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Maurice Rebeix et les amérindiens

Photographe et aventurier, Maurice Rebeix a passé près de trente ans en immersion dans le monde des Sioux Lakotas. Dans cet épisode, il ne se contente pas de raconter ses voyages ; il partage une vision du monde façonnée par la sagesse des peuples racines. De ses rêves d'enfant inspirés par les westerns à sa critique de notre société de consommation, il nous invite à « ensauvager » notre esprit. Un témoignage puissant sur l'histoire tragique des Amérindiens, leur incroyable résilience et les leçons qu'ils peuvent nous offrir pour repenser notre propre rapport à la vie.

photographe et aventurier, trente ans d'immersion dans le monde des Sioux Lakotas

Un rêve d’enfant devenu compagnonnage

Maurice Rebeix raconte comment son intérêt pour les peuples amérindiens est né de ses rêves d’enfance, nourris par les westerns où, contrairement à la cavalerie, tous les enfants voulaient « être indien ». Loin d’être une simple lubie, ce rêve s’est transformé en un véritable chemin de vie. Voyageur et photographe depuis sa jeunesse, il évoque son compagnonnage avec le grimpeur Patrick et Delinger, avant de connaître un véritable « coup de foudre pour le monde indien » en 1981, lors d’un séjour chez les Innu au Canada. Il y découvre une autre façon d’être au monde, marquée par la dignité, l’élégance et une forme d’humour suprême : le rire de soi.

Cette première rencontre est le début d’un long compagnonnage, qui s’ancre particulièrement dans le Dakota du Sud auprès des Lakotas, anciennement appelés Sioux. Pendant plus de vingt-cinq ans, il multiplie les séjours prolongés dans les réserves, tissant des liens profonds et faisant sa place au sein de la communauté.

Le choc de deux mondes

L’épisode revient sur l’histoire tragique qui a suivi la rencontre entre les Européens et les peuples natifs, à commencer par l’arrivée de Christophe Colomb en 1492. Maurice Rebeix rappelle que les Arawaks qui l’ont accueilli et sauvé ont ensuite été exterminés jusqu’au dernier. Il qualifie ce processus historique d’« holocauste », soulignant que la population nord-américaine précolombienne, estimée à 30 millions d’individus, a été réduite à seulement 300 000 à la fin du XIXe siècle, principalement à cause des maladies importées par les Européens. Cette conquête a été menée au nom d’une vision du monde radicalement opposée à celle des peuples indigènes.

Il oppose la mentalité occidentale, basée sur la possession et la propriété, à la philosophie animiste des peuples racines, qui se considèrent comme appartenant à un tout. « On passe de la jouissance d’appartenir à quelque chose à la perversité de posséder ce qui nous entoure », explique-t-il. Cette différence fondamentale est, selon lui, à l’origine de la crise écologique et spirituelle que nous traversons.

La flamme qui renaît

Malgré l’adversité historique, Maurice Rebeix témoigne de la formidable résilience des peuples amérindiens. Loin de l’image de la « race qui s’éteint » (the vanishing race), il décrit une véritable renaissance culturelle et démographique depuis les années 1970, cristallisée par le siège de Wounded Knee. Aujourd’hui, les jeunes générations affirment avec fierté leur identité, alors même que la société occidentale commence à douter de ses propres fondations et de sa superstition du « progrès ». Il partage une prophétie du chef iroquois Oren Lyons : « Je reviendrai l’année prochaine et rien n’aura changé », soulignant avec humour l’inertie de nos sociétés face aux crises.

Son livre, L’Esprit ensauvagé, est une invitation à écouter ces peuples pour trouver « une autre façon d’être au monde ». Il ne s’agit pas d’idéaliser le « bon sauvage », mais de partager des questionnements et de retrouver des bonheurs oubliés en se reconnectant au vivant. C’est un appel à être « un petit peu moins civilisé, un peu plus ensauvagé, un petit peu moins intelligent et un peu plus sage ».

Les références de l’épisode

  • Personnes : Christophe Colomb, Amerigo Vespucci, Rousseau, Montesquieu, Oren Lyons, Jack Kerouac, Raoni, Jean Mallory, Patrick et Delinger.
  • Peuples et nations : Sioux, Lakotas, Dakotas, Nakotas, Innu (Montagnets), Arawaks, Iroquois (Odeno-Chonais), Dînés (Navarro), Apaches, Choumas, Inuits, Kayapo.
  • Œuvres : L’Esprit ensauvagé (livre de Maurice Rebeix), Les Derniers Rois de Thulé (livre de Jean Mallory), The Beautiful Losers (livre de Jack Kerouac), Lettres persanes (livre de Montesquieu), la Constitution américaine.
  • Lieux et événements : Festival du Grand Bivouac, Canada, Dakota du Sud, Saint-Domingue, Guyane, Groenland, réserve de Pine Ridge, Wounded Knee.

Au fil de l’épisode

  • Présentation de Maurice Rebeix au festival du Grand Bivouac.
  • Ses débuts comme voyageur et photographe, et son compagnonnage avec le grimpeur Patrick et Delinger.
  • Son « coup de foudre » pour le monde amérindien en 1981 chez les Innu au Canada.
  • Son compagnonnage de plus de 25 ans avec les Lakotas dans les réserves du Dakota du Sud.
  • L’influence des westerns sur ses rêves d’enfant et la place centrale du rêve dans les cultures indigènes.
  • La pratique du don du nom, qui est « rêvé » par un homme-médecine.
  • Retour historique sur l’arrivée de Christophe Colomb en 1492 et le sort des Arawaks.
  • L’« holocauste » amérindien : la chute de 30 millions à 300 000 habitants en 400 ans.
  • La grande diversité des nations amérindiennes et leur racine commune : l’animisme.
  • L’opposition entre la mentalité de la propriété occidentale et le sentiment d’appartenance indigène.
  • La critique de la superstition occidentale du « progrès » infini.
  • La prophétie ironique du chef iroquois Oren Lyons sur l’inaction des dirigeants mondiaux.
  • Le courage et la dignité comme leçons majeures des peuples racines face à l’adversité.
  • La renaissance culturelle et identitaire des nations amérindiennes depuis les années 1970.
  • Présentation de son livre L’Esprit ensauvagé, une invitation à une autre façon d’être au monde.
  • L’appel à être « un peu moins civilisé » et à retrouver une connexion avec le vivant.

FAQ

Qui est Maurice Rebeix ?

Maurice Rebeix est un photographe et aventurier français. Passionné par les voyages depuis sa jeunesse, il s’immerge depuis près de trente ans dans le monde amérindien, et plus particulièrement auprès des Sioux Lakotas dans le Dakota du Sud. Il est l’auteur du livre L’Esprit ensauvagé, dans lequel il partage les enseignements tirés de son expérience pour proposer une autre façon d’être au monde.

Quelle est l’origine de son intérêt pour les peuples amérindiens ?

Son intérêt remonte à ses rêves d’enfant, nourris par les westerns où il s’identifiait aux Indiens plutôt qu’à la cavalerie. Cette fascination s’est concrétisée en 1981 lors d’un voyage au Canada, où sa rencontre avec le peuple Innu a été un véritable « coup de foudre ». Il y a découvert une dignité, une élégance et un rapport au monde qui l’ont profondément marqué et ont orienté la suite de son parcours.

Quel a été l’impact de l’arrivée des Européens sur les peuples amérindiens selon l’épisode ?

Selon Maurice Rebeix, l’arrivée des Européens a provoqué un « holocauste ». Il explique que la population nord-américaine, estimée à 30 millions d’habitants avant 1492, a été réduite à 300 000 à la fin du XIXe siècle. Le plus grand fléau n’a pas été la violence des armes, mais les maladies importées par les colons, qui ont décimé des nations entières. Cet effondrement a été la conséquence d’une logique de conquête et de soumission.

Qu’est-ce que l’animisme selon Maurice Rebeix ?

Maurice Rebeix décrit l’animisme comme la « plus vieille religion du monde », une vision partagée par tous les peuples racines. Elle consiste à accorder un esprit à tout ce qui vit (animaux, plantes, rivières), au même titre que les humains. Cette philosophie crée un sentiment d’appartenance à un grand tout, contrastant radicalement avec la vision occidentale qui considère la nature comme un ensemble d’objets à posséder et à exploiter.

Quel est le message principal du livre de Maurice Rebeix, « L’Esprit ensauvagé » ?

Le livre est une invitation à écouter la sagesse des peuples premiers pour repenser notre mode de vie. Il suggère de devenir « un peu moins civilisé » et « un peu plus ensauvagés » en se détachant de la superstition du progrès et de la logique de possession. C’est un appel à retrouver des bonheurs simples, à renouer avec le vivant et à aborder les défis actuels avec le courage et la dignité dont les peuples indigènes ont fait preuve.

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