D’une jeunesse niçoise au sacerdoce
Le père Gil Florini est né à Nice en 1954. Ancien élève du lycée Masséna puis de l’École normale d’instituteurs, il a longtemps été scout — jusqu’à devenir aumônier — avant d’entrer au séminaire du diocèse de Nice en 1978. Il est ordonné prêtre en 1984, à la cathédrale de Nice. Après avoir été curé dans le centre de la ville, il est, depuis 2023, à la tête de la paroisse Saint-Charles-de-Foucauld, qui regroupe sept églises à l’est de Nice, dont celle de Saint-Roch où il reçoit pour cet épisode.
Un prêtre hors les murs et ses bénédictions atypiques
Gil Florini revendique un sacerdoce tourné vers le « bien commun » : « Peu de chances qu’on me trouve dans les décombres d’une église, parce que ce n’est pas mon travail d’y être », résume-t-il. Sa priorité : rencontrer les gens, marcher avec eux. « Mon but premier, c’est de dire aux gens : vivons ensemble, qui que l’on soit. »
C’est dans cet esprit qu’il multiplie des bénédictions inattendues — celle des animaux, des motos, ou même des téléphones portables — en rappelant que la bénédiction des moyens de communication figure au livre des bénédictions depuis la fin des années 1980. Optimiste sur l’avenir de la foi, il cite le nombre élevé de baptêmes d’adultes célébrés en France ces dernières années. Sur les quartiers pluriels de l’est de Nice, il défend un vivre-ensemble sans naïveté, et revient, avec pudeur, sur l’attentat du 14 juillet 2016 — la Promenade des Anglais relevait alors de sa paroisse — en refusant d’opposer les communautés.
L’engagement social au cœur de Nice
Au-delà du culte, le père Florini préside un forum d’accueil et d’insertion, installé sous une église du quartier Saint-Pierre-d’Arène. Il y déploie deux logiques complémentaires : la réinsertion sur la durée, menée avec l’État et la Ville, et l’aide immédiate — épiceries sociales, vestiaires, petits déjeuners servis chaque matin à des personnes sans domicile, restaurant solidaire. Le principe : accueillir chacun « comme un être humain ».
Créatif plus que gestionnaire — il se dit lui-même « nul en affaires » —, il a jusqu’à imaginé, dès le début des années 1980, un pastis de Nice dont les bénéfices financent un lieu d’accueil. Profondément niçois — « je suis niçois, c’est-à-dire dans mon comté » —, il dit avoir refusé un poste à Paris. Fidèle à son franc-parler, il croque un « Niçois râleur » tout en pariant sur l’avenir de sa ville « dans la simplicité ».
FAQ
Qui est le père Gil Florini ?
Le père Gil Florini est un prêtre niçois, né à Nice en 1954 et ordonné en 1984. Figure bien connue de la ville, il est aujourd’hui à la tête de la paroisse Saint-Charles-de-Foucauld, à l’est de Nice, connu pour son sacerdoce de terrain et ses nombreuses actions sociales.
Qu’est-ce qu’un prêtre « hors les murs » ?
Pour le père Florini, être prêtre « hors les murs », c’est privilégier la rencontre et la présence auprès des gens plutôt que de rester dans l’église. Il place le « bien commun » et le vivre-ensemble au cœur de sa mission, en allant vers tous, croyants ou non.
Pourquoi bénit-il des animaux, des motos ou des téléphones ?
Ces bénédictions atypiques sont une manière, pour lui, d’aller à la rencontre des gens dans leur quotidien. Il rappelle que la bénédiction des moyens de communication figure au livre des bénédictions depuis la fin des années 1980, et celle des animaux depuis bien plus longtemps.
Quelles sont ses actions de solidarité ?
Le père Florini préside un forum d’accueil et d’insertion à Nice. Il y mène des actions de réinsertion sur la durée, avec l’État et la Ville, et des aides immédiates : épiceries sociales, vestiaires, petits déjeuners pour les personnes sans domicile et restaurant solidaire.
Quel est son lien avec Nice ?
Né à Nice et profondément attaché à son « comté », le père Florini dit avoir refusé un poste à Paris pour rester au service de sa ville. Il en parle avec un franc-parler affectueux et un optimisme revendiqué : pour lui, « Nice a un avenir dans la simplicité ».
Au fil de l’épisode
- 00:01:30 — Accueil à l’église Saint-Roch
- 00:02:47 — Biographie : naissance en 1954, Masséna, scoutisme
- 00:03:14 — Séminaire et ordination en 1984
- 00:04:08 — La paroisse Saint-Charles-de-Foucauld, à l’est de Nice
- 00:05:18 — Le prêtre « hors les murs » et le bien commun
- 00:08:58 — Les bénédictions atypiques : animaux, motos, téléphones
- 00:11:18 — L’avenir de la foi
- 00:17:29 — Quartiers pluriels et vivre-ensemble
- 00:21:29 — Les attentats de Nice et le refus du communautarisme
- 00:25:18 — Les actions solidaires : réinsertion, repas
- 00:52:25 — Le portrait des Niçois
