Une enfance aurovillienne
Suryamayi est née et a grandi à Auroville, cette communauté internationale du sud de l’Inde, d’une mère alsacienne et d’un père anglais venus participer à ce projet de société alternative. Elle raconte une enfance libre et conviviale, où les portes des maisons étaient toujours ouvertes. Son parcours est marqué par une parenthèse de quatre ans en Alsace, de 8 à 12 ans. Cette expérience lui a permis de mesurer le contraste entre l’éducation française, qu’elle juge plus classique et intellectuelle, et celle d’Auroville, qu’elle décrit comme un « champ d’expérience » totalement inséré dans la vie, avec une forte dimension artistique, culturelle et environnementale.
C’est à l’âge de 12 ans, lors d’une visite à Auroville, qu’elle ressent un besoin impérieux de revenir. « Vous pouvez appeler la compagnie d’avion et annuler mon billet parce que je ne rentre pas », lance-t-elle à ses parents. Cette décision spontanée et profonde entraînera le retour de toute la famille, motivée par une sensation de se « sentir tellement plus en vie ici qu’ailleurs ».
Comprendre l’utopie
Des années plus tard, alors étudiante en Angleterre, un de ses professeurs l’incite à faire d’Auroville le sujet de sa thèse. Ce regard extérieur lui fait prendre conscience de la pertinence de ce projet. Sa recherche lui permet d’approfondir sa connaissance de la ville et de déconstruire certains préjugés. Non, Auroville n’est pas une communauté égoïste retirée du monde, mais plutôt un « laboratoire » où s’expérimentent des alternatives politiques et économiques qui peuvent inspirer la société. Elle précise également que la population est loin d’être exclusivement occidentale, puisque 50 % des habitants sont Indiens. La philosophie d’Auroville, inspirée par Shri Aurobindo, n’est pas une religion mais une spiritualité « anarchiste », une quête de connexion à une conscience supérieure, le « divin », qui s’intègre dans tous les actes du quotidien.
Selon Suryamayi, l’un des plus grands enseignements d’Auroville est une invitation à « oser expérimenter » dans nos propres vies. Face à un système qui semble immuable, elle encourage la création de petites expériences collectives, qu’il s’agisse de coopératives ou de nouvelles manières de prendre des décisions, pour réinventer nos relations aux autres et à la nature.
Les références de l’épisode
- Auroville
- Pondichéry
- Shri Aurobindo
- Awareness Through the Body (ATB), programme éducatif aurovillien
- Greenpeace
- Service Civique français
- Future School, un des lycées d’Auroville
Au fil de l’épisode
- Présentation de Suryamayi, née à Auroville de parents européens.
- Son départ pour l’Angleterre pour un doctorat consacré à Auroville.
- Le contraste ressenti lors de son enfance en Alsace, notamment dans le système éducatif.
- La sensation de liberté et de convivialité propre à son enfance aurovillienne.
- À 12 ans, sa décision ferme et soudaine de ne pas repartir en France et de rester à Auroville.
- Les origines d’Auroville : une aspiration à créer une société plus spiritualisée et intégrale.
- Les motivations de ses parents, en quête d’un projet constructif au-delà de la simple protestation.
- La définition du « divin » à Auroville : une énergie ou une conscience supérieure, et non un dieu religieux.
- La spiritualité aurovillienne comme une pratique intégrée à la vie, sans rites institutionnalisés.
- Le programme « Awareness Through the Body » pour développer la conscience de ses pensées et émotions dès l’enfance.
- Le parcours de Suryamayi, de son rêve d’enfant de travailler pour Greenpeace à son projet de monter une université alternative à Auroville.
- Comment un de ses professeurs universitaires l’a encouragée à faire sa thèse sur Auroville.
- La déconstruction du préjugé d’Auroville comme une communauté fermée et « égoïste ».
- La clarification sur la diversité de la population, composée à 50% d’Indiens.
- La capacité du système éducatif d’Auroville à former des jeunes autonomes et prêts pour l’université.
- Le principal message à retenir d’Auroville : oser expérimenter d’autres manières de vivre, à petite échelle.
FAQ
Qui est Suryamayi ?
Suryamayi est une « enfant d’Auroville », où elle est née et a grandi. Fille d’un père anglais et d’une mère alsacienne, elle a été éduquée selon les principes de cette communauté internationale. Plus tard, elle est partie poursuivre des études supérieures en Angleterre, où elle a réalisé une thèse de doctorat (PhD) portant sur le fonctionnement et la philosophie d’Auroville, sa ville d’origine.
Qu’est-ce qu’Auroville ?
Auroville est une ville internationale expérimentale située dans le sud de l’Inde, près de Pondichéry. Fondée sur les écrits du philosophe Shri Aurobindo, elle a pour but d’être un lieu d’expérimentation pour une société plus consciente et unifiée. C’est un projet basé sur l’éducation perpétuelle et la recherche d’une vie en harmonie, où les habitants tentent de développer collectivement de nouvelles formes d’organisation sociale, économique et spirituelle.
Comment l’éducation à Auroville est-elle différente ?
Selon Suryamayi, l’éducation à Auroville est moins académique et plus intégrée à la vie quotidienne. Elle met l’accent sur le développement artistique, culturel et la conscience environnementale. Plutôt que d’être confinée entre quatre murs, elle se vit comme un « champ d’expérience » qui responsabilise les enfants et les rend acteurs de leur propre apprentissage. Cette approche favorise l’autonomie et une meilleure préparation à la vie adulte.
Auroville est-elle une communauté isolée ?
Suryamayi explique qu’Auroville n’est pas une communauté isolée ou un projet égoïste. Elle la décrit plutôt comme un « laboratoire » social où sont testées des alternatives qui peuvent inspirer le reste du monde. La ville est également très diverse : 50% de sa population est indienne, et elle accueille des personnes de nombreuses autres nationalités, notamment d’Europe, d’Amérique et de plus en plus d’Asie de l’Est.
Quelle est la philosophie spirituelle d’Auroville ?
La spiritualité à Auroville n’est pas une religion. Elle ne repose pas sur des dogmes, des rites ou la vénération d’un dieu. Il s’agit plutôt d’une démarche personnelle et collective visant à se connecter à une conscience plus vaste, appelée le « divin ». Cette quête se traduit par une attention portée à ses actes, pensées et émotions au quotidien, dans le but de vivre de manière plus consciente et alignée avec soi-même et les autres.
