De la culture à l’éducation
Blandine Swyngedauw raconte un parcours qui l’a menée d’une scolarité classique, où elle s’ennuyait, à la cofondation du Printemps de l’éducation. Après une classe préparatoire HEC et une école de commerce, elle réalise que les valeurs du monde de l’industrie ne lui correspondent pas. Elle se réoriente et travaille pendant sept ans au musée du Louvre, avec pour mission de démocratiser l’accès à la culture, qu’elle voit comme un outil de connaissance de soi. Cependant, la structure pyramidale de l’institution freine sa créativité. Elle décide de démissionner et, peu après, sa rencontre avec Antonella Verdiani la mène à créer en mai 2012 Le Printemps de l’éducation, un projet en phase avec sa vision d’une « école de la vie ».
Pour elle, l’apprentissage est un processus permanent, joyeux et partagé, qui n’est pas confiné à un lieu ou un temps spécifique. « C’est une école où en fait on est tous en apprentissage, petit et grand. »
Repenser l’école, du rêve à la réalité
Le Printemps de l’éducation a pour mission de réunir et de faire connaître les acteurs qui œuvrent pour une autre éducation, que ce soit sur le temps scolaire, périscolaire ou familial. Blandine Swyngedauw détaille plusieurs pistes pédagogiques éprouvées, inspirées des pédagogies nouvelles nées après la Première Guerre mondiale. Elle défend notamment les classes multi-âges, qui favorisent l’entraide et l’autodiscipline, et la théorie des intelligences multiples, qui permet de valoriser les talents de chaque enfant au-delà des seules compétences logico-mathématiques et linguistiques. L’objectif est de préserver la curiosité naturelle et l’estime de soi des enfants, en leur apprenant à gérer leurs émotions et à développer un esprit critique, notamment via des cercles de parole.
Face aux défis du XXIe siècle, elle insiste sur la nécessité de développer des qualités comme la coopération, l’empathie et le lien à la nature. Elle aborde aussi la question du coût des écoles alternatives, souvent perçues comme élitistes. Rappelant qu’une place en primaire dans le public coûte environ 8 000 euros par an à l’État, elle souligne l’inégalité subie par les parents qui paient deux fois : via leurs impôts et les frais de scolarité. Elle évoque le système du « chèque éducation » existant aux États-Unis comme une piste pour offrir une plus grande liberté de choix.
Les références de l’épisode
- Le Printemps de l’éducation
- Antonella Verdiani
- Musée du Louvre
- Pédagogie Steiner
- Ateliers de communication parents-enfants Faber et Mazlish
- L’école du colibri aux Amanins (Drôme)
- Thomas d’Ansembourg
Au fil de l’épisode
- Le parcours de Blandine Swyngedauw : de l’ennui à l’école à la quête de sens.
- Son expérience en prépa HEC et en école de commerce, puis sa reconversion vers le secteur culturel.
- Sept années passées au musée du Louvre pour démocratiser l’accès à l’art.
- Sa démission et la création du Printemps de l’éducation en mai 2012 avec Antonella Verdiani.
- La mission du Printemps de l’éducation : fédérer les acteurs d’une pédagogie alternative.
- Les pistes pour une autre école : classes multi-âges, intelligences multiples, lien au corps et à la nature.
- L’importance d’apprendre aux enfants à verbaliser leurs émotions et à développer leur esprit critique.
- Les qualités essentielles pour les citoyens du XXIe siècle : coopération, empathie, curiosité.
- Les freins au changement : la nécessité d’accompagner les équipes éducatives et de décloisonner l’école.
- L’importance du lien intergénérationnel et des jardins participatifs, notamment en milieu urbain.
- Le rôle du Printemps de l’éducation comme réseau de soutien pour les porteurs de projets.
- La question du choix de l’école pour les parents et les limites géographiques.
- Le débat sur le coût des écoles alternatives et la double contribution des parents.
- L’idée du « chèque éducation » pour permettre une plus grande liberté de choix.
- L’importance de cultiver la vie intérieure des enfants pour leur permettre de protéger le vivant.
FAQ
Qui est Blandine Swyngedauw ?
Blandine Swyngedauw est la cofondatrice du mouvement Le Printemps de l’éducation. Après un début de carrière dans l’industrie puis au sein du musée du Louvre, elle s’est engagée en 2012 dans la promotion d’une éducation alternative. Elle œuvre pour diffuser une approche plus respectueuse de l’enfant, de ses émotions et de son lien au vivant, en mettant en réseau les différentes initiatives du secteur.
Qu’est-ce que le Printemps de l’éducation ?
Le Printemps de l’éducation est une association fondée en 2012 par Blandine Swyngedauw et Antonella Verdiani. Sa mission est de réunir, de soutenir et de faire connaître tous les acteurs qui proposent des alternatives au système éducatif traditionnel. Le mouvement agit comme un réseau pour les porteurs de projets, les parents et les éducateurs, en favorisant l’échange d’informations et de bonnes pratiques.
Quelles sont les alternatives au système scolaire traditionnel évoquées ?
L’épisode aborde plusieurs pistes pédagogiques. Parmi elles, les classes multi-âges pour encourager la coopération plutôt que la compétition, et la prise en compte des intelligences multiples pour valoriser les talents de chaque enfant (artistiques, naturalistes, etc.). Blandine Swyngedauw insiste aussi sur l’importance du lien avec la nature, de l’apprentissage de la gestion des émotions et de l’instauration de cercles de parole pour forger l’esprit critique.
Pourquoi les écoles alternatives sont-elles souvent payantes ?
Blandine Swyngedauw explique que cette situation crée une inégalité. Le coût d’un élève dans l’école publique (environ 8 000 euros par an en primaire) est financé par les impôts de tous les citoyens. Les parents qui choisissent une école alternative, non subventionnée, doivent payer des frais de scolarité en plus de leurs impôts. Ils financent donc doublement l’éducation, ce qui rend ces écoles financièrement inaccessibles pour beaucoup de familles.
