De l’herboristerie au champ
Anais, 27 ans, est productrice de plantes aromatiques et médicinales, une vocation née de sa fascination pour les odeurs et les huiles essentielles à l’adolescence. Après une formation d’herboriste, une rencontre décisive avec Gérard, un producteur passionné près de Quimper, la convainc qu’il est possible de se lancer, même seule. Elle raconte son parcours d’installation, un chemin administratif long et complexe qui dure depuis trois ans. La plus grande difficulté, explique-t-elle, est de trouver de la terre. Malgré ces obstacles, elle a pu démarrer son activité avec un investissement initial très modeste. « J’ai investi 3 000 euros la première année », confie-t-elle, réinvestissant ensuite tous ses gains dans du matériel.
Aujourd’hui, si elle n’atteint pas encore le SMIC, les résultats sont encourageants et elle espère y parvenir d’ici un an ou deux, sans pour autant chercher à développer son activité au-delà.
La richesse de la simplicité
Le projet d’Anais est indissociable d’un choix de vie : la simplicité volontaire. « J’étais habituée à vivre avec pas grand-chose, donc je suis heureuse de pas grand-chose aussi », explique-t-elle. Elle n’a ni tablette, ni écran plat, ni voiture récente, considérant ces dépenses inutiles. Pour elle, vivre à la campagne facilite ce mode de vie, car on y est moins sollicité par les incitations constantes à la consommation qu’en ville. Cette sobriété se traduit aussi dans son modèle économique. Elle vend ses tisanes sur internet et dans des boutiques locales, mais pratique aussi beaucoup le troc avec d’autres producteurs : ses plantes contre du pain, des légumes ou de la confiture.
Ce rapport décomplexé à l’argent lui permet de se concentrer sur l’essentiel : son bien-être et la qualité de son travail.
Cultiver la diversité et l’entraide
Loin de la monoculture, Anais cultive une cinquantaine de plantes différentes, du basilic à la mauve en passant par la verveine citronnée, et complète sa production par de la cueillette sauvage. Ce choix est avant tout celui du plaisir et de la variété. « Je m’emmerderais, je pense, vraiment », dit-elle à propos de la monoculture. Cette diversité lui permet de changer d’activité au cours de la journée et de ne jamais s’ennuyer. Gérer seule la production, le séchage, l’administratif et les commandes est un défi, mais elle bénéficie d’un solide réseau de soutien. Son père, sa mère et son frère viennent régulièrement l’aider, tout comme son voisin et Christophe, un ami maraîcher.
Elle souligne la force de cette entraide locale, où les producteurs mutualisent le matériel et se soutiennent mutuellement, un esprit de coopération qu’elle juge précieux.
Un chemin personnel
Le choix de se lancer dans un projet si atypique a d’abord inquiété sa famille, qui l’aurait peut-être préférée dans un parcours plus classique. « Je pense qu’au début, ça les a un peu inquiétés », admet-elle. Cependant, en la voyant heureuse et épanouie dans son travail, et surtout après le succès de la vidéo qui a fait connaître son projet, ses proches sont aujourd’hui fiers de son parcours. Selon elle, plusieurs qualités lui permettent de tenir bon : une bonne organisation, une nature rapide et surtout une grande méticulosité. « Quand je fais quelque chose, il faut que je le fasse bien, sinon je ne vois pas l’intérêt. »
Pour Anais, la réussite n’est pas une question de revenus, mais la capacité à construire un projet qui lui ressemble, en équilibrant son travail passionnant avec du temps pour elle.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Gérard (producteur de plantes), Christophe (ami maraîcher).
- Lieux : Bretagne, Quimper, Hérault.
- Plantes citées : basilic, citronnelle, menthe, mélisse, verveine citronnée, marjolaine, matricaire, camomille, mauve, souci, coquelicot, bleuet, eschscholzia, aubépine, sureau, reine des prés, frêne, prêle, ortie, cassis, lavande, romarin, guimauve, hysope, sarriette, thym, estragon, framboisier.
- Concepts : simplicité volontaire, sobriété heureuse.
Au fil de l’épisode
- Le succès d’une vidéo sur internet, atteignant plus de 700 000 vues.
- Présentation d’Anais, 27 ans, productrice de plantes aromatiques et médicinales.
- Son intérêt pour les plantes né à l’adolescence via les huiles essentielles et une formation d’herboriste.
- La rencontre déterminante avec Gérard, un producteur près de Quimper, qui l’encourage à se lancer.
- Les difficultés de l’installation agricole : la recherche de terres et la lourdeur administrative.
- Le démarrage de son activité avec un capital de seulement 3 000 euros.
- Son objectif économique : atteindre le SMIC pour vivre de son travail, sans chercher à s’agrandir.
- La charge de travail et la difficulté de tout gérer seule, de la culture à la vente.
- Sa philosophie de la « simplicité volontaire » et son bonheur de vivre avec peu.
- Les objets qu’elle ne possède pas (tablette, écran plat, belle voiture) et pourquoi.
- La différence de rythme et de tentations entre la vie à la campagne et en ville.
- Le sentiment d’être à sa place dans son champ, malgré la fatigue de mi-saison.
- L’aide précieuse de sa famille (père, mère, frère) et de ses amis, comme le maraîcher Christophe.
- L’importance du réseau d’entraide entre les producteurs locaux.
- Son modèle de vente : principalement sur internet et dans des boutiques locales.
- La pratique régulière du troc pour obtenir des légumes, du pain ou d’autres services.
- La culture d’une cinquantaine de plantes différentes pour éviter la monotonie de la monoculture.
- Le plaisir de la diversité des tâches au quotidien.
- Les réactions de son entourage à son projet professionnel.
- L’inquiétude initiale de sa famille, aujourd’hui transformée en fierté.
- Les qualités qui l’aident à réussir : l’organisation, la rapidité et la méticulosité.
FAQ
Qui est Anais ?
Anais est une jeune agricultrice de 27 ans, productrice de plantes aromatiques et médicinales en Bretagne. Anciennement formée à l’herboristerie, elle s’est lancée seule dans la culture et la vente de tisanes. Elle est également une adepte de la « simplicité volontaire », un mode de vie qui privilégie le bien-être et le sens aux possessions matérielles, et qu’elle incarne dans son quotidien à la campagne.
Comment Anais a-t-elle démarré son activité de productrice de plantes ?
Après une formation d’herboriste, Anais a été inspirée par un producteur qui lui a montré que le projet était réalisable. Elle a démarré son activité avec un très faible capital de 3 000 euros, qu’elle a utilisé pour acheter une serre et un séchoir. Elle a ensuite réinvesti tous ses premiers gains pour acquérir le reste du matériel, prouvant qu’il est possible de se lancer avec peu de moyens.
Qu’est-ce que la simplicité volontaire pour Anais ?
Pour Anais, la simplicité volontaire est un choix de vie consistant à se contenter de peu et à ne pas chercher le bonheur dans la consommation. Elle n’a ni tablette, ni écran plat, ni voiture moderne, car elle n’en voit pas l’utilité. Ce mode de vie, plus facile à adopter à la campagne selon elle, lui permet de ne pas être dépendante de l’argent et de se concentrer sur son travail et son bien-être.
Comment Anais commercialise-t-elle ses tisanes ?
Anais vend ses produits principalement via son site internet et dans des boutiques locales autour de chez elle. Elle participe très peu aux marchés, par manque de temps. Une part importante de son modèle économique repose également sur le troc : elle échange ses tisanes contre des légumes, du pain, ou même des services comme un massage, favorisant ainsi une économie locale et solidaire.
Pourquoi Anais cultive-t-elle une cinquantaine de plantes différentes ?
Anais refuse le modèle de la monoculture, qu’elle juge ennuyeux et déconnecté du plaisir de travailler la terre. Cultiver une cinquantaine de plantes lui permet de diversifier ses activités quotidiennes : quand elle se lasse d’une tâche, elle peut passer à une autre. Cette diversité est au cœur de sa passion pour son métier, lui garantissant de ne jamais s’ennuyer et de rester connectée à ses plantes.
