Le grand déclic
C’est au festival du Grand Bivouac à Albertville que le projet de Véronique et son mari Hervé a pris racine. En rencontrant des voyageurs aux parcours extraordinaires, ils se sont posé la question : « Si eux peuvent le faire, pourquoi pas nous ? ». Cette interrogation marque le début d’un long cheminement intérieur. Confrontés à ce que Véronique appelle la « crise de la quarantaine », ce moment où l’on a coché toutes les cases de la vie conventionnelle — travail, maison, voiture — ils ressentent un besoin profond de redonner du sens à leur existence. Plutôt que d’attendre la retraite, ils décident de vivre leurs rêves maintenant.
La première étape, et non la moindre, fut de tout lâcher : vendre la maison, surmonter les peurs et préparer leur fils unique à ce départ hors norme. À 47 ans, ils se lancent dans un périple de deux ans, sans itinéraire précis mais avec une soif de découverte.
Sept mois au cœur du Bhoutan
Alors qu’ils rêvaient de retourner au Bhoutan, un pays qui les avait fascinés neuf ans plus tôt, une opportunité inattendue se présente. Via le site Couchsurfing, Véronique tombe sur une annonce : un institut privé à Timpu, la capitale bhoutanaise, cherche des volontaires pour enseigner le français et l’allemand à de futurs guides touristiques. Ils saisissent cette chance qui leur permet de s’immerger dans le pays pendant sept mois, bien loin du circuit touristique classique et de sa taxe journalière prohibitive. Véronique raconte leur vie sur place, entre l’enseignement et l’exploration des vallées préservées.
Elle décrit un pays de contrastes, fier de son identité culturelle mais confronté à une occidentalisation rapide depuis l’arrivée de la télévision en 1999. Elle évoque le fameux « Bonheur National Brut », un indice de développement initié par le quatrième roi, qui privilégie le bien-être des habitants à la seule croissance économique. Mais elle n’occulte pas les défis, comme la gestion des déchets plastiques dans un pays qui n’a longtemps connu que le biodégradable.
Le voyage intérieur
Après cette longue immersion, le retour en France est marqué par des détails savoureux, comme une envie irrépressible d’un simple sandwich jambon-beurre. Le voyage se poursuit ensuite au Japon, en sac à dos, avant un retour définitif en France au bout de deux ans. Cette parenthèse n’était pas pensée comme un nouveau mode de vie permanent, mais comme une expérience pour se réaligner. Pour Véronique, voyager, c’est avant tout « prendre son sac à dos et partir à l’aventure », sans planifier, pour rester libre et ouvert à la découverte.
Ce périple leur a appris leur propre capacité d’adaptation et a renforcé leur conviction : quand l’envie est plus forte que la peur, il faut oser. « Le voyage, ça ouvre l’esprit », conclut-elle, invitant chacun à écouter ses propres rêves.
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook d’Alexandre Sattler
- Le site officiel du photographe Alexandre Sattler
- L’association Regard’Ailleurs
Les références de l’épisode
- Personnes : Hervé (mari de Véronique), Olivier Feulmy.
- Lieux : Bhoutan, Himalaya, Albertville, Timpu (capitale du Bhoutan), la vallée de A (Bhoutan), Népal, Japon, Laponie, Tibet.
- Événements et organisations : Le Grand Bivouac (festival du voyage d’Albertville).
- Concepts : Bonheur National Brut (BNB).
- Marques et sites : Couchsurfing, Alamdo (projet photo de Véronique et Hervé).
Au fil de l’épisode
- La rencontre avec Véronique au festival du Grand Bivouac à Albertville.
- Le déclic : comment le festival a inspiré leur projet de voyage des années auparavant.
- La décision de tout quitter à 47 ans, en pleine « crise de la quarantaine ».
- Vendre la maison et surmonter ses peurs pour se lancer.
- La planification d’un voyage de deux ans, sans itinéraire fixe mais avec une liste de pays rêvés.
- L’opportunité inattendue trouvée sur Couchsurfing : enseigner le français et l’allemand au Bhoutan.
- Les préparatifs express pour vendre la maison et partir en quelques mois.
- L’arrivée au Bhoutan, après un passage obligé par le Népal pour des questions de visa.
- Sept mois de vie à Timpu, la capitale, en tant que formateurs pour guides touristiques.
- La découverte du Bhoutan de l’intérieur, au-delà de l’image touristique.
- Les contrastes d’un pays entre traditions fortes et occidentalisation grandissante.
- Le concept du Bonheur National Brut (BNB), une vision du développement centrée sur l’humain.
- Les défis écologiques du Bhoutan, notamment la gestion des déchets plastiques.
- Le retour temporaire en France et le choc culturel inversé du jambon-beurre.
- La suite de leur périple : trois mois en sac à dos au Japon.
- Le bilan après deux ans de voyage et la nécessité de reprendre le travail.
- Leur projet photo « Alamdo », présenté sur leur stand au Grand Bivouac.
- La réaction de leur fils, resté en France, à ce projet de vie parental.
- Le message final : l’importance de dépasser ses peurs pour vivre ses rêves.
FAQ
Qui est Véronique ?
Véronique est l’invitée de cet épisode. Avec son mari Hervé, elle a fait le choix à 47 ans de changer radicalement de vie. Ils ont vendu leur maison et sont partis pour un voyage de deux ans à travers le monde, laissant derrière eux une vie conventionnelle. L’essentiel de son récit se concentre sur leur expérience la plus marquante : une année passée à vivre et travailler comme volontaires au Bhoutan.
Pourquoi Véronique et son mari ont-ils décidé de tout quitter ?
Leur décision est le fruit d’une réflexion née de la « crise de la quarantaine ». Ayant atteint les objectifs de vie classiques (travail, maison), ils se sont interrogés sur le sens de leur existence et ont refusé d’attendre la retraite pour réaliser leurs rêves. Une visite au festival de voyageurs du Grand Bivouac à Albertville a été le déclic final, leur montrant que d’autres modes de vie étaient possibles.
Comment ont-ils pu vivre un an au Bhoutan ?
Le Bhoutan étant un pays très cher et réglementé pour les touristes, ils ont saisi une opportunité unique. Véronique a répondu à une annonce trouvée sur le site Couchsurfing : un institut privé de la capitale, Timpu, cherchait des francophones et germanophones pour former des guides locaux. Grâce à ce volontariat, ils ont pu obtenir des permis de travail et s’installer dans le pays pendant sept mois, vivant une immersion culturelle profonde.
Qu’est-ce que le Bonheur National Brut (BNB) au Bhoutan ?
Selon Véronique, le Bonheur National Brut est un indicateur de développement mis en place par le quatrième roi du Bhoutan, décrit comme un visionnaire. Contrairement au Produit Intérieur Brut (PIB) qui mesure la richesse économique, le BNB évalue le bien-être de la population. Il repose sur des piliers comme l’éducation, la santé, la préservation de la culture et de l’environnement, et même la valorisation du temps non travaillé.
