Du scoutisme au voyage tardif
Bernard raconte une enfance marquée par le scoutisme et les voyages en train permis par le métier de son père, aiguilleur à la SNCF. Ces premières escapades avec son frère, entre la Méditerranée et l’Atlantique le temps d’un week-end, lui donnent un premier goût du mouvement. Pourtant, sa vie d’adulte le mène sur d’autres chemins : électromécanicien, vie communautaire, études de théologie, puis aumônier de lycée pendant treize ans. Il se tourne ensuite vers le spectacle et devient clown, une carrière qui durera trente ans. Le grand départ se fait attendre. C’est à 46 ans, grâce à une amie qui l’entraîne en voiture jusqu’en Grèce, qu’il a une révélation : au-delà des langues et des frontières, les vies humaines se ressemblent. « Les gens d’un pays ou d’un autre, ils avaient leur vie, ils mangeaient, ils buvaient, ils dormaient, ils se rencontraient. »
Cette prise de conscience marque le véritable début de sa vie de voyageur, le poussant à accompagner son frère en Égypte puis à se lancer dans des aventures plus audacieuses.
L’éloge de l’imprévu
Pour Bernard, le voyage est une école du lâcher-prise. Ses expériences les plus marquantes naissent de l’imprévu, loin des itinéraires planifiés. Il évoque deux convois humanitaires en Afrique qui ont été déterminants. Entouré d’aventuriers « désorganisés » mais pleins de confiance, il découvre la possibilité de voyager seul et de se fier à l’instant. Il apprend à ne réserver que sa première nuit d’hôtel et à se laisser guider par les rencontres. Cette philosophie s’oppose à son premier grand voyage en Chine, où il avait réservé tous ses hôtels à l’avance, se sentant complètement bloqué. Selon lui, voyager seul est le meilleur moyen de s’ouvrir aux autres. « Quand on est seul on n’a pas le choix et du coup c’est beaucoup plus facile. »
Il observe que dans de nombreuses cultures, en Afrique comme en Asie, laisser un voyageur seul est inconcevable, ce qui ouvre naturellement les portes et les cœurs.
La générosité comme boussole
Les récits de Bernard sont ponctués d’histoires de confiance et de générosité. Il raconte une anecdote surprenante où, en France, il aide un homme qui prétend être russe et à court d’essence. Persuadé de s’être fait arnaquer de 300 euros, il découvre plus tard que les roubles biélorusses qu’on lui a donnés en échange valent bien plus, faisant de son interlocuteur le plus généreux des deux. Mais l’histoire la plus touchante est celle de son voyage de six semaines à moto dans le Rajasthan, en Inde. Régulièrement arrêté par des habitants qui lui offrent le café, il ne comprendra qu’à son retour la portée de ce geste. « Ils n’achètent le café que si un jour ils ont l’occasion d’inviter un étranger », lui explique son hôte à New Delhi. Il réalise alors que le café granuleux et non soluble qu’on lui servait avait peut-être attendu des décennies pour être offert.
Ces expériences renforcent sa conviction que la plus grande richesse se trouve dans le partage, souvent chez ceux qui possèdent le moins.
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook de Gaia Images
- Le site officiel de Gaia Images
- L’association Regard’Ailleurs
Les références de l’épisode
- Personnes : Saint-François
- Lieux : Provence, Nice, Irun, Amsterdam, Londres, Grèce, Égypte, Afrique, Mali, pays des Dogons, Chine, Maroc, Ouagadougou, Inde, Rajasthan, New Delhi, Bucarest (Roumanie), Russie, Biélorussie
- Organisations : SNCF, Airbnb
- Marques : Royal Enfield, Nescafé
- Événements : Festival de Chalon
- Concepts : Scoutisme, études de théologie, école de cirque
Au fil de l’épisode
- Les débuts du voyage pour Bernard : le scoutisme et les trajets en train grâce à son père cheminot.
- Un parcours de vie varié avant le voyage : électromécanicien, vie communautaire, aumônier de lycée.
- Le déclic à 46 ans lors d’un voyage en Grèce : la découverte de l’universalité humaine.
- L’importance de dépasser ses peurs pour s’ouvrir au monde et aux autres.
- Communiquer au-delà des mots : le langage du corps et la puissance du regard.
- Les premiers voyages en Afrique lors de convois humanitaires, une expérience fondatrice.
- L’apprentissage du voyage sans planification, en contraste avec une expérience rigide en Chine.
- La différence entre les vacances et l’aventure, liée à la durée et à l’ouverture à l’imprévu.
- Pourquoi voyager seul facilite les rencontres et pousse à dépasser ses limites.
- L’hospitalité comme valeur universelle, particulièrement forte en Asie et en Afrique.
- L’expérience d’une école de cirque à Bucarest avec des enfants des rues.
- L’anecdote de l’automobiliste aux roubles biélorusses, une leçon sur la confiance.
- L’histoire du café non soluble au Rajasthan, symbole de l’incroyable générosité des plus démunis.
- Comment son métier de clown l’aide à créer du lien et à être dans une quête permanente d’étonnement.
FAQ
Qui est Bernard, l’invité de cet épisode ?
Bernard est un voyageur et conteur d’histoires. Avant de parcourir le monde, il a eu plusieurs vies : électromécanicien, membre d’une communauté, aumônier en lycée professionnel, et surtout clown pendant une trentaine d’années. Il a commencé à voyager sur le tard, à l’âge de 46 ans, et s’est depuis passionné pour les rencontres humaines que ses périples lui offrent, notamment en Afrique et en Inde.
Pourquoi Bernard a-t-il commencé à voyager si tard ?
Bernard a commencé à voyager à 46 ans, probablement retenu par ses peurs et une vie professionnelle et familiale prenante. Le déclic s’est produit lors d’un voyage en voiture jusqu’en Grèce avec une amie. Cette expérience lui a fait réaliser que les différences culturelles étaient superficielles et que les gens partageaient la même humanité partout, ce qui l’a encouragé à se mettre en mouvement.
Quelle est la philosophie de voyage de Bernard ?
Sa philosophie repose sur le lâcher-prise et l’ouverture à l’imprévu. Il privilégie le fait de voyager seul, car cela facilite les rencontres authentiques. Il évite de tout planifier à l’avance, se contentant souvent de réserver sa première nuit pour ensuite se laisser guider par les opportunités. Pour lui, le véritable voyage est une aventure où la confiance en l’autre est essentielle pour vivre des expériences marquantes.
Comment son métier de clown a-t-il influencé ses voyages ?
Son expérience de clown est un outil précieux en voyage. Le clown est un personnage qui ose, qui se questionne sur son identité et qui cherche à se surprendre lui-même et à étonner les autres. Cette quête d’étonnement et cette capacité à créer un lien direct et non verbal avec les gens sont des qualités qu’il applique dans ses voyages pour faciliter les contacts et vivre des rencontres authentiques.
Quelle anecdote illustre le mieux sa vision de la rencontre ?
Lors d’un voyage à moto de six semaines au Rajasthan, en Inde, Bernard était constamment invité par des habitants à boire un café. Il a découvert plus tard que ses hôtes, qui ne buvaient jamais de café eux-mêmes, conservaient précieusement une boîte de Nescafé soluble dans l’unique but de pouvoir un jour l’offrir à un étranger de passage. Cette histoire illustre sa conviction que la générosité la plus pure vient souvent de ceux qui possèdent le moins.
