Une âme de bourlingueuse
Aurélia Tazi se définit comme une voyageuse dans l’âme. Dès son bac en poche, elle part vivre aux États-Unis, puis explore le Chili en sac à dos, l’Inde ou encore la Nouvelle-Zélande. Elle s’installe finalement au Maroc il y a une quinzaine d’années, où elle rencontre son mari Sadek et fonde une famille. Pour ses trois filles, Lila, Maya et Yoko, elle rêve d’une « enfance sauvage », proche de la nature, faite d’autonomie et de liberté. Elle leur transmet son goût du voyage en les emmenant très tôt en itinérance, convaincue que le mouvement et la découverte sont essentiels à leur épanouissement.
Selon elle, le voyage est une école de la vie qui enseigne la confiance et permet de laisser la « magie de la route » opérer, à travers les rencontres et les imprévus.
Le désert au bout du chemin
Installée près de Marrakech, face aux montagnes de l’Atlas, Aurélia Tazi ressent un jour un appel irrépressible. L’idée, aussi simple que folle, naît lors d’une nuit d’insomnie : traverser cette chaîne de montagnes à pied pour emmener ses filles, alors âgées de 4, 6 et 8 ans, découvrir les dunes du Sahara. Pendant deux mois, elles parcourent 600 kilomètres en autonomie, accompagnées d’une mule. Elle raconte le quotidien de cette marche au long cours : les bivouacs sous la tente, les rencontres avec les bergers, la gestion de la fatigue et des imprévus, mais surtout la joie d’être ensemble et la beauté des paysages.
« Le plus grand pas, ce n’est pas de vivre le rêve, c’est d’oser le dire au monde et aux autres », confie-t-elle.
De l’aventure au film
Plus qu’une simple aventure familiale, ce périple devient un projet professionnel. Aurélia Tazi décide de documenter leur voyage pour en faire un film, « Dis maman, c’est encore loin le désert ? ». Sans aucune expérience de la réalisation, elle se forme en quelques semaines et apprend sur le terrain à manier une caméra, tout en gérant la logistique de la marche et ses trois enfants. Elle explique comment la passion et la détermination lui ont donné l’énergie nécessaire pour mener à bien ce double défi. Le film, qui explore les thèmes de la maternité, du dépassement de soi et de la poursuite de ses rêves, a connu un beau succès, diffusé à la télévision et dans des festivals.
Pour elle, cette expérience prouve que lorsque l’on est passionné, on dispose de ressources insoupçonnées pour apprendre et réaliser l’impossible.
Aurélia Tazi nous recommande…
- « Le dictionnaire de la joie » — Blanche de Richemont. Un livre qui l’a marquée et dont elle cite le concept de « grâce du vagabond ».
Pour aller plus loin
- Le site officiel d’Aurélia Tazi
- Le site d’Alexandre Sattler, réalisateur du podcast
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook de Gaia Images
- L’association Regard’Ailleurs
Les références de l’épisode
- Le film « Dis maman c’est encore loin le désert ? »
- Le livre « Le dictionnaire de la joie » de Blanche de Richemont
- Personnes : Sadek Tazi (son mari), Lila, Maya et Yoko (ses filles), Yolande et Michel Haag (ses parents), Blanche de Richemont (autrice)
- Lieux : Maroc, Marrakech, l’Atlas, le Sahara, Chili, Wallis et Futuna, Inde, Nouvelle-Zélande, Philippines, Zagora
- Organisations : Brasserie Meteor, Lufthansa, Institut Français
Au fil de l’épisode
- Présentation d’Aurélia Tazi et de sa vie au Maroc, près de Marrakech.
- Son parcours de voyageuse dès l’âge de 17 ans : États-Unis, Chili, Inde, Nouvelle-Zélande…
- Sa vision de la « magie du voyage » et de l’importance d’écouter son « âme sauvage ».
- Le concept d’« enfance sauvage » qu’elle souhaite offrir à ses trois filles.
- La naissance de l’idée folle : traverser l’Atlas à pied pour rejoindre le Sahara.
- La réaction de son mari et de son entourage face à ce projet.
- Description d’une journée type pendant la marche : le bivouac, la préparation de la mule, les rencontres.
- Les défis et les joies du voyage pour elle et ses enfants.
- L’arrivée dans la vallée du Drâa et la gestion de la chaleur intense.
- La décision de réaliser un film documentaire sur cette aventure, sans expérience préalable.
- Comment la passion lui a permis d’apprendre rapidement les bases de la réalisation.
- Réflexions sur l’importance de vivre ses rêves et d’assumer ses choix.
- Sa vision de la maternité et de la nécessité pour les mères de préserver leur « femme sauvage ».
FAQ
Qui est Aurélia Tazi ?
Aurélia Tazi est une voyageuse, réalisatrice et mère de trois filles. Installée au Maroc depuis 2004 avec son mari marocain, Sadek Tazi, elle est notamment connue pour son aventure familiale hors du commun : une traversée de 600 km à pied des montagnes de l’Atlas jusqu’au Sahara, qu’elle a réalisée seule avec ses enfants. Elle a documenté ce périple dans le film « Dis maman, c’est encore loin le désert ? ».
Quel est le projet du film « Dis maman, c’est encore loin le désert ? » ?
C’est un film documentaire réalisé par Aurélia Tazi elle-même. Il retrace son voyage de deux mois à travers le Maroc, où elle a marché 600 kilomètres avec ses trois filles de 4, 6 et 8 ans pour rejoindre les dunes du Sahara. Le film raconte le quotidien de cette aventure, les défis, les rencontres et la relation mère-filles dans un contexte de nature et de simplicité. C’est aussi un témoignage sur la poursuite de ses rêves.
Comment s’est déroulée la traversée de l’Atlas ?
La traversée a duré deux mois. Aurélia Tazi et ses trois filles ont parcouru 600 km à pied, accompagnées d’une mule pour porter le matériel et les plus jeunes enfants. Le voyage s’est fait en autonomie, avec des nuits en bivouac sous la tente ou parfois chez l’habitant. Les journées étaient rythmées par la marche, les rencontres avec les bergers et la découverte de paysages montagneux, avant d’atteindre la vallée du Drâa et enfin le désert.
Qu’est-ce qu’une « enfance sauvage » selon Aurélia Tazi ?
Pour Aurélia Tazi, une « enfance sauvage » consiste à élever ses enfants en forte connexion avec la nature et le vivant. Cela se traduit par le fait de leur laisser beaucoup d’autonomie et de liberté pour expérimenter, de les laisser jouer dans la terre, et de voyager avec eux en itinérance. C’est une approche de la parentalité qui valorise la spontanéité, la proximité physique et l’écoute des besoins naturels de l’enfant.
