Une graine de révolte
Né en Brière en 1945, Yves Gillen se décrit lui-même comme une ancienne « graine de bagne ». Dès son plus jeune âge, il sent qu’il évolue « dans le sens inverse de la marche », un sentiment renforcé par les événements de 1968, où, à 23 ans, il prend conscience de la nécessité de « manifester au quotidien ». Cette quête d’une autre voie le mène, avec sa compagne Annick, à prendre la route pendant cinq ans à bord d’une roulotte tirée par un cheval. Le but : fuir une civilisation avec laquelle ils ne se sentent pas en harmonie, pour se consacrer à la peinture et à l’écriture.
Ce voyage initiatique, loin du consumérisme, forge sa conviction qu’une autre vie est possible, basée sur la simplicité et le temps libre. « On a bien compris que les maisons étaient toujours trop grandes », confie-t-il.
L’autonomie comme acte politique
De retour sur ses terres natales, Yves Gillen choisit de s’installer dans un marais pour y construire son autonomie. Pour lui, le potager devient une « démarche politique », une manière de produire sa nourriture sans dépendre du système. Il construit sa maison pour la somme de 17 000 francs de l’époque, avec des matériaux de récupération et sans jamais contracter de crédit, une décision qui lui assure une liberté fondamentale : celle de se lever à l’heure qui lui plaît et de dire ce qu’il pense. Cette indépendance est aussi énergétique : il installe une petite éolienne dès 1979, complétée plus tard par des panneaux photovoltaïques, pour ne jamais être raccordé au réseau électrique qu’il associe au nucléaire.
Aujourd’hui, il vit avec une retraite de 470 euros par mois, qu’il ne dépense pas entièrement. Il n’a ni téléphone portable, ni ordinateur, préférant les livres et les documentaires pour voyager. « Je ne vends que du rêve et j’essaie de rêver ma vie », conclut-il.
Pour aller plus loin
- Le site internet d’Alexandre Sattler
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook d’Alexandre Sattler
- Le site de Kaizen Magazine
Les références de l’épisode
- Personnes : Annick (compagne d’Yves Gillen), Michel Serres.
- Lieux : la Brière, le Jardin du Marais, Tchernobyl, Fukushima.
Au fil de l’épisode
- Sa naissance en Brière en 1945 et sa jeunesse de « graine de bagne ».
- L’expérience de 1968 et la prise de conscience qu’il faut « manifester au quotidien ».
- Le voyage de cinq ans en roulotte avec sa compagne Annick, pour peindre, écrire et fuir la civilisation.
- Le choix de l’autonomie en s’installant dans le marais pour produire sa propre nourriture.
- La construction de sa maison pour 17 000 francs, sans jamais faire de crédit.
- Son rapport à l’énergie : l’installation d’une éolienne en 1979, puis de panneaux photovoltaïques.
- Sa philosophie de la sobriété : un budget mensuel de 470 euros, sans téléphone portable ni ordinateur.
- Sa vision du travail, de la création artistique et du bonheur, qui se fabrique chaque jour.
FAQ
Qui est Yves Gillen ?
Yves Gillen est un jardinier et un penseur de la décroissance, né en 1945. Il est connu pour son mode de vie en quasi-autonomie dans son Jardin du Marais, en Brière. Ancien voyageur en roulotte, il a fait le choix d’une vie simple et sobre, déconnectée du consumérisme. Il vit dans une maison qu’il a lui-même construite et produit son électricité grâce à une éolienne et des panneaux solaires.
Quelle est la philosophie de vie d’Yves Gillen ?
Sa philosophie repose sur la sobriété choisie, l’autonomie et la liberté. Pour lui, le vrai luxe n’est pas la richesse matérielle mais la capacité à disposer de son temps et à vivre en accord avec ses valeurs. Il considère que produire sa propre nourriture est un acte politique et que le bonheur se fabrique au quotidien, notamment à travers le jardinage et la création artistique, loin de la psychose du manque d’emploi entretenue par la société.
Comment Yves Gillen vit-il en autonomie ?
Yves Gillen vit en autonomie grâce à plusieurs piliers. Il cultive un potager pour sa nourriture, a construit sa maison avec des matériaux de récupération pour un coût minime, et n’a jamais fait de crédit. Pour l’énergie, il n’est pas raccordé au réseau électrique et utilise une petite éolienne installée en 1979 ainsi que des panneaux photovoltaïques. Il vit avec un budget mensuel très modeste, qu’il ne dépense pas entièrement.
Pourquoi Yves Gillen a-t-il choisi de vivre différemment ?
Il a choisi cette vie pour fuir une civilisation avec laquelle il ne se sentait pas en harmonie et pour vivre au présent, sans attendre la retraite. Dès son plus jeune âge, il s’est senti « dans le sens inverse de la marche ». Ce choix radical lui a permis de conquérir une liberté fondamentale : celle de ne dépendre de personne, de se lever à l’heure qu’il souhaite et de consacrer sa vie à ce qui lui plaît, comme le jardinage.
