Un pari fou entre sœurs
C’est lors d’un premier voyage en Australie qu’Amélie et Marion Lorrain découvrent leur complémentarité et rêvent d’une aventure plus grande. Quatre ans plus tard, le projet se concrétise : relier Ushuaïa, au bout de la Patagonie, à l’Alaska, à l’autre extrémité du continent américain. Un périple de 80 000 kilomètres réalisé en deux ans, presque sans budget, en se laissant porter par les opportunités et les rencontres. Pour elles, le voyage est avant tout une ouverture aux autres, une curiosité qui les pousse à découvrir les populations locales au-delà des paysages.
Ce voyage à deux n’a pas toujours été simple, mais il a renforcé leurs liens, prouvant que leur duo était une force pour surmonter les défis de la route.
La route comme philosophie
Si l’autostop n’était pas le plan initial, il s’est rapidement imposé comme le fil conducteur de leur aventure. Ce mode de transport a totalement façonné leur expérience, leur permettant de voyager « avec » les gens plutôt que de simplement les croiser. Chaque véhicule, du camion à la limousine en passant par le cheval, était une nouvelle rencontre, une nouvelle histoire. Elles racontent comment l’attente au bord de la route, parfois longue de plusieurs heures, est devenue partie intégrante du voyage, un moment pour observer, écrire ou simplement être présentes. Cette approche leur a offert une liberté totale, sans itinéraire fixe, où un détour de plusieurs jours pour partager un repas de famille était plus important que de suivre un plan.
« On sait que ça va bien se terminer, on sait qu’on va rencontrer des bonnes personnes et on sait que s’il nous arrive un souci, on va rebondir. »
L’écriture au fil de l’eau
Avant leur départ, en cherchant des sponsors, Amélie et Marion ont obtenu une vitrine inattendue : un blog sur la plateforme du Nouvel Observateur. Cette collaboration, d’abord perçue comme une contrainte, est devenue essentielle. Chaque semaine, elles prenaient le temps de poser leurs expériences par écrit, de réfléchir au sens de leur voyage et de partager leurs aventures à chaud. Cette discipline leur a permis de garder une trace précise de leur périple, des noms des personnes rencontrées aux lieux visités. C’est cette matière brute, consignée rigoureusement pendant deux ans, qui a servi de base à leur livre, « Jusqu’au bout de la terre ».
Le livre est un récit beaucoup plus personnel que le blog, une volonté de transmettre une expérience positive du voyage « à l’arrache » entre filles, loin des clichés dramatiques souvent véhiculés.
Entre galères et moments de grâce
Le quotidien sur la route était un mélange constant de débrouille, de défis et de surprises extraordinaires. Amélie et Marion racontent avec humour les moments de galère, comme ces 1000 kilomètres passés sous la pluie à l’arrière d’un pick-up en Patagonie, ou cette agression à Buenos Aires. Mais elles insistent surtout sur les moments de grâce, comme ces dix jours passés sur un bateau de plongée au Belize, une opportunité née d’une simple demande d’hébergement en échange de langoustes. Leur voyage a été rythmé par l’entraide et le troc, une manière de créer du lien et de sortir de la relation client-prestataire. Au final, cette aventure de deux ans leur aura coûté 6000 euros chacune.
« On a découvert qu’on aime bien galérer, parce que de booker un hôtel et de booker un bus pour aller d’un point A à un point B, c’est pas drôle finalement. »
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Livre : « Jusqu’au bout de la terre » d’Amélie et Marion Lorrain
- Personnes : Amélie Lorrain, Marion Lorrain
- Lieux : Patagonie, Alaska, Ushuaïa, Australie, Buenos Aires (Argentine), Rio de Janeiro (Brésil), Pantanal (Brésil), Belize, Grand Canyon
- Média : Le Nouvel Observateur (Nouvel Obs)
- Événement : Festival Curieux Voyageurs à Saint-Étienne
Au fil de l’épisode
- La genèse du projet : un premier voyage entre sœurs en Australie.
- L’objectif : relier Ushuaïa à l’Alaska, soit 80 000 km, en deux ans et sans budget.
- Le choix de l’autostop pour voyager au plus près des gens.
- La philosophie du voyage : se laisser porter par les rencontres et l’improvisation.
- L’aventure de l’écriture : tenir un blog hebdomadaire pour le Nouvel Observateur.
- Comment l’écriture est devenue un moment essentiel de réflexion pendant le voyage.
- La naissance de leur livre, « Jusqu’au bout de la terre », un récit plus personnel que le blog.
- Leur volonté de partager une expérience positive du voyage au féminin.
- Une journée type sur la route, entre attente du pouce levé et imprévus.
- La diversité des rencontres et des moyens de transport.
- La liberté de ne pas avoir d’itinéraire et de se laisser dévier par les invitations.
- La seule contrainte : arriver en Alaska pendant l’été.
- L’agression à Buenos Aires, l’un des rares moments difficiles.
- L’idée abandonnée d’acheter un combi Volkswagen.
- Les avantages de voyager léger, avec un simple sac à dos.
- Un moment de grâce : dix jours sur un bateau à apprendre la plongée au Belize.
- Le troc et l’entraide comme mode de fonctionnement.
- Un moment de galère mémorable : 1000 km sous la pluie à l’arrière d’un pick-up.
- Le budget total de l’aventure : 6000 euros par personne pour deux ans.
- Comment retrouver leurs aventures sur leur page Facebook « Jusqu’au bout de la terre ».
FAQ
Qui sont Amélie et Marion Lorrain ?
Amélie et Marion Lorrain sont deux sœurs françaises, voyageuses et autrices. Elles sont connues pour leur grand périple en autostop de la Patagonie à l’Alaska, une aventure de 80 000 kilomètres qui a duré deux ans. Amélie est également photographe. Elles ont raconté leur expérience dans un livre intitulé « Jusqu’au bout de la terre », après avoir tenu un blog sur la plateforme du Nouvel Observateur pendant leur voyage.
Quel était le projet de voyage d’Amélie et Marion ?
Leur projet était de relier le point le plus au sud du continent américain, Ushuaïa, à son extrémité nord, l’Alaska. Elles ont décidé de réaliser ce trajet de 80 000 kilomètres entièrement en stop, avec un budget très limité. L’objectif était de voyager sur une longue durée, deux ans, en privilégiant les rencontres humaines et l’improvisation plutôt qu’un itinéraire planifié.
Comment ont-elles financé leur voyage de deux ans ?
Elles ont économisé pendant quatre ans avant de partir. Le voyage leur a coûté 6000 euros chacune pour une durée de deux ans. Ce budget très faible a été rendu possible par leur mode de vie sur la route : elles se déplaçaient exclusivement en stop, dormaient très souvent chez les habitants qui les invitaient ou dans leur tente, et privilégiaient l’entraide et le troc plutôt que les dépenses classiques d’hébergement et de transport.
Pourquoi ont-elles choisi de voyager en stop ?
Le choix de l’autostop s’est imposé comme le meilleur moyen de réaliser leur voyage avec un budget très serré. Mais au-delà de l’aspect économique, il est rapidement devenu une véritable philosophie. Le stop leur a permis de créer des liens authentiques et immédiats avec les populations locales, de partager leur quotidien et de vivre des expériences qu’elles n’auraient jamais connues en utilisant des transports classiques.
Ont-elles écrit un livre sur leur aventure ?
Oui, elles ont publié un livre intitulé « Jusqu’au bout de la terre ». L’écriture a commencé pendant leur voyage, sous la forme d’un blog hebdomadaire pour le site du Nouvel Observateur. Cette expérience leur a donné la matière et l’envie de transformer leurs chroniques en un récit de voyage plus personnel, partageant leur expérience positive et inspirante du voyage au féminin, fait de débrouille et de rencontres.
