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Claire Chanut et l’association Femmes semencières

Animatrice de l'association Femmes semencières, Claire Chanut raconte son parcours, de sa fascination pour la photosynthèse à son engagement pour la souveraineté alimentaire. Initié à la demande de Pierre Rabhi, son mouvement alerte sur la privatisation du vivant et la perte de la biodiversité. Elle dénonce un système où les semences, patrimoine de l'humanité, sont devenues des produits industriels brevetés, coupés de leur capacité à se régénérer. Un plaidoyer vibrant pour se reconnecter à la terre et défendre les savoir-faire paysans, essentiels à notre avenir.

Claire Chanut, gardienne des semences vivantes et de la biodiversité

Le déclic de la photosynthèse

Claire Chanut retrace le chemin qui l’a menée à son engagement pour les semences. Tout commence au collège, avec la découverte du phénomène de la photosynthèse, une véritable « éblouissement » qui la connecte profondément au règne végétal. Cette passion la conduit à des études d’architecture du paysage, avec le désir de créer à partir du vivant. Une autre étape fondatrice de son parcours est sa difficulté à donner la vie, une épreuve de cinq ans qui renforce son lien avec les processus de reproduction. Elle crée alors l’association Photosynthesia pour relier les personnes conscientes de la puissance du végétal.

Un voyage en Inde, sur les conseils de l’expert de l’eau Jacques Collin, devient un tournant. Partie pour étudier l’eau, elle y rencontre une femme qui conserve des semences du patrimoine de l’humanité. « Quand elle m’a ouvert le petit coffre-fort où elle gardait ses semences, je me suis dit : mais c’est le coffre-fort du monde. »

Un patrimoine vivant menacé

C’est en discutant avec Pierre Rabhi, qui l’encourage à créer un mouvement plus visible, que naissent officiellement les Femmes semencières en 2011. Claire Chanut explique comment la semence, autrefois un bien commun, est devenue un produit industriel. Elle dénonce la mainmise des grands groupes comme Bayer ou Limagrain et le cadre légal qui l’organise, notamment le catalogue officiel du GNIS. Pour y être inscrite, une semence doit répondre à trois critères qu’elle juge « anti-vie » : être distincte, homogène et stable. Ces exigences favorisent les semences hybrides F1, non reproductibles, et rendent illégale la commercialisation des semences paysannes, pourtant fruit de millénaires de co-création entre l’homme et la nature.

Elle aborde également la question des OGM, conçus pour résister aux pesticides ou pour en produire eux-mêmes, contaminant les sols, l’eau et les organismes. Pour elle, le choix est simple : « soit on va vers la loi de la vie, soit on va vers la loi du profit. » Le mouvement des Femmes semencières se veut une réponse, un réseau de « gardiennes de la vie » qui œuvrent à préserver et transmettre ce patrimoine essentiel.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Pierre Rabhi, Jacques Collin, Jean-Marie Pelt.
  • Organisations et mouvements : Femmes semencières, Photosynthesia, Kokopelli, GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants).
  • Entreprises : Monsanto, Bayer, Limagrain.
  • Lieux : Auroville (Inde), Gaspésie (Canada), La Défense (Paris).
  • Œuvres et produits : la série documentaire « L’aventure des plantes », l’herbicide Roundup.

Au fil de l’épisode

  • La découverte de la photosynthèse au collège, un moment fondateur pour Claire Chanut.
  • De ses études d’architecture du paysage à la création de l’association Photosynthesia.
  • Son voyage en Inde et sa rencontre avec une conservatrice de semences, une « fulgurance ».
  • La naissance du mouvement des Femmes semencières en 2011, à l’initiative de Pierre Rabhi.
  • La semence paysanne face à la semence industrielle, devenue un produit fabriqué en laboratoire.
  • Le rachat de Monsanto par Bayer et la concentration du marché des semences.
  • Les trois critères « anti-vie » du catalogue officiel pour commercialiser une semence : Distinction, Homogénéité, Stabilité.
  • L’illégalité des semences paysannes et le combat d’associations comme Kokopelli.
  • Le vrai visage des OGM : des plantes conçues pour absorber ou produire des pesticides.
  • La mission des Femmes semencières : être des « gardiennes de la vie » et préserver la biodiversité.
  • L’exemple d’une femme semencière en Gaspésie, qui produit des graines adaptées à un cycle de culture de quatre mois.

FAQ

Qui est Claire Chanut ?

Claire Chanut est l’animatrice de l’association Femmes semencières, un mouvement qu’elle a contribué à créer en 2011 à la demande de Pierre Rabhi. Ancienne architecte paysagiste, elle a fondé l’association Photosynthesia pour promouvoir les projets liés au vivant. Son engagement est né d’une prise de conscience de la menace qui pèse sur les semences paysannes et la biodiversité face à l’industrialisation de l’agriculture.

Qu’est-ce que le mouvement des Femmes semencières ?

Les Femmes semencières est un mouvement libre qui rassemble des personnes, femmes et hommes, se considérant comme des « gardiennes de la vie ». Son but est de préserver, reproduire et diffuser les semences paysannes, c’est-à-dire les semences non hybrides et reproductibles, qui constituent un patrimoine de l’humanité. Le mouvement fonctionne comme un réseau informel, sans adhésion, encourageant les initiatives locales de souveraineté semencière.

Pourquoi les semences paysannes sont-elles menacées ?

Selon Claire Chanut, les semences paysannes sont menacées par un cadre légal qui favorise l’agro-industrie. Pour être commercialisées, les semences doivent être inscrites à un catalogue officiel qui impose des critères d’homogénéité et de stabilité inadaptés au vivant. Cela rend de fait illégale la vente de nombreuses variétés anciennes. De plus, le marché est dominé par des semences hybrides F1, non reproductibles, qui obligent les agriculteurs à racheter leurs graines chaque année.

Qu’est-ce qu’une semence hybride F1 ?

Une semence hybride F1 est une variété issue du croisement de deux lignées pures. Elle est conçue par l’industrie semencière pour répondre à des critères de productivité et d’homogénéité. Comme l’explique Claire Chanut, le principal problème de ces semences est qu’elles sont « dégénérescentes » : on ne peut pas ressemer les graines issues de leur récolte, car elles ne donneront pas des plantes identiques et perdront leurs qualités. Cela crée une dépendance des agriculteurs envers les semenciers.

Quel est le rôle de Pierre Rabhi dans la création des Femmes semencières ?

Pierre Rabhi a joué un rôle d’initiateur. Ayant perçu la passion de Claire Chanut pour la semence, il lui a demandé si elle souhaitait porter un mouvement plus visible et officiel pour défendre cette cause. C’est lui qui a suggéré le nom « Femmes semencières », inspiré par les femmes qu’il avait vues préserver les semences en Afrique. Il a ainsi donné l’impulsion qui a conduit à la naissance du mouvement en 2011.

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