découverte. Adolescent, il perçoit très tôt la « profondeur infinie » d’Internet, un outil qui lui permet d’assouvir sa soif de contenus venus du monde entier. Il se passionne pour la curation, que ce soit en créant des playlists musicales ou en cherchant à dénicher les tendances avant tout le monde. C’est aussi à cette période qu’il touche ses premiers revenus en ligne, grâce à des pages personnelles qui attirent du trafic.

Cette prise de conscience précoce du potentiel du web sera déterminante pour la suite de son parcours.

Se singulariser à tout prix

Alors qu’il est encore étudiant, Romain Colin décide de créer Fubiz. L’objectif initial n’est pas de bâtir une entreprise, mais de se forger une « belle carte de visite » pour se démarquer sur le marché du travail. Il est animé par un profond « besoin de se singulariser », de créer quelque chose qui n’a pas de référent et d’être parmi les pionniers. Il choisit de se lancer seul, sans s’associer, afin d’assumer l’entière responsabilité d’un éventuel succès comme d’un échec. Ce projet est pour lui une manière de construire sa propre légitimité et d’asseoir une forme d’autorité sur un sujet qui le passionne.

« J’avais envie d’ouvrir une porte qui était fermée, d’être un des premiers à l’ouvrir », confie-t-il.

Le projet qui s’emballe

Le point de bascule arrive lorsque le flux de contenus s’inverse. Alors qu’il passait son temps à chercher des pépites créatives, il se met à recevoir des centaines, puis des milliers de propositions. Des artistes et des labels prestigieux, comme ceux de Daft Punk, Kanye West ou Woodkid, lui envoient leurs clips en avant-première. En parallèle, les revenus publicitaires se structurent et deviennent réguliers, notamment grâce à un partenariat avec la même régie que Dailymotion. La qualité et la quantité des contenus reçus, couplées à la croissance des revenus, le convainquent qu’il tient quelque chose de solide.

Ce succès le pousse à prendre une décision majeure : se consacrer à Fubiz à temps plein.

De l’artisanat à l’entreprise

La professionnalisation de Fubiz devient sa priorité. Il structure sa société, prend des bureaux et recrute ses premiers employés. L’une des étapes les plus importantes est de déléguer la gestion éditoriale. Après avoir écrit lui-même les premiers milliers d’articles, il entreprend un long travail de transmission pour que l’équipe s’approprie la ligne éditoriale. Sa vision est claire : être « exigeant mais pas élitiste » pour ne pas s’enfermer dans une niche. Il s’agit de passer de la « vision de Romain » à la « vision de Fubiz », une étape cruciale pour que le projet puisse grandir au-delà de son fondateur.

Cette période est celle de la structuration, où il définit la recette qui fera l’identité et le succès de la plateforme.

Réinventer le modèle

Romain Colin comprend rapidement que le modèle économique basé uniquement sur les bannières publicitaires est fragile et en constante évolution. Inspiré par ce que font d’autres médias internationaux, il décide de diversifier ses sources de revenus. La première grande initiative est la création des Fubiz Awards, une cérémonie de remise de prix pluridisciplinaire et démocratisée, où c’est le public qui vote. Cet événement, sponsorisé par des marques, renforce l’image et la légitimité de Fubiz. Cette diversification se poursuit avec le développement du brand content et la création de Fubiz Studio, une agence qui connecte des talents créatifs avec des marques pour produire des contenus originaux.

Cette stratégie permet à Fubiz de ne plus être « qu’un média », mais une marque créative à part entière.

Le rêve américain

Dix ans après ses débuts, Romain Colin se lance un nouveau défi : l’internationalisation, avec l’ouverture d’un bureau à New York. Cette décision est motivée par l’opportunité de s’implanter sur un marché beaucoup plus mature et profond, mais aussi par l’envie de se nourrir de l’énergie créative de la ville. Conscient de la difficulté et de la compétition, il s’appuie sur une rencontre avec un partenaire déjà sur place. Le succès est au rendez-vous avec des premiers clients prestigieux comme Pantone et Vimeo, une marque chère à l’histoire de Fubiz. Cette expansion est un accélérateur, tant sur le plan business que sur le plan créatif.

Pour lui, New York est un « laboratoire à ciel ouvert extraordinaire » qui continue de nourrir sa vision.

Romain Colin nous recommande…

  • Un beau livre d’art sur l’œuvre d’Alexandre Bettac — Édité chez Feidon, cet ouvrage retrace le travail du scénographe des plus grands défilés de mode, une source d’inspiration sur la création d’expériences uniques.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Romain Gavras, JR, Woodkid (Johan Le Moine), Daft Punk, Kanye West, Alexandre Bettac, Grégory Pouy.
  • Entreprises et marques : Fubiz, Forbes, Dailymotion, Vimeo, YouTube, BETC, Air France, Spotify, Deezer, Google, Slack, Trello, Buffer, Apple News, Canon, HTC, Pantone, Intel, Vice.
  • Projets et œuvres : Le clip « Iron » de Woodkid, The Creators Project (Vice et Intel), Fubiz Awards, Fubiz Studio, le musée Yves Saint-Laurent à Marrakech.

Au fil de l’épisode

  • L’enfance de Romain Colin et sa sensibilité à l’image, aux clips et à la musique.
  • L’importance des voyages et des visites de musées dans son éducation.
  • Sa passion pour la curation, de ses playlists musicales à la découverte de talents.
  • La découverte d’Internet comme un outil à la profondeur infinie.
  • Ses premiers revenus en ligne grâce à des pages personnelles.
  • La création de Fubiz comme une « carte de visite » pour se singulariser sur le marché du travail.
  • Le choix de ne pas s’associer pour garder la pleine responsabilité du projet.
  • Les difficultés et les avantages d’être un « solo founder ».
  • Le moment où Fubiz bascule : l’inversion du flux de contenu, des artistes majeurs qui le contactent.
  • La professionnalisation : le passage à temps plein, le recrutement, la refonte du site.
  • La délégation de la ligne éditoriale, une étape clé pour passer de « la vision de Romain » à « la vision de Fubiz ».
  • La définition de la recette éditoriale : être exigeant sans être élitiste.
  • L’évolution du business model face à la fragilité des revenus publicitaires.
  • Le benchmark des autres médias pour trouver de nouvelles sources de revenus.
  • La création des Fubiz Awards, une cérémonie de remise de prix démocratisée et pluridisciplinaire.
  • Le développement du brand content et la naissance de Fubiz Studio.
  • L’échec assumé d’un projet de livre, et ce qu’il en a appris.
  • L’ouverture d’un bureau à New York : une opportunité et un défi.
  • Les raisons du choix de New York : un marché plus mature et une source d’inspiration.
  • Les premiers clients américains : Pantone et Vimeo.
  • Sa méthode d’organisation personnelle, entre le bureau et le travail à distance pour la stratégie.
  • L’importance des voyages et des vols long-courriers pour avancer sur les sujets de fond.
  • Les outils de productivité indispensables : Buffer, Slack, la suite Google.
  • Le meilleur conseil reçu : rester fidèle à sa singularité et ne pas suivre les tendances.
  • Ses réflexions sur ses échecs, notamment en management et en culture d’entreprise.
  • Sa vision du livre comme un objet d’évasion et d’inspiration visuelle.
  • L’anecdote derrière ses nombreuses photos de piscines sur Instagram.

FAQ

Qui est Romain Colin ?

Romain Colin est un entrepreneur français, fondateur du média Fubiz. Il a lancé ce projet alors qu’il était encore étudiant, avec l’ambition de se créer une « carte de visite » originale. Passionné par la curation de contenus créatifs et artistiques, il a transformé ce qui était un blog personnel en une entreprise reconnue à l’international, comprenant un média influent et un studio de création qui collabore avec de grandes marques.

Qu’est-ce que Fubiz ?

Fubiz est à la fois un média en ligne spécialisé dans la curation de contenus artistiques et un studio de création. Lancé initialement comme un blog, le site met en avant le meilleur de la création contemporaine (photographie, design, vidéo, architecture). Au fil des ans, Fubiz a étendu ses activités pour inclure l’organisation d’événements comme les Fubiz Awards et la production de contenus de marque via Fubiz Studio.

Pourquoi Romain Colin a-t-il créé Fubiz ?

Romain Colin a créé Fubiz initialement comme un « side project » pendant ses études. Son objectif principal n’était pas de créer une entreprise, mais de se singulariser sur le marché du travail. Il voulait une vitrine pour démontrer sa curiosité et sa vision, une sorte de portfolio créatif qui le distinguerait des autres candidats. Le succès rapide du projet l’a ensuite poussé à s’y consacrer à plein temps.

Comment Fubiz a-t-il évolué au-delà d’un simple média ?

Conscient que le modèle économique basé uniquement sur la publicité en ligne était fragile, Romain Colin a diversifié les activités de Fubiz. Il a commencé par créer des événements, comme les Fubiz Awards, une cérémonie de remise de prix. Par la suite, il a développé Fubiz Studio, une agence créative qui met en relation des talents avec des marques pour créer des contenus originaux et des campagnes publicitaires.

Pourquoi Fubiz a-t-il ouvert un bureau à New York ?

L’ouverture d’un bureau à New York répondait à une double ambition : s’implanter sur un marché plus mature en matière de création de contenu de marque, et se nourrir de l’énergie créative de la ville. C’était un défi, car le marché américain est très compétitif, mais aussi une opportunité de travailler avec des clients internationaux comme Pantone ou Vimeo et de proposer des projets de plus grande envergure.

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