Un laboratoire pour la conscience humaine
Rakhal, aurovillien depuis près d’un demi-siècle, est l’une des personnes chargées d’accueillir les nouveaux arrivants et de leur présenter le projet. Selon lui, la raison d’être d’Auroville est de répondre aux menaces qui pèsent sur l’humanité, qu’elles soient écologiques, économiques ou sociales. Il soutient que la source de toutes ces crises se trouve dans notre état de conscience. C’est pour agir à cette racine que Shreovindo et Mer ont initié ce lieu : un terrain d’expérimentation pour une nouvelle manière d’être, de s’organiser et de vivre ensemble. « Il n’y a rien qui se passe sur la Terre qui n’a pas à sa racine, à sa source, l’état de conscience dans lequel on est. »
La grande différence d’Auroville avec d’autres démarches individuelles est sa nature profondément communautaire. Le but n’est pas seulement un épanouissement personnel, mais bien de tenter ensemble un changement de conscience, de créer une économie et des relations humaines différentes.
Vivre l’unité au quotidien
Malgré la bonne volonté et les outils de communication mis en place, la vie collective reste un défi permanent. Rakhal observe que même à Auroville, les habitants ne s’écoutent pas toujours assez, ce qui prouve que le travail est profond. Il évoque le concept d’« anarchie divine » : un idéal où les règles extérieures deviendraient inutiles car chaque individu agirait depuis une conscience unifiée avec le tout, se réjouissant de la diversité des points de vue. Pour s’en approcher, Auroville s’appuie sur des principes forts, comme la non-propriété. Les terres et les maisons appartiennent à la fondation, et les résidents en sont les gardiens. Cette règle vise à dissoudre le sens de la possession, qui cristallise l’ego et la séparation.
Ce principe est inscrit dans la charte d’Auroville, qui pose les bases du projet : appartenance à l’humanité, éducation perpétuelle, recherche et unité humaine. Pour Rakhal, le but de l’unité humaine ne peut être atteint qu’en commençant par un travail sur soi, un alignement de toutes les parties de son être, tel que le propose le yoga.
Les références de l’épisode
- Auroville
- Pondichéry, Inde
- Shreovindo (Sri Aurobindo)
- Mer (Mirra Alfassa)
- Les communautés de l’Arche
- Fidorn
- Vivekananda
- Ramakrishna
- Napoléon
- Krishna
Au fil de l’épisode
- Le rôle de Rakhal : organiser des programmes d’introduction pour les nouveaux arrivants à Auroville.
- La raison d’être d’Auroville : une réponse aux menaces qui pèsent sur l’humanité.
- La source de tous les problèmes selon Rakhal : l’état de conscience humain.
- Auroville comme un projet communautaire pour expérimenter un changement de conscience collectif.
- Les défis de la vie en communauté, même avec des outils comme la communication non violente.
- L’idéal de l’« anarchie divine » : une société sans règles extérieures, fondée sur une conscience unifiée.
- Le principe de la non-propriété : les terres et les maisons appartiennent à la fondation Auroville, pas aux individus.
- La joie de se détacher du sens de la possession.
- Les quatre points de la charte d’Auroville.
- L’unité humaine comme but, et la construction de la ville comme moyen de s’y exercer.
- Le lien entre l’unité du monde et l’unité intérieure des différentes parties de son être (le yoga).
- Le frère de Rakhal, qui écrit un livre sur la période révolutionnaire de Sri Aurobindo.
- Le concept d’avatar en Inde : l’incarnation d’une conscience divine pour guider l’humanité.
- La distinction entre les avatars et les « Viboutis », des êtres humains avec une « dose spéciale » comme Vivekananda ou Napoléon.
FAQ
Qui est Rakhal ?
Rakhal est un résident de la communauté d’Auroville, en Inde, depuis près de 50 ans. Il participe activement à la vie du projet, notamment en organisant des programmes d’introduction pour les personnes qui découvrent ce lieu. Dans cet épisode, il partage sa compréhension profonde des fondements et des objectifs d’Auroville, fruit de son expérience de vie engagée dans cette expérimentation collective.
Qu’est-ce qu’Auroville ?
Auroville est une éco-ville expérimentale située dans le sud de l’Inde, près de Pondichéry. Fondée sur la base d’une charte, elle a pour but d’être un lieu universel où des hommes et des femmes de tous pays peuvent vivre en paix et en harmonie. Le projet se définit comme un laboratoire pour la recherche sur l’unité humaine et l’évolution de la conscience, à travers la vie communautaire et la construction d’une ville.
Quel est le principe de la non-propriété à Auroville ?
La non-propriété est un principe fondateur d’Auroville, stipulé dans sa charte. Concrètement, les terres et les bâtiments n’appartiennent pas aux individus, mais à la communauté dans son ensemble, via la Fondation Auroville. Les résidents sont considérés comme des gardiens ou des « stewards » de leur logement. Cette règle vise à se détacher du sens de la possession, considéré comme une cristallisation de l’ego et un obstacle à l’unité.
Quelle est la raison d’être d’Auroville selon Rakhal ?
Pour Rakhal, Auroville est une réponse aux crises profondes que traverse l’humanité. Il estime que la racine de tous les problèmes (écologiques, sociaux, économiques) se situe dans l’état de conscience humain. Auroville a donc pour mission d’offrir un lieu concret où des individus peuvent travailler collectivement à faire évoluer cette conscience, afin de créer de nouvelles manières de vivre ensemble, plus harmonieuses et durables.
