Une quête de sens
Originaire de Haute-Savoie, Marion Bazin a longtemps mené une vie qu’elle qualifie de classique, installée à Paris où elle travaille comme chef de projet dans le secteur de l’Internet. Pourtant, cette carrière ne la satisfait plus. Elle se sent en décalage avec un quotidien qu’elle juge superficiel, marqué par l’individualisme et un manque de rapports humains sincères. Après plusieurs tentatives de reconversion, notamment comme hôtesse de l’air ou en réflexologie plantaire, elle décide de partir seule pour la première fois. Ce voyage de deux mois au Laos, en 2006, est une véritable révélation qui change sa vie et ancre en elle le désir de repartir.
De retour en France, le contraste est brutal. « J’avais besoin d’un retour à quelque chose de plus humain, de plus direct », confie-t-elle. Le voyage lui offre la distance nécessaire pour regarder sa vie sous un autre angle et confirmer son besoin de trouver une existence avec plus de sens.
Le coup de foudre indonésien
Dès l’année suivante, en 2007, Marion Bazin découvre l’Indonésie lors d’un voyage à Sumatra. C’est un coup de cœur immédiat et intense, qu’elle décrit comme « le Laos puissance 10 ». Elle est marquée par la gentillesse des habitants, leurs sourires, et la beauté spectaculaire d’une nature variée, entre volcans, jungle et fonds marins. L’idée de s’installer un jour en Asie du Sud-Est commence à germer sérieusement. Chaque année, elle repart un ou deux mois pour se ressourcer, avant de revenir à ce qu’elle nomme la « morosité ambiante ».
C’est lors de son quatrième ou cinquième voyage qu’elle pose le pied sur les îles Togian, un archipel reculé au cœur de Sulawesi. L’expérience humaine y est si forte qu’elle décide de rompre une promesse qu’elle s’était faite : ne jamais retourner deux fois au même endroit. « Je ne peux pas ne pas revenir », se dit-elle en partant.
Un projet pour les Togian
Six mois plus tard, elle est de retour. Seule cliente avec son compagnon de l’époque dans un petit hôtel, elle tisse des liens privilégiés avec les habitants. Quelques jours avant son départ, le manager de l’hôtel, un homme respecté du nom de Saiful, lui fait part de ses inquiétudes concernant la pollution plastique et le chômage sur les îles. C’est le déclic. Ensemble, ils imaginent une solution : créer une association pour mener des actions écologiques qui pourraient, en même temps, lutter contre le chômage. L’initiative venant d’un local, le projet est immédiatement légitime et bien accueilli.
Parallèlement à son engagement bénévole, Marion Bazin développe son propre projet : la construction d’un petit complexe hôtelier écologique. Son ambition est de créer un lieu avec un impact minimal sur la nature, en utilisant principalement le bambou et des matériaux recyclés. Le projet a aussi une dimension sociale forte, puisqu’il vise à former les communautés locales aux techniques de construction en bambou, afin de développer une nouvelle économie respectueuse de l’environnement.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Lieux : les îles Togian, Sulawesi, Empana, Sumatra, Bali, Lombok (Indonésie) ; le Laos ; Paris, la Haute-Savoie (France).
- Personnes et peuples : Saiful, les Bajos (nomades de la mer).
- Organismes et concepts : l’association Everto, le triangle de corail, l’étoile de mer couronne d’épines.
- Matériaux : le bambou, le bois flotté.
Au fil de l’épisode
- Le cadre de l’interview : sur la terrasse d’un bungalow à Empana, sur l’île de Sulawesi.
- Le parcours de Marion Bazin avant son expatriation : originaire de Haute-Savoie, dix ans à Paris dans le secteur de l’Internet, puis hôtesse de l’air et formation en réflexologie.
- Sa définition du voyage : la découverte, la rencontre avec d’autres cultures et d’autres repères.
- Son premier grand voyage initiatique et en solitaire au Laos, en 2006.
- Le retour difficile en France et la naissance du projet de vivre en Asie du Sud-Est.
- Le coup de cœur pour l’Indonésie en 2007, découvert via l’île de Sumatra.
- Les raisons de son départ : une quête de sens et de rapports humains plus authentiques.
- La découverte des îles Togian, un archipel isolé où le temps semble s’être arrêté.
- La promesse rompue de ne jamais retourner deux fois au même endroit, tant l’expérience humaine fut forte.
- Description des îles Togian : un paradis sauvage au cœur du triangle de corail, où la vie est simple et déconnectée.
- Les habitants de l’archipel, un mélange de plusieurs ethnies dont les fameux Bajos, les « gitans de la mer ».
- La rencontre avec Saiful, un manager d’hôtel local préoccupé par l’environnement.
- La naissance d’une association pour lutter contre la pollution plastique et le chômage.
- Les premières actions : des opérations de nettoyage des plages et des villages.
- La perception locale des déchets, parfois vus comme des touches de couleur.
- Le projet personnel de Marion : construire un éco-cottage en bambou.
- L’ambition de son projet : minimiser l’impact environnemental et impliquer les communautés locales en les formant à la construction en bambou.
- Les défis à relever pour mener à bien un tel projet dans une région aussi isolée.
FAQ
Qui est Marion Bazin ?
Marion Bazin est une expatriée française installée sur les îles Togian, en Indonésie. Après une carrière de chef de projet dans l’Internet à Paris, elle a décidé de changer radicalement de vie, en quête de plus de sens et d’authenticité. Elle a co-fondé une association de protection de l’environnement pour lutter contre la pollution plastique et développe en parallèle un projet d’éco-tourisme basé sur l’utilisation du bambou et l’implication des communautés locales.
Où se trouvent les îles Togian ?
Les îles Togian sont un archipel indonésien situé sur l’île de Sulawesi, au cœur de ce que l’on appelle le « triangle de corail ». C’est une région très sauvage et isolée, principalement recouverte de jungle. La vie y est simple et authentique, avec un accès très limité à l’électricité, au téléphone et à Internet, ce qui en fait une destination idéale pour une déconnexion totale.
Pourquoi Marion Bazin a-t-elle quitté la France ?
Marion Bazin a quitté la France car elle ne se reconnaissait plus dans un mode de vie parisien qu’elle jugeait superficiel, individualiste et manquant de sens. Ses voyages, notamment en Asie du Sud-Est, lui ont révélé qu’une autre façon de vivre était possible, basée sur des rapports humains plus directs et une connexion plus forte à la nature. Elle cherchait à construire une réalité qui lui corresponde davantage.
Quel est le projet de Marion Bazin aux îles Togian ?
Marion Bazin mène un double projet. D’une part, elle est engagée bénévolement dans une association qu’elle a co-créée avec un habitant local pour lutter contre la pollution plastique et le chômage. D’autre part, elle construit son propre éco-cottage, un petit complexe hôtelier conçu pour avoir un impact minimal sur l’environnement, en utilisant des matériaux locaux et durables comme le bambou et en formant les habitants à ces techniques de construction.
Qui sont les Bajos mentionnés dans l’épisode ?
Les Bajos, surnommés les « gitans de la mer », sont un peuple nomade qui vit traditionnellement sur des bateaux en mer. Ils vivent de la pêche et ont une culture très forte, avec des croyances animistes. Le gouvernement indonésien les a en grande partie forcés à se sédentariser, et on les retrouve aujourd’hui dans des villages sur pilotis, même si quelques communautés continuent de vivre de manière nomade.
