Un atelier partagé au cœur du 5e arrondissement
Mona Cara nous reçoit à la Villa Panthéon, la résidence installée au sommet de la mairie du 5e arrondissement de Paris. Elle raconte y avoir candidaté en duo avec l’artiste Laura Bartier : « ça avait du sens pour nous de s’établir dans un espace de travail commun ». Le lieu n’est pas un atelier fermé : chaque semaine, les deux artistes ouvrent leurs portes au public — le mardi matin avec des étudiants d’un lycée professionnel, le vendredi matin avec les habitants du quartier qui le souhaitent.
La résidence se conclura par une exposition, dans la salle du rez-de-chaussée de la mairie, qu’elle situe « la dernière semaine de mars et la première d’avril ».
Le tissage comme une peinture
Comment qualifier sa pratique ? Mona Cara la décrit « à mi-chemin entre la tenture, la peinture et la bande dessinée ». Venue de la peinture et du dessin, elle conçoit d’abord ses formes au crayon, puis les traduit en fils. Sa trouvaille : au lieu de mélanger les couleurs sur une palette, elle les obtient « par juxtaposition de fils ». Le tissage, dit-elle, « c’est devenu de la peinture avec des fils ». Ses images naissent de télescopages : arbres de vie mexicains, détails foisonnants de la Vierge de Guadalupe, symboles de la société de consommation, scènes d’actualité ou silhouettes croquées dans les transports en commun. Un carnet, où elle dessine au feutre et note les couleurs, sert de laboratoire à ces compositions « autant poétiques qu’absurdes ».
Cette pratique l’a déjà menée sur plusieurs scènes : la Biennale de Paname, où elle a suspendu sa pièce « Chapiteau chahuté » à une corde de cirque ; « 100% l’Expo » ; et le Prix Dauphine pour l’art contemporain, sur le thème « Monstrueux, le merveilleux à rebours ». Pour ce dernier, elle a fait équipe avec la commissaire d’exposition Victoire Mangez, autour d’une œuvre détournant un symbole de l’ultra fast fashion — « à la fois assez monstrueuse […] mais à la fois merveilleuse ».
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram de Mona Cara
- Mona Cara sur le site de la Galerie Idéale
- La page de Mona Cara sur le site de la Biennale de Paname
Les références de l’épisode
- Laura Bartier — artiste, co-résidente de Mona Cara à la Villa Panthéon.
- Villa Panthéon — résidence d’artistes de la mairie du 5e arrondissement de Paris.
- Biennale de Paname — événement d’art contemporain où l’artiste a exposé sa pièce « Chapiteau chahuté ».
- Prix Dauphine pour l’art contemporain — concours sur le thème « Monstrueux, le merveilleux à rebours ».
- Victoire Mangez — commissaire d’exposition, avec qui elle a conçu la pièce présentée au Prix Dauphine.
- École des Arts Décoratifs (ENSAD) et Beaux-Arts de Paris — où elle a suivi un double cursus.
- L’arbre de vie mexicain et la Vierge de Guadalupe, sources d’images foisonnantes pour ses tissages.
Au fil de l’épisode
- L’origine de la résidence à la Villa Panthéon et la candidature en duo avec Laura Bartier
- Les ateliers ouverts au public : lycéens le mardi, habitants du 5e le vendredi
- L’exposition de fin de résidence, prévue fin mars-début avril à la mairie du 5e
- Le souvenir de la Biennale de Paname et de la pièce suspendue « Chapiteau chahuté »
- Sa pratique définie entre tenture, peinture et bande dessinée
- La couleur obtenue par juxtaposition de fils plutôt que par mélange
- Les arbres de vie mexicains et la Vierge de Guadalupe comme inspirations
- « 100% l’Expo » et le Prix Dauphine « Monstrueux, le merveilleux à rebours » avec Victoire Mangez
- Les années de double cursus entre l’ENSAD et les Beaux-Arts
- Le rôle du carnet de croquis et du dessin d’observation dans les transports
FAQ
Qui est Mona Cara ?
Mona Cara est une artiste plasticienne formée à l’École des Arts Décoratifs et aux Beaux-Arts de Paris. Elle travaille principalement le tissage, qu’elle conçoit comme une peinture : ses œuvres se situent, selon ses mots, « à mi-chemin entre la tenture, la peinture et la bande dessinée ».
En quoi consiste sa résidence à la Villa Panthéon ?
La Villa Panthéon est une résidence d’artistes de la mairie du 5e arrondissement de Paris. Mona Cara y travaille en duo avec l’artiste Laura Bartier. Toutes deux y animent des ateliers ouverts au public et préparent une exposition de fin de résidence, présentée dans la salle d’exposition de la mairie.
Comment Mona Cara fabrique-t-elle la couleur dans ses tissages ?
Plutôt que de mélanger les couleurs sur une palette comme en peinture, Mona Cara les compose « par juxtaposition de fils ». Les teintes se forment directement dans la trame, fil contre fil. Elle résume ce basculement d’une formule : le tissage « c’est devenu de la peinture avec des fils ».
Quelles sont ses sources d’inspiration ?
Elle puise dans des images très variées qu’elle fait se télescoper : arbres de vie mexicains, détails de la Vierge de Guadalupe, symboles de la société de consommation, scènes d’actualité ou passants croqués dans les transports en commun. Grande lectrice de bande dessinée, elle construit ses compositions comme des récits « autant poétiques qu’absurdes ».
Qu’a-t-elle présenté au Prix Dauphine pour l’art contemporain ?
Sur le thème « Monstrueux, le merveilleux à rebours », Mona Cara a travaillé avec la commissaire d’exposition Victoire Mangez. Le duo a imaginé une œuvre textile détournant un symbole de l’ultra fast fashion, pensée pour être « à la fois assez monstrueuse » et « à la fois merveilleuse » selon l’artiste.
