De la vie de bureau à l’aventure
Né à Paris en 1976, Tanneguy Gaullier a grandi avec un goût prononcé pour le voyage, hérité de sa famille. Pourtant, il mène pendant dix ans une vie de documentaliste, jusqu’à ce qu’une certaine lassitude et l’influence de récits d’aventure, notamment ceux de Sylvain Tesson, le poussent à tout quitter. Son premier grand voyage se fait à vélo : un périple en solitaire jusqu’à Istanbul, traversant l’Europe en hiver. Cette expérience fondatrice lui révèle un immense sentiment de liberté et lui prouve que « les frontières sont surtout celles qu’on se met dans la tête ». Cette aventure de 4 000 kilomètres à travers les Carpates et les Balkans confirme son besoin de voyages plus longs et plus denses, et sème les graines de son projet suivant : l’Inde.
Ce premier périple lui donne l’envie de repartir pour six mois, avec cette fois l’idée d’en rapporter un livre.
Au cœur de l’Inde spirituelle
Attiré par la richesse culturelle et la sensualité de l’Inde, qu’il avait déjà visitée, Tanneguy Gaullier choisit de remonter le Gange à pied. Son objectif est double : vivre une aventure physique et humaine, mais aussi mener une véritable enquête de terrain pour comprendre l’hindouisme, une spiritualité souvent mal connue en Occident. Il s’interroge notamment sur la cohabitation entre le caractère sacré du fleuve et le développement industriel qui le menace. Son itinéraire est dicté par le calendrier spirituel : il doit être en janvier à la Kumbh Mela d’Allahabad. Il décide donc de marcher « à l’indienne », en remontant le fleuve depuis le delta jusqu’à la source, un cheminement symbolique vers l’origine. Ce pèlerinage le mène au plus près des rites, des sadhus et des millions de fidèles, comme lors du Grand Bain du 10 février 2013, où 30 millions de personnes se sont rassemblées sur les rives.
Au-delà des grands événements, son quotidien est fait de marche, d’écriture, et de rencontres extraordinaires, dormant régulièrement chez l’habitant, partageant le quotidien de familles indiennes malgré la fatigue des longues journées.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- « L’âme du Gange », le livre de Tanneguy Gaullier
- Les éditions Transboréales
- Sylvain Tesson, écrivain-voyageur
- La Kumbh Mela, pèlerinage hindou
- Les sadhus, moines errants de l’hindouisme
- Les Nagababas, ascètes shivaïtes
- Les villes de Calcutta, Bénarès, Allahabad et Haridwar
- Les textes sacrés : Vedas et Upanishads
- Les concepts de l’hindouisme : brahman, samsara, bhakti
- Les montagnes des Carpates et des Balkans
Au fil de l’épisode
- Le déclic : quitter un emploi de documentaliste pour partir à l’aventure.
- Le premier grand voyage à vélo jusqu’à Istanbul, une expérience de liberté et de dépassement de soi.
- Le choix de l’Inde et du Gange pour un périple de six mois, motivé par un intérêt pour la spiritualité hindoue.
- La décision de remonter le fleuve, à contre-courant, pour suivre le sens du pèlerinage hindou.
- La Kumbh Mela de 2013, le plus grand rassemblement religieux au monde, et ses 30 millions de pèlerins.
- La description des sadhus, des yogis et de leurs ascèses parfois extrêmes.
- La vie sur la route : l’hospitalité des Indiens, les nuits chez l’habitant et les difficultés rencontrées (maladie, agressions).
- La discipline de l’écriture quotidienne pour conserver une trace des noms, des lieux et des rencontres.
FAQ
Qui est Tanneguy Gaullier ?
Tanneguy Gaullier est un écrivain-voyageur français, né à Paris en 1976. Ancien documentaliste, il a quitté son emploi pour se consacrer à des aventures au long cours. Il est notamment connu pour son périple de 2 600 kilomètres à pied le long du Gange, en Inde, une expérience qu’il a racontée dans son livre « L’âme du Gange », publié aux éditions Transboréales.
Pourquoi a-t-il décidé de remonter le Gange à pied ?
Son voyage le long du Gange est né d’une double motivation. D’une part, le désir de vivre une aventure plus longue et plus dense après un premier voyage à vélo. D’autre part, une fascination pour la culture indienne et un intérêt profond pour l’hindouisme. Il souhaitait comprendre de l’intérieur la signification d’un fleuve sacré et observer comment cette spiritualité s’exprime au quotidien.
Qu’est-ce que la Kumbh Mela ?
La Kumbh Mela, qui signifie « fête de la cruche », est le plus grand pèlerinage de l’hindouisme et du monde. Selon un mythe, quatre gouttes du nectar d’immortalité sont tombées en quatre lieux de l’Inde. Lors de configurations astrologiques précises, les eaux du Gange se transformeraient en ce nectar, attirant des millions de pèlerins, de sadhus et de moines qui viennent s’y baigner pour se purifier.
Quelle est la différence entre un sadhu et un mendiant en Inde ?
Un sadhu est une personne qui a volontairement renoncé à la vie matérielle pour se consacrer à une quête spirituelle, dans l’espoir de se libérer du cycle des réincarnations. Il vit de ce qu’on lui donne et jouit d’un grand respect au sein de la société indienne. Ce statut social reconnu le distingue fondamentalement d’un mendiant, qui subit sa pauvreté sans qu’elle soit liée à un choix spirituel.
Comment s’est déroulé son voyage de 2 600 kilomètres ?
Le voyage a duré six mois, principalement à pied. Tanneguy Gaullier a marché le long des rives, traversant des zones naturelles mais aussi de grandes villes comme Calcutta ou Bénarès. Il a souvent été accueilli et hébergé par des familles indiennes. Si le périple a été marqué par une hospitalité extraordinaire, il a aussi connu des moments difficiles, comme la maladie, la fatigue et même quelques agressions.
