Premiers pas en solo
C’est à 18 ans, après quelques mois d’études en hôtellerie-restauration qui ne lui conviennent pas, qu’Ève décide de prendre une année sabbatique. Un projet qui relevait plus du rêve que de la réalité pour la jeune femme extrêmement timide qu’elle était alors. Sans économies et avec un anglais hésitant, elle se lance pourtant dans l’aventure du « woofing », un programme de bénévolat dans des fermes biologiques. Sa première destination est la Suède, un choix spontané qui lui permet de rester relativement proche de la France tout en s’immergeant dans une culture nouvelle, jusqu’en Laponie. Cette expérience de quatre mois est fondatrice : sans smartphone ni application de traduction, elle est contrainte de s’ouvrir aux autres et d’apprendre la langue sur le tas.
« C’est assez intéressant comme expérience de ne pas pouvoir s’exprimer autant que tu le veux. »
L’appel de l’Océanie
Après un été de travail en Alsace pour renflouer ses caisses, Ève repart, cette fois pour un voyage de près de deux ans. Son projet initial de tour du monde en woofing est modifié sur les conseils de sa famille : direction l’Australie, avec un visa vacances-travail. Ce voyage marque une nouvelle étape. Après une escale mémorable à Hong Kong, où le choc culturel est intense, elle passe neuf mois en Australie. Elle y alterne les déplacements et une période plus sédentaire de six mois où elle mène une vie « pseudo-normale » avec un travail de serveuse, un compagnon et une colocation. Elle découvre un pays où le contact est facile, mais aussi les défis de trouver un emploi et de s’adapter à un nouvel accent.
Ce long séjour en Océanie, complété par une visite en Nouvelle-Zélande et des incursions en Asie du Sud-Est, a été pour elle une sorte de préparation à son plus grand rêve de voyage : l’Inde.
L’Inde, un rêve et une épreuve
L’Inde est une fascination pour Ève depuis ses 11 ans, nourrie par des films, des documentaires et des récits qui lui ont forgé une image idéalisée du pays. Pourtant, à son arrivée, le coup de foudre n’est pas immédiat. Elle est confrontée à la réalité d’un pays chaotique, où la beauté la plus pure côtoie la misère la plus crue. Le voyage se complique lorsqu’elle se fait voler toutes ses affaires importantes – passeport, carte bancaire, appareil photo – puis tombe malade. Sur le point d’abandonner, elle trouve finalement refuge dans les montagnes de Dharamsala. Le calme de la région lui permet de se poser, d’intégrer les épreuves passées et de commencer à respirer.
Ce premier séjour de neuf mois sera suivi de six années d’allers-retours entre la France, l’Inde et le Népal. L’Inde devient son « grand amour », un pays dont la richesse culturelle, spirituelle et humaine la nourrit profondément et l’appelle à revenir sans cesse.
Le voyage intérieur
Chaque retour en France est une épreuve. Ève se sent en décalage avec un environnement qui lui semble figé, alors qu’elle a vécu des transformations intenses. Pendant des années, sa vie en Alsace n’est qu’une pause pour économiser et repartir. Un déclic s’opère lorsqu’elle réalise que « l’herbe est verte là où on l’arrose ». Elle commence alors à porter sur son quotidien le même regard curieux et ouvert que celui qu’elle a en voyage. La pandémie de Covid-19 en 2020 la contraint à rester en France plus longtemps que prévu, accélérant ce voyage intérieur. Cette période d’ancrage forcé lui permet de développer son activité professionnelle, en lien direct avec ce que ses voyages lui ont appris.
Aujourd’hui, Ève enseigne le yoga, pratique le massage et anime des voyages sonores. Son travail est devenu son nouvel ancrage, même si elle se considère toujours comme une semi-nomade, prête à repartir si l’envie se fait sentir.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Dalaï-lama
- Lieux : Suède, Laponie, Strasbourg, Alsace, Australie, Nouvelle-Zélande, Asie du Sud-Est, Hong Kong, Indonésie, Inde, Népal, Grèce, Dharamsala, Macléogange, Darjeeling, Rajasthan, Égypte, Israël, Dubaï, Thaïlande
- Concepts et organisations : Woofing, Visa vacances-travail, Western Union, méditation Vipassana, massage ayurvédique, yoga, hindouisme, bouddhisme
Au fil de l’épisode
- Le début du voyage : la décision de prendre une année sabbatique à 18 ans.
- La première expérience en solo en Suède, via le woofing.
- L’apprentissage de l’anglais sur le tas, sans les outils technologiques actuels.
- Comment le voyage l’a aidée à surmonter sa grande timidité.
- Le départ pour un périple de deux ans en Océanie et en Asie.
- Le choc culturel de son escale à Hong Kong.
- L’expérience du visa vacances-travail en Australie, entre itinérance et vie sédentaire.
- La particularité de voyager seule en tant que femme.
- La difficulté du retour en France et le sentiment de décalage avec ses proches.
- Apprendre à cultiver un regard de voyageur sur son propre quotidien.
- L’Inde, un rêve d’enfance qui se confronte à une réalité chaotique.
- L’épreuve du vol de ses affaires et de la maladie.
- La découverte de Dharamsala, un havre de paix qui lui permet de se reconnecter.
- Six années d’allers-retours entre la France, l’Inde et le Népal.
- La découverte de la spiritualité indienne, du yoga et des ashrams.
- Comment la pandémie de Covid-19 a favorisé son ancrage en France.
- Sa nouvelle vie professionnelle autour du yoga, du massage et des voyages sonores.
- Les grands apprentissages que le voyage lui a offerts.
FAQ
Qui est Ève ?
Ève est une voyageuse au long cours qui a commencé son parcours à 18 ans. D’abord partie pour une année sabbatique afin de fuir un parcours d’études qui ne lui convenait pas, elle a fait du voyage son mode de vie pendant près de dix ans. Ses expériences, notamment en Océanie et surtout en Inde, l’ont profondément transformée. Aujourd’hui installée en Alsace, elle partage les enseignements de son cheminement en tant que professeure de yoga et praticienne en massages.
Pourquoi Ève a-t-elle commencé à voyager ?
Initialement, Ève ne savait pas quelles études poursuivre et se sentait le besoin de faire une pause. L’idée d’une année sabbatique, qui lui paraissait un rêve inaccessible en raison de sa timidité, s’est concrétisée. Ce qui devait être une simple pause avant de reprendre une « vie normale » est finalement devenu son nouveau quotidien, le voyage s’imposant comme une véritable école de la vie et un chemin de découverte de soi.
Quelle a été sa plus grande expérience de voyage ?
L’Inde a été l’expérience la plus marquante pour Ève. C’était un rêve d’adolescence. Bien que son arrivée ait été difficile, marquée par un choc culturel, un vol et la maladie, ce pays est devenu son « grand amour ». Elle y est retournée constamment pendant six ans, fascinée par ses contrastes, sa richesse spirituelle et humaine. C’est en Inde qu’elle s’est formée au yoga et au massage, des pratiques qui sont aujourd’hui au cœur de sa vie professionnelle.
Comment le voyage a-t-il changé Ève ?
Le voyage a été un puissant moteur de transformation pour Ève. Il l’a forcée à sortir de sa zone de confort et à surmonter son extrême timidité, notamment en l’obligeant à communiquer dans une langue qu’elle maîtrisait mal. En voyageant seule, elle a développé ses ressources intérieures, appris à se connaître et à gérer des situations complexes par elle-même. Ses expériences ont nourri sa curiosité et ouvert son esprit, la menant finalement à sa vocation actuelle dans le bien-être.
