L’archive face à l’algorithme
Au cœur de la dixième édition du festival Circulation(s), Camille Guillé, coordinatrice adjointe, présente une œuvre singulière : « The Afterimage » de l’artiste italienne Chiara Caterina. L’installation met en scène le dialogue entre une archive personnelle, une photographie d’un quai, et l’immense banque d’images d’internet. Le processus est orchestré par une série de « robots » intelligents, des écrans qui interagissent entre eux. Le premier, utilisant l’algorithme de Google, analyse l’image initiale et plonge le spectateur dans ce que Camille Guillé décrit comme un « chemin abyssal sans fin ».
Cette exploration montre comment une image intime, une fois confrontée aux moteurs de recherche, peut se transformer et générer une cascade de nouvelles données.
La chimère numérique
Le voyage iconographique se poursuit avec d’autres robots qui effectuent des analyses sémantiques, extrayant des mots-clés comme « mer » ou « bateau », puis associant des sons. Chaque robot se nourrit des informations du précédent, créant un cycle où l’intelligence artificielle finit par se perdre elle-même. « Tout est en résonance et que cette résonance, finalement, ne donne lieu à rien de véritable », souligne l’interviewer, Pascal Therme. Le résultat final est un mélange improbable et dissous, une « chimère » qui interroge la nature des images et la perte de sens dans le flux numérique.
L’œuvre de Chiara Caterina illustre ainsi la manière dont nos souvenirs personnels, une fois numérisés, interagissent avec les données universelles pour créer de nouvelles réalités, parfois surprenantes.
Les références de l’épisode
- L’installation « The Afterimage » de Chiara Caterina
- Le festival Circulation(s)
- L’algorithme de Google
- Pascal Therme (critique)
Au fil de l’épisode
- Présentation de l’installation « The Afterimage » de Chiara Caterina au festival Circulation(s) 2020.
- Le point de départ : une image d’archive personnelle de l’artiste.
- Le rôle du premier « robot » : l’algorithme de Google qui analyse l’image.
- L’analyse sémantique par les robots suivants, qui extraient des mots-clés.
- La création d’un « chemin abyssal sans fin » de données, d’images et de sons.
- La confrontation entre l’archive intime et la banque d’images universelle d’internet.
- La notion de « chimère » : quand la résonance des images ne mène à rien de véritable.
FAQ
Qui est Camille Guillé ?
Camille Guillé est la coordinatrice adjointe du festival de la jeune photographie européenne Circulation(s). Dans cet épisode, elle présente et analyse l’une des œuvres exposées lors de la 10e édition du festival en 2020, guidant l’auditeur à travers le concept et le fonctionnement de l’installation de Chiara Caterina.
Quelle est l’œuvre présentée dans cet épisode ?
L’épisode se concentre sur l’installation « The Afterimage » de l’artiste et réalisatrice italienne Chiara Caterina. Il s’agit d’une œuvre qui explore la relation entre les archives personnelles et les banques d’images en ligne, en utilisant une série d’écrans et d’algorithmes pour créer un voyage iconographique.
Comment fonctionne l’installation « The Afterimage » ?
L’installation part d’une image d’archive personnelle de l’artiste. Cette image est ensuite analysée par une succession de « robots » intelligents. Le premier utilise l’algorithme de Google, puis d’autres effectuent des analyses sémantiques et sonores, créant une chaîne de rebonds et d’interactions qui dilue l’image originale dans un flux de données.
Que cherche à montrer cette œuvre sur les algorithmes ?
L’œuvre de Chiara Caterina illustre comment les algorithmes peuvent nous entraîner dans un « abîme » de données à partir d’une simple image. Elle montre que ce processus peut générer des surprises, des bugs, et finalement une « chimère » où l’image de départ se perd, questionnant la perte de sens à l’ère du numérique.
