De l’Afrique à la Kumbh Mela
Benoît Feron raconte comment sa passion pour la photographie, née dans l’enfance, a pris une nouvelle dimension il y a une quinzaine d’années. Un premier voyage en Afrique, un safari dans le Serengeti, agit comme une révélation. La rencontre avec un guépard au coucher du soleil le marque profondément et ancre en lui un amour indéfectible pour ce continent. Il se lance alors dans une exploration de la vallée du Rift, parcourant l’Éthiopie, le Kenya et la Tanzanie pendant plus de dix ans à la rencontre d’une vingtaine de tribus. Fasciné par la diversité des coutumes, des bijoux et des modes de vie, il s’attache à documenter ce qui résiste encore à la mondialisation.
Cette quête de la diversité le mène aussi vers les plus grands rassemblements humains, comme la Kumbh Mela en Inde, une expérience qu’il décrit comme allant « au-delà des espérances », ou l’Africa Burn en Afrique du Sud.
Un regard artistique sur le corps
Loin du reportage ethnographique classique, Benoît Feron développe une approche résolument artistique. Il cherche à extraire ses sujets de leur contexte pour se concentrer sur la matière, la couleur, la peau et les regards. En utilisant souvent des fonds noirs, il isole les détails — scarifications, peintures corporelles, bijoux — pour révéler la créativité et l’expression artistique des personnes qu’il photographie. Selon lui, son passé d’avocat influence sans doute la construction et la rigueur de ses cadrages. « C’est vraiment centré sur la matière, sur la couleur, sur la peau, et sur l’expression et sur les regards aussi », explique-t-il.
Cette démarche se prolonge dans un autre projet personnel, où il photographie les éléments de la planète de manière abstraite, toujours à la recherche de la beauté dans les formes et les textures.
Benoît Feron nous recommande…
- « Eben » — Ryszard Kapuściński, un livre qu’il qualifie de magnifique sur l’Afrique.
- « Mes voyages avec Hérodote » — Ryszard Kapuściński, un ouvrage dont il cite un passage qui résume sa propre démarche de voyageur.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Ryszard Kapuściński, Hérodote, Steve McCurry, Nelson Mandela.
- Lieux et événements : la Kumbh Mela (Inde), l’Africa Burn, le Burning Man (Nevada), le Serengeti (Tanzanie), la vallée du Rift (Éthiopie, Kenya, Tanzanie), la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le lac Turkana (Kenya), Bruxelles.
- Peuples : Nagasadhus, Massaïs, Turkana, Rendilés, Sambourou, Pocot, Papous.
- Œuvres citées : Eben et Mes voyages avec Hérodote de Ryszard Kapuściński.
Au fil de l’épisode
- La découverte de la Kumbh Mela, le plus grand rassemblement humain au monde.
- L’Africa Burn, la version africaine du Burning Man dans le désert.
- Ses débuts en photographie et la révélation d’un premier safari en Afrique.
- L’exploration de la vallée du Rift et la rencontre avec les peuples Massaï.
- Sa démarche artistique : isoler les corps et les détails sur fond noir pour en révéler la beauté.
- Son ancienne carrière d’avocat et le lien avec la structure de ses photos.
- L’importance des voyages au long cours, comme son congé sabbatique de plusieurs mois.
- La question du droit à l’image et la solution qu’il a trouvée pour ses modèles.
- L’histoire de sa photo préférée, « When Mozambique meets South Africa », prise à l’Africa Burn.
- Une citation de Ryszard Kapuściński sur la curiosité et l’étonnement comme moteurs du voyage.
FAQ
Qui est Benoît Feron ?
Benoît Feron est un photographe et voyageur belge. Ancien avocat, il se consacre depuis une quinzaine d’années à la photographie, avec une passion particulière pour l’Afrique et la diversité des peuples. Il est connu pour son travail sur les ethnies de la vallée du Rift et sa participation à de grands rassemblements humains comme la Kumbh Mela ou l’Africa Burn. Sa démarche est artistique, se concentrant sur les portraits, les corps et les regards.
Qu’est-ce que la Kumbh Mela ?
La Kumbh Mela est le plus grand pèlerinage hindou et le plus grand rassemblement humain au monde. Se déroulant sur 49 jours en Inde, il attire plus de 100 millions de pèlerins. C’est un événement majeur pour la spiritualité hindoue et l’une des rares occasions d’apercevoir les nagasadhus, des ascètes qui vivent nus et retirés dans les montagnes de l’Himalaya le reste du temps.
Quelle est l’approche photographique de Benoît Feron ?
Benoît Feron adopte une approche artistique plutôt qu’ethnographique. Il cherche à mettre en valeur la créativité et la beauté des personnes qu’il photographie en les isolant de leur environnement, souvent à l’aide d’un fond noir. Il se concentre sur les détails comme les scarifications, les peintures corporelles, les bijoux et surtout les regards, pour créer des portraits puissants qui soulignent l’expression artistique de ses sujets.
Pourquoi la vallée du Rift est-elle importante dans son travail ?
La vallée du Rift est une région clé pour Benoît Feron. C’est là qu’il a développé sa passion pour la rencontre des peuples. Pendant plus de dix ans, il a réalisé de nombreux voyages en Éthiopie, au Kenya et en Tanzanie pour documenter la vie et les coutumes d’une vingtaine de tribus, comme les Massaïs, les Turkana ou les Sambourou. Il est fasciné par la diversité qui y subsiste encore.
