Un héritage familial
Bertrand Bernager raconte que son histoire avec la photographie est avant tout une affaire de famille. Il a été initié très jeune grâce à sa grand-mère, Jacqueline Bernager, photographe de portraits d’enfants dans les années 50, qui a eu l’occasion de côtoyer et de photographier Pablo Picasso et sa famille. Son oncle, Elie Berne-Ager, photographe de mode et de publicité, a également contribué à nourrir cette passion naissante. C’est en 2012, lors d’un voyage à Londres pour les Jeux Olympiques, qu’il touche son premier appareil photo, un petit compact numérique. Il a alors 12 ans et observe plus qu’il ne pratique, mais la curiosité est piquée. De retour à Paris, il s’inscrit au club photo de son collège, où il fait ses véritables premières armes.
Pendant plusieurs années, la photographie reste une pratique occasionnelle, réservée aux vacances. C’est un voyage au Japon en avril 2014 qui marque un véritable tournant. Pour la première fois, il ressent le besoin impérieux de documenter ce qu’il voit, armé de son propre appareil. « C’est vraiment mon premier rapport à la photographie où j’ai vraiment ressenti le besoin de prendre des photos. »
Du Japon à Instagram
À son retour du Japon, la photographie prend une nouvelle dimension. Son père lui offre son premier appareil hybride, le Sony Alpha 6000, et à partir de 2015, il commence à documenter son quotidien à Paris. La ville, qu’il a toujours connue, devient un terrain d’exploration infini. C’est aussi à cette période qu’il rejoint Instagram, après avoir longtemps hésité à cause du format carré imposé à l’époque. La plateforme devient un moteur créatif : il s’impose le rythme d’une photo par jour pendant près d’un an et demi. Ce défi le pousse à sortir constamment et à affiner son regard.
Plus qu’une simple galerie, Instagram lui ouvre les portes d’une communauté. Grâce aux « Instamites », ces rencontres entre photographes, il se fait des amis, reçoit des conseils techniques et découvre les codes du réseau. « Instagram m’a vraiment permis de rencontrer plein de gens formidables parce que Instagram c’est un réseau social mais aussi le côté humain qui est hyper important. »
La rue comme terrain de jeu
Très vite, Bertrand Bernager se spécialise dans la photographie urbaine, de rue et d’architecture. Il développe un style minimaliste et graphique, cherchant à révéler la géométrie et les formes des bâtiments. La rue, quant à elle, est pour lui une source inépuisable de surprises. Il la compare à une partie de poker : on ne sait jamais sur quelle scène de vie on va tomber. Il pratique une photographie d’instant, sans mise en scène, ce qui implique parfois de longues attentes pour capturer le moment parfait. « On pourra très bien attendre extrêmement longtemps et avoir une bonne photo ou au contraire, attendre pour ne rien avoir. »
Il aborde aussi les défis de la photo de rue, notamment le rapport au sujet et le droit à l’image. Il explique avoir une approche discrète et respectueuse, tout en observant que la réaction des passants varie énormément d’une ville à l’autre. À Paris, le regard peut être dur, tandis qu’en Asie, à Tokyo ou Singapour, il a souvent ressenti un accueil chaleureux, les gens étant parfois même demandeurs de se faire photographier.
De l’école au monde professionnel
Étudiant en bachelor de photographie, Bertrand Bernager explique que sa formation lui a apporté des connaissances essentielles, notamment sur le droit de la photo, un « bouclier » indispensable pour pratiquer sereinement. L’école l’a aussi poussé à sortir de sa zone de confort. Un stage marquant auprès de FIFU, photographe reconnu dans le milieu du rap français, lui a permis de découvrir la photographie de plateau et le travail en studio, un univers très différent de sa pratique habituelle. Cette expérience lui a fait prendre conscience de la complexité et du travail d’équipe derrière une seule image publicitaire.
Fort de ces expériences, il a mené des projets personnels ambitieux, comme l’exposition « Dédale », en collaboration avec l’artiste urbain Jordan Sager. Ce projet, né de la rencontre de leurs deux univers graphiques, présentait ses photographies d’architecture en noir et blanc de Singapour en dialogue avec les œuvres de l’artiste. Une première exposition qui confirme son désir de faire de sa passion son métier.
Les références de l’épisode
- Personnes : Jacqueline Bernager, Pablo Picasso, Elie Berne-Ager, FIFU, Jordan Sager, Corentin Erzik, Augustin Jansem, Steve McCurry, Henri Cartier-Bresson, Raymond Depardon, Loïc Lagarde, Ludwig Favre, Robert Doisneau.
- Lieux : Paris (rue de Rivoli, rue du 4 septembre, Clichy-Batignolles, La Défense, Beaugrenelle, Montmartre), Antibes, Londres, Japon (Tokyo, Mont Koya, Osaka), Singapour (Garden by the Bay), New York (Wall Street), Los Angeles.
- Marques et entreprises : Sony (Alpha 6000, Alpha 7R Mark III, Alpha 6600), Instagram, Twitter, Facebook, Google Maps, Lightroom, Photoshop, Sélection Photo.
- Événements et institutions : Jeux Olympiques de Londres 2012, Marathon de Paris, Bauhaus.
- Projets et œuvres : Dédale (projet photographique et exposition).
Au fil de l’épisode
- Présentation de Bertrand Bernager et de son univers : la photo urbaine, de rue et d’architecture.
- Son héritage familial : une grand-mère et un oncle photographes.
- L’anecdote de sa grand-mère, Jacqueline Bernager, qui a photographié la fille de Pablo Picasso.
- Ses débuts avec un appareil photo à 12 ans, lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012.
- Son apprentissage au club photo de son collège.
- Le voyage au Japon en 2014, un véritable déclic pour sa pratique photographique.
- L’acquisition de son premier appareil hybride, le Sony Alpha 6000, en 2015.
- Comment la photographie lui a permis de redécouvrir Paris, sa ville natale.
- Ses débuts sur les réseaux sociaux, d’abord sur Twitter, puis sur Instagram.
- L’importance de la communauté Instagram et des rencontres (« Instamites ») dans sa progression.
- L’évolution de son style vers une approche minimaliste et graphique de l’architecture.
- Sa vision de la photo de rue comme une « partie de poker », basée sur l’instant et le hasard.
- Les questions d’éthique et le rapport aux personnes photographiées dans la rue.
- La différence de réception de son travail entre Paris et les villes asiatiques comme Tokyo ou Singapour.
- Un de ses meilleurs souvenirs de photographe : une séance au Garden by the Bay à Singapour.
- La nécessité de savoir poser l’appareil pour profiter de l’instant présent.
- Sa formation en école de photo et l’importance d’apprendre le droit à l’image.
- Son stage auprès de FIFU, photographe de rappeurs, et sa découverte de la photo de plateau.
- Sa collaboration avec l’artiste Jordan Sager pour l’exposition « Dédale ».
- La question des droits d’auteur sur les photos publiées sur Instagram.
- La photo dont il est le plus fier, prise à Wall Street à New York.
- Son projet le plus marquant, « Dédale », réalisé à Singapour.
- Ses lieux de prédilection pour la photo, à Paris et dans les grandes mégalopoles.
- L’histoire de ses photos les plus populaires, dont une pose longue du Marathon de Paris.
- Ses inspirations photographiques, de Steve McCurry à Henri Cartier-Bresson.
- Son matériel photo et sa relation avec la marque Sony, dont il est ambassadeur.
- Sa préférence pour les sorties photo, seul ou en groupe.
- Son processus de retouche sur Lightroom et Photoshop.
- Sa stratégie de sauvegarde de ses milliers de photos.
- Ses conseils pour un photographe qui débute : pratiquer sans relâche et explorer différents styles.
- Ses projets futurs, entre un voyage à Los Angeles et la création d’un livre.
- Son quotidien de photographe pendant le confinement.
FAQ
Qui est Bertrand Bernager ?
Bertrand Bernager est un jeune photographe parisien spécialisé dans la photographie urbaine, de rue et d’architecture. Issu d’une famille de photographes, il a développé très tôt une passion pour l’image. Il est également étudiant en bachelor de photographie et ambassadeur pour la marque Sony. Son travail l’a amené à voyager dans de nombreuses mégalopoles comme Tokyo, New York ou Singapour.
Comment Bertrand Bernager a-t-il commencé la photographie ?
Il a été initié à la photographie dans un cadre familial, sa grand-mère et son oncle étant eux-mêmes photographes. Il a commencé à pratiquer plus sérieusement au collège, mais c’est un voyage au Japon en 2014 qui a été le véritable déclencheur. À partir de 2015, il se met à documenter son quotidien à Paris et partage son travail sur Instagram, où il trouve une communauté qui le motive à progresser.
Quel est le style photographique de Bertrand Bernager ?
Son style est principalement axé sur l’urbain, avec une prédilection pour l’architecture et la photographie de rue. En architecture, il recherche des compositions graphiques et minimalistes, jouant avec les lignes, les formes et les contrastes. En photographie de rue, il privilégie les instants spontanés et non mis en scène, considérant la ville comme un terrain de jeu imprévisible.
Quel matériel photo Bertrand Bernager utilise-t-il ?
Bertrand Bernager est ambassadeur de la marque Sony. Il travaille principalement avec deux boîtiers : un Sony Alpha 7R Mark III (plein format) et un Sony Alpha 6600 (APS-C). Il utilise majoritairement des objectifs grand angle comme un 16-35mm pour l’architecture, et des focales fixes comme un 55mm pour la photo de rue, afin de rester discret.
Quels sont les projets notables de Bertrand Bernager ?
Parmi ses projets marquants, il cite la série « Dédale », réalisée à Singapour en 2019. Ce travail, composé de photos d’architecture futuristes en noir et blanc, a donné lieu à une exposition à Paris en collaboration avec l’artiste urbain Jordan Sager. Il développe également depuis plusieurs années un projet de poses longues lors du Marathon de Paris, transformant la foule de coureurs en une « marée humaine colorée ».
