Un voyage au-delà de l’argent
Anouk Dupin et Pierre-Elie Dubois partagent la genèse de leur projet : l’envie de voyager en stop sans la contrainte d’une destination ou d’un horaire, pour être pleinement disponibles aux rencontres. Le choix de partir sans argent n’est pas une contrainte subie, mais une démarche volontaire pour explorer d’autres formes d’échange. « C’est tellement ce qu’on recherche, toutes les formes d’échange qui existent au-delà de l’argent », explique Anouk. Pour eux, l’argent peut couper le lien en offrant un contre-don immédiat, alors que leur voyage visait à cultiver le don et le contre-don non quantifiables, basés sur la présence, l’écoute et le partage d’expériences. Cette approche a interpellé de nombreuses personnes rencontrées, les confrontant à leur propre rapport à l’argent et à la culpabilité de recevoir sans payer.
Leur aventure devient alors une démonstration par l’exemple qu’il est possible de vivre une expérience intense et riche sans rien dépenser, en se concentrant sur l’humain.
La confiance comme boussole
Leur périple de 304 jours est une véritable épopée de la confiance. Sur près de 27 000 kilomètres, ils ont été accueillis dans 148 maisons et n’ont dormi qu’une seule nuit à la belle étoile, en Corse, faute de trouver un toit. Ce succès quasi-total, ils l’attribuent à l’énergie qu’ils dégageaient. « Plus on avait confiance dans le fait qu’on trouverait, plus ça marchait », confie Anouk. Ils ont appris à formuler leurs demandes d’hébergement de manière à ne jamais coincer leurs interlocuteurs, leur laissant toujours la liberté de refuser. Cette posture a permis de transformer la question « quelle excuse trouver pour ne pas les héberger ? » en « ai-je envie et l’énergie de les accueillir ? ». Au fil du voyage, ils ont aussi allégé leurs sacs, passant de 15-20 kilos à quelques affaires essentielles, se débarrassant du « poids de leurs peurs » pour ne garder que le nécessaire au partage.
Cette aventure leur a enseigné à faire confiance à la vie, à leur capacité à s’adapter et à la bonté fondamentale des inconnus, qui devenaient, le temps d’une soirée, des amis.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Antoine de Maximy, Nans (de l’émission Nus et Culottés).
- Lieux : Bordeaux, Bretagne, Savoie, Corse, Luberon, Alsace.
- Œuvres et émissions : Le Petit Prince, Nus et Culottés.
- Projet : Voyagez-nous.
- Événement : Le Grand Bivouac.
Au fil de l’épisode
- La rencontre fortuite de l’animateur avec Anouk et Pierre-Elie, deux ans après une première entrevue.
- Leur vision du stop : un moyen de rencontrer des gens de tous horizons, au-delà de leur cercle habituel.
- Pour Pierre-Elie, le stop est un apprentissage de la confiance et de la vulnérabilité.
- La naissance du projet : une envie de voyager sans contrainte de destination ni de temps.
- Le choix de partir sans argent pour explorer d’autres formes d’échanges que la monnaie.
- Leur philosophie du don et du contre-don, au-delà de la transaction financière.
- Le voyage comme une présence à 200 % à l’instant et aux personnes rencontrées.
- Le bilan chiffré de l’aventure : 10 mois, 26 986 km, 1 024 conducteurs, 148 maisons et une seule nuit dehors.
- L’anecdote de leur unique nuit à la belle étoile, en Corse, dans un lieu trop touristique.
- La liberté de ne pas avoir d’itinéraire et de changer de direction sur un coup de tête.
- L’art de demander l’hospitalité sans mettre la pression sur les gens.
- L’impact de leur propre confiance sur la facilité à trouver un hébergement.
- Le voyage comme un miroir : l’énergie qu’ils renvoient influence les réactions des autres.
- L’allègement de leurs sacs à dos, qui symbolise l’abandon de leurs peurs.
- La sincérité de leur démarche, clé pour créer des liens authentiques.
- Comment leur présence a permis à leurs hôtes de dépasser leurs propres peurs de l’inconnu.
- La notion d’« apprivoiser » l’autre, en référence au Petit Prince.
- Les changements profonds que ce voyage a opérés en eux : confiance en la vie, en l’autre et abandon du jugement.
- Le nom de leur projet, « Voyagez-nous », a pris tout son sens, dépassant leurs rêves les plus fous.
FAQ
Qui sont Anouk Dupin et Pierre-Elie Dubois ?
Anouk Dupin et Pierre-Elie Dubois sont deux jeunes voyageurs qui se sont lancés en 2017 dans un tour de France de dix mois. Leur particularité : ils ont réalisé ce périple entièrement en auto-stop et sans utiliser d’argent, en se fiant uniquement à la générosité des personnes rencontrées. Ils ont documenté leur aventure, baptisée « Voyagez-nous », sur un blog pour partager leur expérience basée sur la confiance et le lien humain.
Comment ont-ils voyagé sans argent pendant 10 mois ?
Pour se nourrir, Anouk et Pierre-Elie demandaient les invendus dans les supermarchés. Pour se loger, ils sollicitaient directement les habitants en toquant aux portes ou en abordant les gens dans la rue. Leur démarche n’était pas de profiter, mais de proposer un échange non monétaire : leur présence, leur écoute, le récit de leur voyage et leur aide. Ils ont été hébergés quasiment tous les soirs par des inconnus.
Quel est le bilan chiffré de leur tour de France ?
En 304 jours de voyage, Anouk et Pierre-Elie ont parcouru 26 986 kilomètres à travers 95 départements. Ils sont montés dans 1 024 véhicules différents et ont été accueillis dans 148 maisons par 336 hôtes. Ils n’ont passé qu’une seule nuit dehors. Leur budget total pour ces dix mois d’aventure s’est élevé à seulement 31,41 €, et ils soulignent n’avoir rencontré aucune personne malveillante.
Pourquoi ont-ils choisi de voyager sans argent ?
Leur choix n’était pas motivé par un manque de moyens, mais par une volonté philosophique. Ils souhaitaient explorer les formes d’échange qui existent au-delà de la relation monétaire, qu’ils estiment parfois superficielle. En retirant l’argent de l’équation, ils ont cherché à créer des liens humains plus authentiques et profonds, basés sur le don, la confiance mutuelle et le partage d’expériences, de temps et d’écoute.
