Les racines du départ
Salomé Cransac raconte comment sa passion pour le voyage est née durant son enfance, lors d’expéditions au Maroc avec son grand-père. Ces premières rencontres avec d’autres cultures et l’immensité du désert ont laissé une empreinte durable. Parallèlement, l’écriture s’est imposée à elle comme une nécessité, une manière compulsive de capter le réel et d’être présente au monde. Adolescente, elle se sent en décalage avec le chemin tout tracé des études et de la vie conventionnelle, nourrissant un désir grandissant d’explorer le monde par elle-même, pour se découvrir loin des attentes de la société.
« Pour moi écrire, c’est vraiment vivre », confie-t-elle, expliquant que l’écriture et le voyage sont indissociables dans sa démarche.
Se jeter dans le monde
À 18 ans, son bac en poche, Salomé Cransac décide de ne pas commencer d’études et s’offre son premier grand voyage en solitaire : la Norvège. Un choix motivé par une quête d’elle-même, dans un cadre naturel et sauvage, loin de l’agitation. Cette expérience fondatrice la conforte dans son choix de vie. Rassurés par sa capacité à se débrouiller, ses parents la soutiennent lorsqu’elle décide de repartir, cette fois pour un long périple de six mois en Asie. Son objectif change : après la solitude des paysages nordiques, elle cherche la confrontation avec le monde et les autres, pour continuer à se déconstruire et à apprendre.
Elle finance ses voyages en travaillant entre deux départs, adoptant un mode de vie simple qui lui permet de voyager avec peu de moyens, notamment grâce à des expériences de volontariat.
Déconstruire le mythe du voyage
Loin d’idéaliser ses expériences, Salomé Cransac porte un regard lucide sur le voyage. Elle raconte sa désillusion face au mythe du voyage-révélation qui apporterait toutes les réponses. Pour elle, voyager, c’est avant tout accepter de ne pas comprendre, de se sentir perdue et de déconstruire ses certitudes. « Ce qui me pousse à continuer de voyager, c’est justement de déconditionner, de déconstruire », explique-t-elle. Elle aborde également avec franchise les défis du voyage en solitaire en tant que femme, évoquant la peur et le harcèlement sans pour autant en faire un frein insurmontable.
Elle insiste sur le fait que le voyage n’est pas une parenthèse enchantée mais une extension de la vie, avec ses difficultés, ses déceptions et ses moments de grâce, tout comme le quotidien.
Les références de l’épisode
- Livre : « L’âme voyageuse » de Salomé Cransac
- Personnes : John Lennon
- Lieux : Maroc, Norvège, Suède, Bordeaux, Oslo, Cambodge, Vietnam, Asie, Portugal, Turquie
- Événement : Festival du Grand Bivouac
- Plateforme : Workaway
Au fil de l’épisode
- Les premiers voyages initiatiques au Maroc avec son grand-père.
- La naissance précoce de sa passion pour l’écriture.
- Le sentiment de décalage à l’adolescence face à un chemin tracé.
- Son premier voyage en solitaire à 18 ans en Norvège, en quête de nature et d’elle-même.
- Le choix de ne pas poursuivre d’études pour continuer à voyager.
- Le départ pour un long périple en Asie, cette fois à la recherche des rencontres.
- Comment elle finance ses voyages en travaillant et en vivant simplement.
- Sa vision du voyage comme une démarche avant tout introspective.
- La déconstruction des clichés et de l’idéalisation du voyage.
- La confrontation avec la réalité, les peurs et les désillusions.
- Son expérience du volontariat via la plateforme Workaway.
- Le voyage comme une école de la vie, une alternative aux études traditionnelles.
- Le contenu de son livre « L’âme voyageuse » : un récit intime et réflexif.
- La désillusion comme moteur : l’importance de chercher plutôt que de trouver.
- Son expérience de femme voyageant seule, entre prudence et liberté.
- La gestion de la peur et des stéréotypes culturels.
- La « magie » des rencontres, vue comme une conséquence de l’ouverture d’esprit.
- Comment le voyage a changé son rapport aux autres, y compris en France.
- Sa vision du voyage à l’ère des enjeux écologiques.
- Comment le voyage l’a aidée à dépasser sa timidité.
FAQ
Qui est Salomé Cransac ?
Salomé Cransac est une jeune auteure et voyageuse française. À 21 ans, elle a publié son premier livre, « L’âme voyageuse », qui retrace son parcours et ses réflexions. Depuis son premier voyage en solitaire à 18 ans en Norvège, elle a fait du voyage un mode de vie, privilégiant une approche introspective et une quête de soi loin des sentiers battus et des clichés touristiques.
De quoi parle son livre « L’âme voyageuse » ?
« L’âme voyageuse » est un récit de voyage initiatique et introspectif. Plutôt qu’un guide pratique sur des destinations comme le Cambodge ou le Vietnam, le livre plonge le lecteur dans les pensées, les doutes et les émotions de l’auteure. Elle y aborde sa quête de soi, ses désillusions face aux mythes du voyage, et sa volonté de casser les illusions pour accepter la réalité telle qu’elle est.
Pourquoi Salomé Cransac a-t-elle commencé à voyager seule ?
À 18 ans, après le lycée, elle ressentait un profond besoin de partir pour se retrouver avec elle-même, dans un cadre naturel et sauvage. Son premier voyage en solitaire en Norvège était une manière de se poser des questions sur son identité, loin de son environnement habituel. C’était une démarche pour se confronter à elle-même avant de s’ouvrir aux autres, ce qu’elle fera plus tard lors de son voyage en Asie.
Quelle est sa vision du voyage ?
Salomé Cransac voit le voyage comme un outil de déconstruction personnelle. Pour elle, l’objectif n’est pas de trouver un sens ou une révélation, mais plutôt d’accepter de ne pas comprendre, d’embrasser la confusion et de se réinventer constamment. C’est une démarche qui vise à se défaire de ses certitudes et à rester ouvert à l’inconnu, en se concentrant sur le moment présent plutôt que sur une destination finale.
