Un enfant introverti dans les bassins
Alain Bernard raconte ses premiers contacts avec l’eau à la piscine municipale d’Aubagne, une démarche avant tout sécuritaire voulue par ses parents dans une région riche en points d’eau. Suivant l’exemple de ses deux sœurs aînées, il rejoint le club de natation et y prend goût, malgré un caractère très introverti et une timidité qui le met à l’écart. Loin d’être le plus à l’aise, il se souvient de ses difficultés, notamment pour faire les virages, et de la parade qu’il avait inventée pour ne pas avoir la tête sous l’eau. Cette capacité à trouver sa propre solution, à se sentir « à part », deviendra une force.
Le sport lui a permis de se canaliser et de s’ouvrir aux autres, de devenir celui qu’il voulait être. « Je ne savais pas que je ne pouvais pas être introverti et timide. Je ne le savais pas, c’est le sport qui me l’a appris. »
Le choix du haut niveau
Au collège, concilier les études et les entraînements devient un véritable défi. Face au manque d’aménagements scolaires, les journées sont longues et épuisantes, et Alain Bernard peine à suivre le rythme. Il se sent plus à l’aise dans le monde quantifiable et équitable de la natation que dans un système scolaire où il a l’impression de subir une forme d’injustice. À 15 ans, il décide avec un ami de rejoindre le pôle espoir du Cercle des Nageurs de Marseille pour bénéficier d’horaires aménagés et s’entraîner deux fois par jour. C’est là qu’il fait une rencontre déterminante : son entraîneur, Denis, un homme rigoureux et intransigeant dont il partage les valeurs.
Cette période est marquée par un investissement total dans la natation, parfois au détriment des études, ce qui le conduira à redoubler. Il ne se considère alors pas comme un nageur particulièrement fort, mais il est passionné et sent sa marge de progression.
La longue route vers l’Olympe
Après avoir obtenu son bac avec difficulté, Alain Bernard décide de prendre une année sabbatique pour se consacrer à son objectif : se qualifier pour les Jeux Olympiques d’Athènes en 2004. Il passe ses diplômes pour devenir maître-nageur, ce qui lui permet d’être autonome financièrement et de mieux comprendre la logique de l’entraînement. Mais son rêve est brisé par la maladie : atteint d’une toxoplasmose et d’une mononucléose, il est extrêmement fatigué et rate la qualification pour 17 centièmes. C’est un coup dur, un moment où il se demande quoi faire de sa vie. Poussé par ses proches et son entraîneur, il décide de repartir pour quatre ans.
Cette période est celle d’un travail acharné, où chaque détail compte. Il progresse étape par étape, jusqu’à l’année 2008 où tout s’aligne. « En l’espace de 4 ans on passe de 7e au championnat de France pas qualifié au jeu pour 17 centièmes, à champion olympique 11 centièmes devant le deuxième. »
Une nouvelle vie, un même engagement
Depuis sa retraite sportive après les Jeux de Londres en 2012, Alain Bernard n’a jamais vraiment quitté les bassins. Devenu consultant, il partage son expérience en entreprise et organise des stages pour les jeunes. Mais son principal combat est ailleurs : la lutte contre les noyades. Choqué par les chiffres, il milite pour que l’apprentissage de la natation soit une priorité nationale, aussi fondamentale que savoir lire et écrire. Il porte un projet de concept de piscines innovantes, plus accessibles et moins coûteuses, pour mieux mailler le territoire et répondre aux besoins des scolaires et du public.
Engagé au sein de la Fédération, il œuvre pour améliorer l’accompagnement du double projet, sportif et scolaire, afin d’éviter que de jeunes talents ne soient perdus. Un engagement citoyen qui l’a également mené sur le terrain politique à Antibes, pour continuer à être, comme il le dit, « au service des autres ».
Les références de l’épisode
- Personnes : Franck Esposito, Roxana Maracinano, Laure Manoudou, Malia Metella, Hugues Dubosc, Solène Figuès, Denis (entraîneur), Jean-Léon-Étier.
- Lieux : Aubagne, Marseille, La Ciotat, Antibes.
- Événements : Jeux Olympiques d’Athènes, Jeux Olympiques de 2008, Jeux Olympiques de Londres.
- Organisations : Cercle des Nageurs de Marseille, Fédération française de natation, EDF.
Au fil de l’épisode
- Ses premiers souvenirs de natation à la piscine municipale d’Aubagne.
- Un enfant introverti qui trouve dans le sport un moyen de se révéler.
- La difficulté de concilier les études et les entraînements intensifs au collège.
- La décision de rejoindre le pôle espoir de Marseille à 15 ans pour s’entraîner plus.
- Sa rencontre décisive avec son entraîneur, Denis, et leurs valeurs communes.
- Le choix de prendre une année sabbatique pour préparer les Jeux d’Athènes.
- La maladie (toxoplasmose et mononucléose) qui le prive de la qualification olympique en 2004.
- Le sentiment d’avoir raté le train et la force de se relancer pour quatre ans.
- L’année 2008, où le travail acharné finit par payer avec le titre olympique.
- Le ressenti au moment de la victoire et l’envie de partager cette émotion.
- La gestion de la notoriété et des sollicitations après son titre.
- La fin de sa carrière après les Jeux de Londres en 2012.
- Sa reconversion en tant que consultant et son partenariat durable avec EDF.
- Son engagement pour la lutte contre les noyades, une cause nationale.
- Son projet pour développer un nouveau concept de piscines plus accessibles.
- Son analyse du modèle économique du sport en France et des clubs de natation.
- Sa volonté de moderniser la pédagogie de la natation avec des outils connectés.
- Son engagement en politique locale à Antibes pour œuvrer pour la jeunesse.
FAQ
Qui est Alain Bernard ?
Alain Bernard est un ancien nageur français, l’un des plus titrés de l’histoire de la natation française. Selon les sources de l’épisode, il est double champion olympique, champion du monde en petit bassin et quadruple champion d’Europe. Originaire d’Aubagne, il s’est spécialisé dans les épreuves de nage libre. Depuis la fin de sa carrière, il est consultant sportif et s’investit dans plusieurs projets, notamment la lutte contre les noyades.
Comment Alain Bernard a-t-il commencé la natation ?
Il a commencé la natation vers l’âge de quatre ans à la piscine municipale d’Aubagne. Ses parents l’ont inscrit, ainsi que ses deux sœurs aînées, principalement pour des raisons de sécurité, la région étant riche en lacs et rivières. Il a rapidement pris goût à l’eau et a suivi ses sœurs au club de natation, où il a commencé à s’entraîner de plus en plus régulièrement, passant d’une à cinq fois par semaine.
Quel a été le plus grand défi de sa carrière ?
L’un des plus grands défis de sa carrière a été de surmonter l’échec de sa qualification pour les Jeux Olympiques d’Athènes en 2004. Alors qu’il avait mis ses études entre parenthèses pour se préparer, il a contracté une toxoplasmose et une mononucléose qui l’ont beaucoup affaibli. Il a manqué la qualification pour seulement dix-sept centièmes de seconde. Cet échec a été un coup dur, mais il a su trouver la force de s’entraîner encore plus dur pendant quatre ans pour atteindre son rêve.
Que fait Alain Bernard depuis la fin de sa carrière sportive ?
Depuis sa retraite des bassins en 2012, Alain Bernard est très actif. Il est consultant sportif, partageant son expérience lors de conférences en entreprise. Il organise également des stages de natation pour les jeunes. Très engagé, il milite pour la prévention des noyades et porte un projet de développement de piscines innovantes en France. Il est également investi au sein de la Fédération française de natation et s’est engagé en politique locale à Antibes.
