La naissance d’une aventure
Tout commence par un événement banal à Strasbourg : le vol de son vélo. Catherine Thaï le remplace par une paire de rollers et se découvre une passion dévorante. L’idée germe alors de lier ce nouveau sport à son amour des rencontres : elle décide de partir faire un tour de France, en roller, seule et sans argent. Ce choix radical n’est pas subi, mais mû par une profonde confiance en l’humain et le désir de se libérer des contraintes matérielles. Elle veut expérimenter le « don inconditionnel », recevoir sans forcément proposer une aide en échange, pour questionner la nature de l’entraide. « J’ai confiance en l’humain et je me suis dit de toute façon je trouverais bien à manger, je trouverais bien des gens qui m’accueillent donc fais confiance et pars. »
Cette décision la pousse à sortir de sa zone de confort, à apprendre à demander, à recevoir, mais aussi à accepter les refus avec philosophie.
La vie sur les routes
Pendant 16 mois, son quotidien est rythmé par l’incertitude et la providence. Chaque jour, elle parcourt entre 60 et 80 kilomètres, affrontant la météo, la fatigue et les routes parfois impraticables. Pour se nourrir, elle se présente avec un sourire dans les boulangeries. Pour dormir, elle toque aux portes des maisons jusqu’à ce que l’une d’elles s’ouvre. Elle raconte avoir parfois frappé à une cinquantaine de portes avant de trouver un toit, mais n’avoir jamais dormi dehors, fidèle à la promesse faite à ses parents. Ce mode de vie lui apprend à écouter son intuition, cette petite voix intérieure qui la guide vers la bonne porte ou le bon chemin à un croisement. « Mon intuition quand je suis devant la porte je ressens tout de suite si ok faut que je toque ou alors passe ton chemin. »
Chaque rencontre est une immersion dans un nouvel univers, une occasion d’observer avec tendresse ses semblables, qu’elle trouve « trop mignons » dans leurs gestes du quotidien.
Leçons de liberté
Ce voyage est aussi une exploration de la liberté. Pour Catherine Thaï, être libre, c’est « choisir ses propres contraintes ». Voyager sans argent est un paradoxe : une contrainte choisie qui la libère de la nécessité de gagner sa vie. Elle ne peut pas s’offrir un café, mais elle n’a pas à se soucier d’un budget. Minimaliste, son sac ne contient que l’essentiel : une seule tenue, quelques sous-vêtements et ses plots de slalom. Le vrai luxe, selon elle, est de voyager léger. L’aventure est aussi marquée par le contexte de la crise sanitaire. Si beaucoup de gens l’accueillent pour parler d’autre chose que du Covid, elle est aussi confrontée à la peur et a même été mise à la porte par des hôtes découvrant qu’elle n’était pas vaccinée.
De cette expérience, elle tire des leçons fondamentales : toujours avancer face aux difficultés, croire que tout est possible, et surtout, ne jamais oublier de faire ce qui la rend heureuse.
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook de Gaia Images
- Le site officiel de Gaia Images
- Le site de l’association Regard’Ailleurs
Les références de l’épisode
- Personnes : Sébastien Lafargue (créateur de la marque de roller Séba), Thomas, Marie-Laure, Métine, Chris, Barbara, Fabrice.
- Lieux : Strasbourg, Colmar, Volcans d’Auvergne, Ardèche, Annecy, Lyon, Côte d’Or, Col de la Bonnette.
- Marques et organisations : Séba (marque de roller), Facebook, Couchsurfeuse (groupe Facebook), IGN (Institut national de l’information géographique et forestière).
- Disciplines de roller : roller vitesse, roller derby, roller freestyle, freeskate, street, slalom.
Au fil de l’épisode
- La genèse du projet : le vol de son vélo à Strasbourg la pousse à se mettre au roller.
- Le choix de partir sans argent, par confiance en l’humain et pour expérimenter le don inconditionnel.
- La peur de demander à manger, vite dissipée dès le premier jour.
- Sa technique pour demander de l’aide pour se nourrir et se loger.
- La promesse faite à ses parents de toujours dormir sous un toit.
- La persévérance nécessaire pour trouver un hébergement chaque soir.
- Le rôle de l’intuition pour choisir à quelle porte frapper.
- La richesse des rencontres et sa vision attendrie de l’humanité.
- La gestion des départs et la façon dont elle garde le contact avec ses hôtes.
- L’importance de documenter son voyage en vidéo, pour elle et pour ses proches.
- Le refus de devenir ambassadrice d’une marque pour préserver sa liberté.
- Sa définition de la liberté : choisir ses propres contraintes.
- Les rares occasions où elle utilise sa carte bancaire : pour participer aux frais lors de longs séjours ou pour aider des hôtes dans le besoin.
- Son mode de vie minimaliste et le contenu de son sac à dos.
- La communauté du roller et les différentes disciplines qu’elle a pu pratiquer.
- Comment elle a été sponsorisée par la marque de rollers Séba grâce à une rencontre fortuite.
- L’expérience de voyager à plusieurs et de trouver un hébergement pour un groupe.
- La sociologie des personnes qui lui ont ouvert leur porte : un profil très diversifié.
- Le récit d’une journée type, du réveil au coucher.
- Les difficultés du voyage pendant la crise du Covid et l’instauration du pass sanitaire.
- L’expérience d’être mise à la porte car non-vaccinée.
- La « magie » du voyage et les synchronicités qui guident son chemin.
- Ses conseils aux femmes qui hésitent à voyager seules.
- Les trois grandes leçons de vie tirées de son aventure.
- Ses projets pour l’avenir, entre voyage, écriture et vie de famille.
FAQ
Qui est Catherine Thaï ?
Catherine Thaï est une aventurière qui a réalisé un tour de France de 16 mois entièrement en roller et sans argent. Partant de Strasbourg, elle a parcouru plus de 10 000 kilomètres en comptant uniquement sur la générosité des personnes rencontrées pour se nourrir et se loger. Son voyage est un témoignage de confiance en l’humain, de minimalisme et de recherche de liberté.
Pourquoi a-t-elle voyagé sans argent ?
Son choix de voyager sans argent était une décision mûrement réfléchie. Elle souhaitait se libérer des contraintes liées à la gestion d’un budget pour vivre une expérience basée sur la confiance et le don inconditionnel. C’était pour elle une manière de prouver que l’entraide et la générosité existent et de se connecter plus authentiquement aux autres, sans le filtre d’une transaction financière.
Comment trouvait-elle à manger et à dormir ?
Chaque jour, Catherine Thaï demandait de l’aide directement aux gens. Pour manger, elle se présentait dans les boulangeries ou autres commerces. Pour dormir, elle toquait aux portes des maisons en fin de journée, expliquant son projet et demandant si on pouvait lui offrir un canapé pour la nuit. Malgré de nombreux refus, sa persévérance lui a toujours permis de trouver un toit.
Combien de kilomètres a-t-elle parcourus ?
Au cours de ses 16 mois de voyage, Catherine Thaï a parcouru plus de 10 000 kilomètres à travers la France. Elle réalisait des étapes quotidiennes de 60 à 80 kilomètres en moyenne, un véritable défi physique et mental qui dépendait des conditions météorologiques, du dénivelé et de la qualité des routes.
Quels ont été les plus grands défis de son voyage ?
Au-delà de l’effort physique quotidien, les principaux défis étaient mentaux et logistiques. Elle devait surmonter la frustration des routes impraticables en roller (graviers, terre) et la fatigue de devoir chercher un abri chaque soir. Voyager durant la crise sanitaire du Covid a aussi été une épreuve, la confrontant aux peurs des gens et à des situations de rejet liées au pass sanitaire.
