De la réussite à la crise
Swami Kurunandha grandit en Suisse, fils d’un avocat et d’une mère d’origine grecque, dans un environnement où la réussite matérielle est la norme. Poussé par une grande ambition, il se lance très jeune dans les affaires et connaît un succès fulgurant. À seulement 24 ans, il dirige déjà deux entreprises et emploie une vingtaine de personnes. Il incarne alors le modèle du jeune entrepreneur à qui tout réussit, mû par une volonté de « conquérir le monde ». Pourtant, ce château de cartes s’effondre subitement lors d’une faillite retentissante qui le laisse sans rien. Il raconte comment ce choc, vécu comme une crise existentielle, a été le véritable point de départ de sa quête spirituelle.
« J’ai perdu tout. Et ça te met dans une crise existentielle, on peut dire. Tous tes rêves, ils n’existent plus. Et en ce moment, maintenant, si je regarde, c’était une grande bénédiction. »
La rencontre qui change tout
Après cet échec, Swami Kurunandha réalise qu’il ne peut plus continuer sur la même voie. Il cherche alors à donner un sens plus profond à sa vie, au-delà du simple jeu matériel. Cette quête le mène d’abord à changer son alimentation, devenant végétarien, puis à s’intéresser aux spiritualités orientales. Il dévore des livres, assoiffé d’une connaissance qui dépasse le rationnel. C’est lors d’une réunion spirituelle qu’un homme l’aborde et l’invite à revenir la semaine suivante pour rencontrer « un jeune homme de miracle ». C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Paramahamsa Vishwananda, son futur maître, alors âgé de 20 ans.
Cette rencontre est une reconnaissance immédiate et bouleversante. Sans même chercher un gourou, il sait instantanément qu’il a trouvé l’incarnation de l’amour inconditionnel qu’il cherchait. Il lui accorde une confiance absolue, prêt à tout abandonner pour le suivre sur la voie de la dévotion.
La voie du service et de l’amour
Devenu moine, ou swami, sa vie est aujourd’hui dédiée au service, le seva. Il explique que servir l’humanité, c’est servir Dieu, une conviction qui l’animait déjà à l’époque où il était entrepreneur. Il aborde la notion de gourou, souvent mal comprise en Occident, le décrivant comme un enseignant qui nous aide à enlever les ombres pour trouver notre propre lumière et devenir véritablement nous-mêmes. Il partage avec émotion comment son engagement a touché sa propre famille, notamment à travers l’histoire de son père, un grand avocat, qui a reçu l’aide de son maître durant une opération à cœur ouvert et à la fin de sa vie.
Swami Kurunandha incarne aujourd’hui la voie de la Bhakti, un chemin de dévotion et d’amour. Pour lui, le service et la dévotion ne sont que des expressions de cet amour qui est, à la fin, l’essence de toute chose.
Le pouvoir du nom divin
Pour conclure leur échange, Swami Kurunandha insiste sur l’importance du mantra comme outil de connexion au divin. Il explique que le nom de Dieu contient l’essence même de Dieu, et que le simple fait de le répéter permet de tisser une relation personnelle avec lui. Il partage un mantra reçu par son maître directement de Krishna : « Shri Vittala Giridhari Parabrahmane Namaha ». Il en détaille la signification, évoquant un Dieu à la fois omniprésent, proche, aimant et protecteur. Il invite chacun à s’approprier ce mantra, un moyen simple et puissant pour élever sa conscience et transformer sa vie.
« Plus qu’on répète ce mantra, plus vous verrez que votre vie va changer. »
Pour aller plus loin
- Le site du podcast Regard’Ailleurs
- L’association Regard’Ailleurs
- Le site du photographe et réalisateur Alexandre Sattler
Les références de l’épisode
- Personnes : Paramahamsa Vishwananda, Saint Nicolas von der Flü, Gandhi, Jésus, Krishna.
- Lieux : Suisse, Allemagne, Inde, Hong Kong, Zurich.
- Concepts et œuvres : Bhakti yoga, Seva (service désintéressé), Atma Kriya Yoga, la Bhagavad Gita, le Just Love Festival.
- Mantra : Shri Vittala Giridhari Parabrahmane Namaha.
Au fil de l’épisode
- Son enfance en Suisse dans un environnement aisé, avec un père avocat.
- Ses débuts précoces dans l’entrepreneuriat à 19 ans avec une ambition de « conquérir le monde ».
- Le succès rapide : à 24 ans, il dirige deux entreprises avec une vingtaine d’employés.
- La faillite brutale et la crise existentielle qui s’ensuit, vécue comme une « bénédiction déguisée ».
- Sa quête d’un sens plus profond, au-delà du matérialisme.
- Le passage au végétarisme, première étape de sa transformation.
- La lecture d’un livre sur un saint indien qui éveille sa foi en une réalité plus grande.
- Sa rencontre décisive avec son maître, Paramahamsa Vishwananda, alors âgé de 20 ans.
- La reconnaissance instantanée et la confiance absolue qu’il place en lui.
- La définition du gourou : celui qui enlève les ténèbres pour amener à la lumière.
- La réaction de sa famille, entre tolérance et conversion pour l’une de ses sœurs.
- L’histoire de son père, grand avocat, opéré à cœur ouvert et accompagné par la présence du maître.
- Le secret de son père : une prière quotidienne à Saint Nicolas von der Flü.
- Comment son maître a aidé son père à la fin de sa vie, atteint de la maladie d’Alzheimer.
- Sa vie actuelle de swami, dédiée au service (seva).
- La signification du service : servir l’humanité, c’est servir Dieu.
- La voie de la Bhakti : un chemin de dévotion et d’amour en action.
- L’importance du mantra pour se relier au divin.
- Le partage et l’explication du mantra « Shri Vittala Giridhari Parabrahmane Namaha ».
- L’invitation à répéter ce mantra pour transformer sa vie et se rapprocher de sa nature divine.
FAQ
Qui est Swami Kurunandha ?
Swami Kurunandha est un maître spirituel d’origine suisse. Après un début de carrière fulgurant comme entrepreneur, il a tout perdu dans une faillite à l’âge de 24 ans. Cet événement l’a conduit à une profonde quête de sens, qui a abouti à sa rencontre avec son gourou, Paramahamsa Vishwananda. Il est aujourd’hui moine (swami) et dédie sa vie à la voie de la Bhakti, le chemin de la dévotion et du service désintéressé.
Qu’est-ce que la voie de la Bhakti ?
La Bhakti, ou Bhakti yoga, est une voie spirituelle issue de l’hindouisme, centrée sur la dévotion et l’amour pour le divin. Swami Kurunandha la décrit comme une expression de l’amour en action. Elle se pratique notamment à travers le service désintéressé (seva), les chants, la récitation de mantras et la contemplation. L’objectif est de développer une relation personnelle et aimante avec Dieu pour réaliser sa propre nature divine.
Comment a-t-il rencontré son maître spirituel ?
Après sa faillite, Swami Kurunandha a entamé une recherche spirituelle intense. Lors d’une réunion, un homme l’a encouragé à revenir la semaine suivante pour rencontrer deux jeunes hommes, dont un « jeune homme de miracle ». C’est ainsi qu’il a rencontré Paramahamsa Vishwananda, alors âgé de 20 ans. Il a ressenti une reconnaissance intérieure immédiate et profonde, sachant qu’il avait trouvé l’incarnation de l’amour qu’il cherchait.
Quel est le rôle d’un gourou selon lui ?
Selon Swami Kurunandha, un vrai gourou est un enseignant spirituel qui aide à dissiper l’obscurité intérieure pour révéler la lumière de la connaissance. Loin de l’image sectaire parfois véhiculée en Occident, le gourou est celui qui nous met au défi de dépasser notre ego pour devenir notre véritable soi. C’est un guide sur le chemin du retour à notre nature divine, une présence aimante mais parfois exigeante, comme une mère avec son enfant.
Quel mantra partage-t-il dans l’épisode ?
Swami Kurunandha partage le mantra « Shri Vittala Giridhari Parabrahmane Namaha ». Il explique que c’est un nom de Dieu (Krishna) qui évoque sa présence partout, sa proximité, son amour et sa protection. Il le présente comme un outil très puissant et accessible à tous pour se connecter au divin, élever sa conscience et transformer positivement sa vie par la simple répétition de ce nom sacré.
