Un parcours vers l’éducation
Italienne d’origine et architecte de formation, Antonella Verdiani raconte comment son parcours l’a menée au domaine de l’éducation. Son travail à l’UNESCO, notamment sur la sauvegarde du patrimoine culturel comme la maison des esclaves sur l’île de Gorée, a fait naître en elle un intérêt profond pour la transmission. Cette vocation l’a poussée à reprendre ses études jusqu’au doctorat. Son terrain de recherche fut Auroville, en Inde, un « projet visionnaire » pour lequel elle a eu un véritable « coup de foudre ». Elle y a observé des écoles internationales où des enfants de tous horizons s’épanouissaient, parlant plusieurs langues avec une aisance remarquable.
Cette expérience a forgé sa conviction en faveur de « l’éducation intégrale », une approche holistique qui prend soin de toutes les facettes de l’individu.
Repenser l’école de demain
Pour Antonella Verdiani, changer le monde commence par transformer l’éducation. Elle a fondé le mouvement « Printemps de l’Éducation » pour accompagner cette transition vers un monde « plus beau et plus bon ». Selon elle, il n’existe pas un modèle d’école idéale, mais un besoin de diversité pédagogique au service d’un projet d’humanité solidaire. Elle constate que même l’Éducation Nationale, ce « grand mammouth », commence à évoluer, souvent grâce à des enseignants qui innovent à titre individuel. Elle met en avant des modèles existants comme les écoles coopératives de Célestin Freinet ou les écoles démocratiques, qui responsabilisent l’enfant en le considérant comme co-créateur de son savoir.
« L’enfant est un individu à part entière », insiste-t-elle, plaidant pour des systèmes où l’évaluation est circulaire et implique les parents, à l’image d’une école alternative publique qu’elle a pu observer au Québec.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Célestin Freinet
- Lieux : Auroville (Inde), Île de Gorée, Québec
- Organisations : UNESCO, Printemps de l’Éducation, Éducation Nationale
- Concepts : éducation intégrale, pédagogie Freinet, écoles démocratiques, écoles coopératives
- Texte officiel : la loi pour la refondation de l’école de la République
Au fil de l’épisode
- Présentation d’Antonella Verdiani, chercheuse en éducation.
- Son parcours : de l’Italie à la France, en passant par l’Afrique.
- Son travail à l’UNESCO et sa démission pour retrouver un lien avec la réalité du terrain.
- La découverte d’Auroville en Inde, un « coup de foudre » qui deviendra son terrain de thèse.
- Le concept d’« éducation intégrale » : prendre soin de la totalité de l’individu.
- Sa thèse sur l’« éducation à la joie ».
- Son cheminement personnel : d’architecte à spécialiste de l’éducation.
- Sa conviction profonde : l’éducation est le principal levier pour changer le monde.
- La création du mouvement citoyen « Printemps de l’Éducation ».
- Sa vision de l’école idéale : une diversité de modèles pédagogiques au service d’un projet d’humanité.
- L’évolution de l’Éducation Nationale, un « grand mammouth » qui commence à bouger.
- L’importance des initiatives individuelles des enseignants pour faire avancer le système.
- Les modèles alternatifs : les écoles coopératives (pédagogie Freinet) et les écoles démocratiques.
- L’exemple d’une école alternative publique au Québec, où l’évaluation est circulaire et les parents sont impliqués.
- La notion de communauté éducative : enfants, parents et enseignants travaillant ensemble.
FAQ
Qui est Antonella Verdiani ?
Antonella Verdiani est une chercheuse d’origine italienne spécialisée dans le domaine de l’éducation depuis près de vingt-cinq ans. Ancienne spécialiste de programme à l’UNESCO, elle a consacré son doctorat à l’éducation intégrale à Auroville, en Inde. Elle est la fondatrice et présidente du « Printemps de l’Éducation », un mouvement citoyen qui milite pour un renouveau du système éducatif et de l’école en France.
Qu’est-ce que l’éducation intégrale selon elle ?
L’éducation intégrale est une approche qui vise à prendre en compte la totalité de l’individu dans son processus d’apprentissage. Selon Antonella Verdiani, il s’agit de nourrir et de faire évoluer toutes les dimensions de l’être, y compris la dimension spirituelle, et pas seulement les savoirs intellectuels. C’est une vision holistique qui met l’enfant au centre et cherche à cultiver sa joie d’apprendre, sa curiosité et son enthousiasme.
Pourquoi a-t-elle quitté l’UNESCO ?
Antonella Verdiani explique avoir démissionné de l’UNESCO car elle sentait une déconnexion croissante entre le travail de l’organisation et la réalité du terrain. Bien qu’elle reste très attachée à la mission des Nations Unies, elle a souhaité se rapprocher d’expériences concrètes. Ce départ lui a notamment permis de finaliser sa thèse de doctorat, dont le terrain d’observation était la communauté d’Auroville en Inde.
Qu’est-ce que le « Printemps de l’Éducation » ?
Le « Printemps de l’Éducation » est un mouvement citoyen fondé par Antonella Verdiani. Il milite en faveur d’un renouveau de l’éducation et de l’école. L’objectif est de promouvoir une diversité pédagogique et d’aller vers une société fondée sur des valeurs de coopération, de partage et de solidarité. Le mouvement soutient les initiatives qui placent l’enfant au centre et visent à son épanouissement global.
