Un parcours à contre-courant
Thomas Burbidge raconte son histoire, marquée par un héritage familial non-conformiste. Fils de parents anglais installés en Dordogne pour vivre « selon leurs propres codes », il a grandi avec l’idée qu’il était possible de tracer son propre chemin. Après un parcours scolaire classique qui le mène d’un IUT à Brive-la-Gaillarde jusqu’à l’université Paris-Dauphine, il effectue son alternance dans de grandes structures comme Capgemini Consulting. C’est là qu’il prend conscience d’un décalage profond entre le monde de l’entreprise et ses aspirations. La perte de son père le conforte dans cette idée : il ne veut pas d’une vie de bureau toute tracée. Il se lance alors en freelance pendant ses études, et le succès est immédiat.
Face à des revenus déjà supérieurs à ce qu’il aurait pu espérer en agence, la décision s’impose. « À la fin de mon alternance, j’arrive dans le bureau de ma directrice et je leur dis : voilà, c’est terminé, je me lance en freelance. »
Se lancer tôt, un pari sur soi
Contre l’avis de ses responsables qui lui conseillent de prendre de l’expérience en agence, Thomas choisit de suivre son intuition. Pour lui, il n’y a pas de « bon moment » universel pour devenir indépendant ; c’est avant tout une question d’état d’esprit. Cette opposition a nourri son envie de prouver qu’il avait raison, le poussant à travailler sans relâche la première année. Il défend l’idée que l’échec est la meilleure des écoles. « Un conseil que je donnerais aux gens qui veulent vraiment avancer, c’est : lance-toi en freelance, casse-toi la gueule et ensuite demande-toi si c’est fait pour toi. »
Selon lui, le freelancing est un formidable accélérateur de développement personnel et professionnel, car il oblige à apprendre à vendre, à se structurer et à se dépasser pour sa propre survie.
La marque, au-delà du logo
Le métier de Thomas, c’est la stratégie de marque. Mais sa définition va bien au-delà des éléments visuels. Pour lui, une marque, c’est avant tout « ce que les gens disent de toi quand t’es pas dans la pièce ». Son travail consiste à aider ses clients — entreprises comme freelances — à définir et concevoir le message, l’histoire et les principes qui guideront leurs décisions. Il utilise des outils comme le « brand book », une sorte de bible de la marque qui sert de référence à toute l’équipe. Cette approche, il se l’applique à lui-même, notamment via LinkedIn.
Il ne voit pas la plateforme comme un simple CV en ligne, mais comme une véritable « caisse de résonance » pour partager sa vision, créer du lien et attirer des clients qui partagent ses valeurs.
Structurer son quotidien de freelance
Avec de multiples projets, de son activité de conseil à sa formation Surf en passant par le collectif La Young, l’organisation est un défi permanent. Thomas Burbidge partage les méthodes qui l’aident à rester efficace. Il s’appuie sur la technique Pomodoro (travailler par sessions de 25 minutes) et le principe « Eat the Frog » : commencer sa journée par la tâche la plus difficile. Il a également expérimenté le « Miracle Morning », un rituel matinal de développement personnel qui lui a permis de se sentir plus énergique et maître de ses journées.
Face aux baisses de motivation, il se reconnecte au sens de ses projets, en particulier ceux qui, comme Surf, lui permettent d’aider d’autres freelances. C’est ce service aux autres qui devient son plus puissant moteur.
Les phases de la croissance
Thomas a modélisé l’évolution d’une activité de freelance en plusieurs grandes étapes. La première n’est pas de vendre ses compétences, mais d’identifier le véritable problème que l’on résout pour ses clients. La deuxième phase consiste à apprendre à se marketer et à se vendre, une compétence essentielle souvent négligée. C’est seulement ensuite que vient la troisième phase : la structuration. Il s’agit de créer des systèmes, des méthodologies et d’automatiser pour ne plus être limité par son propre temps. C’est cette logique qui l’a mené à créer le collectif La Young.
L’objectif est de pouvoir répondre à des problématiques client plus larges en s’entourant d’autres talents, tout en conservant l’indépendance et la flexibilité qui sont au cœur du freelancing.
Bâtir des revenus durables
Pour sécuriser son activité, Thomas insiste sur un point clé : mensualiser ses offres. Proposer des contrats récurrents permet d’obtenir de la visibilité et une stabilité financière, l’« oxygène » du freelance. L’étape suivante est de décorréler ses revenus de son temps de travail, notamment via la création de ce qu’on appelle des revenus passifs. Sa formation en ligne, Surf, en est l’exemple parfait. Si la création a demandé un travail intense en amont, le produit peut ensuite être vendu à plus grande échelle sans que cela ne lui demande plus de temps.
Cette approche lui permet de faire évoluer sa valeur. Il raconte être passé d’une première mission de stratégie de marque vendue 3 000 € à deux, à des projets facturés aujourd’hui entre 7 000 et 10 000 € pour sa seule partie.
Thomas Burbidge nous recommande…
- « Harry Potter et l’Enfant Maudit » — J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne. Un livre qui le reconnecte à ses souvenirs d’enfance et à son amour pour la lecture.
- « Dotcom Secrets » — Russell Brunson. Un ouvrage de référence sur les stratégies de marketing en ligne.
Pour aller plus loin
- La newsletter d’Alexis Minchella pour recevoir les prochains épisodes.
- La méthode Pomodoro pour mieux gérer son temps.
- Smart Passive Income, le site de Pat Flynn sur les revenus passifs.
- Sam Ovens, un entrepreneur qui partage ses méthodes business.
- SURF, la formation co-créée par Thomas pour les freelances.
- Le profil LinkedIn de Thomas Burbidge pour échanger avec lui.
- Les Fiches Freelances, des mémos business à collectionner.
Les références de l’épisode
- Personnes : Marie (sa coach), Russell Brunson, Michael Johnson, Brian Tracy, Pat Flynn, Sam Ovens, David Laroche, Tony Robbins, Dean Graziosi, Tim Ferriss.
- Œuvres : la saga « Harry Potter », « Dotcom Secrets », « Branding in Five and a Half Steps », « Eat that Frog », « Millionaire Success Habits ».
- Organisations et projets : Surf (formation), La Young (collectif), ClickFunnels, Capgemini Consulting, Future Brand, Lab Company, Crème de la Crème.
- Concepts et outils : la méthode Pomodoro, le Miracle Morning, le personal branding.
- Podcasts et médias : Smart Passive Income, VLAN.
- Lieux : Dordogne, Brighton, Brive-la-Gaillarde, Paris, Université Paris-Dauphine.
Au fil de l’épisode
- Les deux livres qui ont marqué Thomas : « Harry Potter » pour l’enfance et « Dotcom Secrets » pour le business.
- Son héritage familial : des parents anglais venus chercher une autre vie en Dordogne.
- Son parcours scolaire, de Brive-la-Gaillarde à l’université Paris-Dauphine.
- Ses premières expériences en agence qui le confortent dans son désir d’indépendance.
- Comment il a décroché son premier client en freelance alors qu’il était encore étudiant.
- Le choix de se lancer à plein temps, contre l’avis de ses responsables.
- Le débat sur le bon moment pour devenir freelance : une question de mindset plus que d’expérience.
- Sa philosophie : considérer l’échec comme un apprentissage et le freelancing comme un accélérateur de développement personnel.
- Sa définition de la stratégie de marque : ce que les gens disent de vous quand vous n’êtes pas là.
- Son utilisation de LinkedIn comme une « caisse de résonance » pour son message.
- Son organisation quotidienne : la méthode Pomodoro et le principe d’« avaler le crapaud » en premier.
- Son expérience avec la routine du « Miracle Morning ».
- Comment il surmonte les baisses de motivation en se connectant à des projets qui ont du sens, comme sa formation Surf.
- La bonne manière de mettre fin à une collaboration avec un client.
- Les trois grandes phases de l’évolution d’un freelance : trouver son problème, apprendre à se vendre, puis structurer son activité.
- La naissance du collectif La Young pour répondre à des besoins clients plus larges.
- L’importance de mensualiser ses offres pour assurer une stabilité financière.
- Le concept de revenu passif et la création de sa formation en ligne.
- La réalité du revenu passif : un énorme travail de préparation en amont.
- L’évolution de ses tarifs et l’importance de décorréler sa valeur du temps passé.
- Ses techniques pour augmenter la valeur perçue de ses prestations en rendez-vous client.
- Sa vision à long terme : la liberté financière et la mission d’aider les autres à créer une vie professionnelle qui leur ressemble.
FAQ
Qui est Thomas Burbidge ?
Thomas Burbidge est un freelance spécialisé en stratégie de marque et en communication digitale. Passionné par l’entrepreneuriat, il a co-fondé le collectif de freelances La Young ainsi que Surf, une formation en ligne pour accompagner les indépendants. Il partage son expérience pour aider les autres à construire une activité qui soit au service de leur mode de vie idéal, en accord avec leurs valeurs et leurs aspirations.
Qu’est-ce que la stratégie de marque selon Thomas Burbidge ?
Pour Thomas Burbidge, la stratégie de marque va bien au-delà du logo ou de l’identité visuelle. Il la définit comme « ce que les gens disent de toi quand tu n’es pas dans la pièce ». Son approche consiste à aider ses clients à définir leur message, leur histoire et leurs principes fondamentaux. Ces éléments intangibles deviennent ensuite le filtre à travers lequel toutes les décisions de l’entreprise sont prises, du recrutement au développement de nouveaux produits.
Comment Thomas Burbidge utilise-t-il LinkedIn ?
Thomas Burbidge considère LinkedIn comme un outil stratégique, bien plus qu’un simple CV en ligne. Il l’utilise comme une « caisse de résonance » pour développer son personal branding. En partageant sa vision du travail, ses réflexions et ses conseils, il attire des clients et des partenaires potentiels qui sont alignés avec ses valeurs. C’est pour lui un moyen de créer des relations de confiance avant même le premier contact commercial.
Quelles sont les phases d’évolution d’un freelance d’après lui ?
Selon Thomas Burbidge, un freelance traverse trois grandes phases. La première est la validation : il ne s’agit pas de vendre ses compétences, mais d’identifier le vrai problème que l’on résout. La deuxième est l’apprentissage de la vente et du marketing pour trouver des clients. La troisième est la structuration : créer des process et des systèmes pour simplifier son business, gagner en efficacité et ne plus échanger uniquement son temps contre de l’argent.
Pourquoi est-il important de mensualiser ses offres en freelance ?
Thomas Burbidge explique que la mensualisation des offres est la clé pour réduire l’insécurité financière, surtout au début. Vendre des prestations sous forme d’abonnements ou de forfaits mensuels permet de construire un revenu récurrent et prévisible. Cette stabilité, qu’il compare à l’oxygène d’un business, offre la sérénité nécessaire pour se concentrer sur la qualité du travail et le développement de projets à plus long terme.
