Le grand départ
Il y a quelques années, Nicolas Jehly menait une vie qu’il qualifie de « basique » à Paris, avec un bon poste et un appartement. Pourtant, une double rupture, à la fois sentimentale et professionnelle, le pousse à tout remettre en question. Après une séparation et le constat qu’il ne pouvait plus évoluer dans son entreprise, il décide de changer radicalement de vie. Animé par une passion grandissante pour la photographie et une soif de découverte, il démissionne, vend sa voiture et s’envole pour un tour du monde d’un an en solitaire.
Loin d’être effrayé par l’inconnu, il se sentait surtout « beaucoup plus excité que ça commence ». Cette aventure, préparée en quelques mois seulement, débute en Tanzanie par l’ascension du Kilimandjaro avec des amis, une sorte de « sas de décompression » avant de se lancer seul sur les routes du monde.
La liberté sur les routes du monde
De l’Afrique à l’Asie en passant par l’Amérique du Sud, Nicolas Jehly traverse une vingtaine de pays. Son itinéraire se construit au fil des rencontres et des envies, sans plan préétabli. Il évoque notamment la Namibie, où il a éprouvé un sentiment de liberté totale, seul au volant de son 4×4 au milieu du désert. Contrairement à une idée reçue, il explique n’avoir que très rarement ressenti la solitude. « En réalité, j’ai fait tellement de rencontres que je ne peux pas dire que j’étais seul », confie-t-il. Le voyage en solitaire devient alors un puissant outil de découverte de soi et des autres.
Ce périple est aussi l’occasion de réfléchir au sens du partage. S’il a vécu des moments d’émerveillement intense, comme un lever de soleil face à l’Everest, il admet qu’il aurait parfois aimé les partager avec un proche. C’est là que la photographie prend tout son sens : elle lui permet de transmettre ses émotions et de faire voyager sa communauté, qui le suit comme une « série Netflix ».
Construire une nouvelle vie
Ce tour du monde n’était pas seulement une quête personnelle, mais aussi un projet professionnel. Nicolas Jehly avait pour objectif de développer ses compétences de photographe pour en faire son métier. En partageant son travail sur les réseaux sociaux, il a pu se créer une vitrine et attirer l’attention de clients potentiels comme des offices de tourisme ou des hôtels. Il précise cependant ne pas se considérer comme un influenceur : son modèle économique repose sur la vente de ses images et de son expertise, pas sur la promotion de produits. Il explique qu’il est aujourd’hui très difficile de vivre uniquement de cette activité sans une communauté immense.
De retour en Alsace, sa région d’origine, il a appris à vivre dans l’instant présent, sans plan à long terme, et à moins s’attacher aux biens matériels. Aujourd’hui, il met également sa photographie au service de causes qui lui sont chères, comme la protection de la Viosa, dernier grand fleuve sauvage d’Europe, en Albanie.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Alexandre Supertramp
- Lieux : Paris, Tanzanie, Kilimandjaro, Zanzibar, Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Népal, Everest, Japon, Albanie, Grèce, mer Adriatique, Alaska, Russie
- Œuvres : le film « Into the Wild »
- Organisations et plateformes : Instagram, Facebook, TikTok, Netflix, Euronature, Ecoalbania, Erasmus
- Cours d’eau : la rivière Viosa
Au fil de l’épisode
- La décision de tout quitter à Paris après une rupture sentimentale et un plafond de verre professionnel.
- L’organisation d’un tour du monde d’un an en solitaire, avec pour point de départ l’ascension du Kilimandjaro.
- Le financement du voyage, entre économies personnelles et premières missions en tant que photographe professionnel.
- L’expérience du voyage en solo en Afrique, entre sentiment de liberté absolue et rencontres permanentes.
- Le rôle de la photographie pour partager son aventure et gérer les moments de solitude.
- La construction d’une nouvelle carrière de photographe grâce à la visibilité acquise pendant le voyage.
- Les grandes leçons du retour : une meilleure compréhension du monde, l’importance de la liberté et l’apprentissage du moment présent.
- Son engagement récent pour des causes environnementales, comme la sauvegarde de la rivière Viosa en Albanie.
FAQ
Qui est Nicolas Jehly ?
Nicolas Jehly est un photographe voyageur originaire d’Alsace. Après plusieurs années à Paris, il a décidé de changer de vie en quittant son travail pour réaliser un tour du monde d’un an en solitaire. Cette expérience a été le tremplin pour lancer sa carrière de photographe professionnel, alliant sa passion pour l’image et la découverte du monde.
Pourquoi Nicolas Jehly a-t-il décidé de faire un tour du monde ?
Sa décision a été motivée par un double déclic. Sur le plan personnel, une séparation amoureuse l’a amené à se remettre en question. Sur le plan professionnel, il sentait avoir atteint un plafond de verre dans son entreprise. Ces deux événements, combinés à sa passion naissante pour la photographie, l’ont convaincu que c’était le bon moment pour partir à l’aventure.
Comment a-t-il financé son voyage d’un an ?
Nicolas Jehly a financé son tour du monde grâce à deux sources principales. D’une part, il a utilisé ses économies personnelles, mises de côté au fil des années. D’autre part, il a commencé à professionnaliser sa pratique de la photographie pendant son voyage, en réalisant des missions pour des acteurs du tourisme comme des hôtels ou des offices de tourisme, ce qui lui a permis de générer des revenus en cours de route.
Quelle est la plus grande leçon que Nicolas Jehly a tirée de son voyage ?
Le voyage lui a appris que l’être humain est fondamentalement bon partout dans le monde, ce qui a effacé sa peur de l’étranger. Il a aussi développé une nouvelle philosophie de vie, basée sur la liberté, le détachement matériel et la capacité à vivre dans l’instant présent, sans forcément faire de plans à long terme. Il se sent aujourd’hui capable de tout recommencer ailleurs si une opportunité se présente.
