La parentalité positive, un changement de regard
Antonella Verdiani définit la parentalité positive comme un courant issu de la psychologie et de la pédagogie positives. Plutôt que de se focaliser sur ce qui ne va pas — le stress, la névrose, l’erreur — cette approche propose d’inverser la perspective. Il s’agit de se concentrer sur les forces de l’enfant, sur son « trésor » intérieur et sa nature profonde, afin d’accompagner son évolution. C’est un changement de paradigme qui s’éloigne de la culture de la faute pour valoriser ce qui fonctionne et ce qui peut s’épanouir, que ce soit dans la relation parent-enfant ou à l’école.
Cette vision a nourri son livre, « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux », un tour du monde des pédagogies alternatives basées sur le bien-être.
Former les enseignants à la joie
Pour Antonella Verdiani, la clé d’une éducation réussie réside moins dans les outils que dans la posture de l’enseignant. Elle insiste sur la nécessité d’une formation qui ne se limite pas à la didactique, mais intègre la pédagogie, la communication non violente ou la philosophie. Elle cite l’exemple de la Finlande, où la formation des maîtres accorde une grande place à cette posture. « Qui suis-je quand j’enseigne ? » est la question fondamentale. Un enseignant doit d’abord faire un travail sur lui-même pour être capable de reconnaître et de préserver l’étincelle chez l’enfant.
C’est le sens des formations « Éduquer à la joie » qu’elle anime : aider les professionnels à retrouver leur propre élan pour ne pas éteindre celui des enfants. « On a tous été marqués par une figure de prof qui aimait ça. Et qu’est-ce qui fait la différence ? C’est que lui, il avait des étincelles dans les yeux. »
Choisir l’école de son enfant
Face au choix de l’école, Antonella Verdiani conseille aux parents de se fier à un indicateur simple : le bonheur de leur enfant. S’appuyant sur son expérience personnelle avec ses trois enfants aux parcours très différents, elle raconte comment elle a vu l’un de ses fils, autrefois épanoui, perdre sa joie de vivre en changeant d’établissement. « Avant je me réveillais le matin et j’étais très content, heureux d’aller à l’école. […] Aujourd’hui, je n’ai pas envie de me réveiller. » Ce témoignage l’a convaincue que l’observation et le dialogue sont primordiaux.
Il n’y a pas de réponse unique, car certains enfants s’accommodent du système traditionnel. Mais si un enfant est malheureux, il est essentiel de comprendre pourquoi, d’instaurer un dialogue avec l’école et, si nécessaire, de s’informer sur les alternatives pour le soutenir.
Le Printemps de l’Éducation, un réseau pour le changement
Fondé en 2012, le « Printemps de l’Éducation » est un mouvement citoyen qu’Antonella Verdiani préside. Partant du constat que de nombreux acteurs du changement (enseignants, parents, élèves) innovaient de manière isolée, l’association s’est donné pour mission de les mettre en réseau. L’objectif est de permettre la rencontre, le partage de pratiques et la mise en visibilité des initiatives qui œuvrent pour une transition éducative. Le mouvement organise des rencontres locales et nationales, avec des ateliers sur la parentalité, la médiation ou la philosophie.
Au-delà de la mise en réseau, le mouvement porte une ambition politique au sens noble du terme : mobiliser les citoyens pour qu’ils deviennent responsables et acteurs du changement, afin d’influencer les politiques éducatives.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Livre : « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux » d’Antonella Verdiani (éditions Actes Sud)
- Personnes : Frédéric Lenoir, Jiddu Krishnamurti, Caroline Sost
- Organisations et mouvements : UNESCO, Le Printemps de l’Éducation, Fondation SEV, L’École Aujourd’hui
- Lieux : Auroville (Inde), Finlande, Île-de-la-Réunion, Suisse
- Concepts : Pédagogie Freinet, pédagogie coopérative, communication non violente (CNV)
Au fil de l’épisode
- La définition de la parentalité positive : se focaliser sur les forces de l’enfant.
- Présentation de son livre « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux ».
- Les clés pour les enseignants du système classique qui se sentent démunis.
- L’importance de la formation à la pédagogie, à la communication non violente et à la philosophie.
- La Fondation SEV, initiée par Frédéric Lenoir, pour former les professeurs aux ateliers philo.
- La nécessité pour l’enseignant d’accomplir un travail sur soi pour mieux accompagner les enfants.
- La comparaison entre le système éducatif français et celui de la Finlande.
- Ses propres formations, intitulées « Éduquer la joie ».
- Le travail sur la posture de l’enseignant : la question « Qui suis-je ? ».
- Les questions que les parents devraient se poser pour choisir une école.
- Son expérience personnelle avec les parcours scolaires de ses trois enfants.
- L’anecdote de son fils, passé d’un élève heureux à un collégien en souffrance.
- Le critère essentiel pour les parents : observer si leur enfant est heureux à l’école.
- L’importance d’instaurer un dialogue constructif entre parents et enseignants.
- La présentation de l’association « Le Printemps de l’Éducation », qu’elle préside.
- Les objectifs du mouvement : mettre en réseau les acteurs du changement et partager les pratiques.
- La vision politique de l’association : mobiliser les citoyens pour faire évoluer le système.
- Considérer chaque enfant comme un mystère à laisser se révéler.
- L’indicateur de la joie dans les yeux des enfants pour guider l’action éducative.
FAQ
Qui est Antonella Verdiani ?
Antonella Verdiani est une chercheuse spécialisée dans le domaine de l’éducation. Elle a travaillé comme spécialiste de programme à l’UNESCO et a consacré son doctorat à l’éducation intégrale. Elle est l’autrice du livre « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux » et la fondatrice et présidente du mouvement citoyen « Printemps de l’Éducation », qui milite pour un renouveau de l’école et de la pédagogie en France.
Qu’est-ce que la parentalité positive selon Antonella Verdiani ?
Selon elle, la parentalité positive est une approche qui s’inspire de la psychologie positive. Elle consiste à changer de perspective en arrêtant de se focaliser sur les problèmes, les erreurs ou les faiblesses de l’enfant. L’objectif est au contraire de reconnaître et de valoriser ses forces, sa nature profonde et son potentiel, afin de l’accompagner au mieux dans son développement et son épanouissement.
Pourquoi la formation des enseignants est-elle si importante ?
Pour Antonella Verdiani, la formation des enseignants est cruciale car la posture de l’éducateur prime sur les outils pédagogiques. Elle déplore que la formation se concentre trop sur la didactique au détriment de la pédagogie. En s’inspirant du modèle finlandais, elle prône une formation qui inclut un travail sur soi, afin que l’enseignant comprenne qui il est et puisse préserver la joie d’apprendre chez l’enfant.
Qu’est-ce que le « Printemps de l’Éducation » ?
Le « Printemps de l’Éducation » est un mouvement citoyen fondé en 2012 et présidé par Antonella Verdiani. Son but principal est de créer un réseau pour connecter tous les acteurs qui œuvrent pour une transition éducative : enseignants innovants, parents, élèves et associations. L’organisation facilite le partage de pratiques et vise à rendre visibles les initiatives positives pour, à terme, influencer les politiques éducatives.
Comment choisir une bonne école pour son enfant ?
Antonella Verdiani conseille aux parents de se fier à un critère principal : le bien-être et le bonheur de leur enfant. Plutôt que de se baser uniquement sur un projet pédagogique affiché, elle recommande d’observer son enfant, de lui parler et de voir s’il est heureux de se rendre à l’école. Si l’enfant est épanoui, c’est le signe que l’environnement lui convient, même dans un système dit traditionnel.
