Une grotte du Pélion et une main de bronze
Interrogée sur « la cave de Chiron », Zoë Paul raconte s’être rendue à Miliès, un village du Pélion, en Grèce, où une grotte est associée au centaure Chiron. Dans le couloir de cette caverne, elle observe une main qui semble s’être formée naturellement sur la roche du plafond. L’image la marque au point de devenir le point de départ de sa création : « la main est la première image que l’on voit de la cave ». Elle y voit un lieu chargé de spiritualité, qu’elle relie à sa propre pratique.
La main, dit-elle, est l’outil par lequel passe la créativité, la façon dont « on touche le monde ». Pour concrétiser cette pièce, elle a travaillé avec un artisan issu d’une famille de fabricants de reliquaires liée au mont Athos : ensemble, ils réalisent une couronne, tandis qu’elle façonne la main de bronze.
Du feu écossais à la Manufacture de Sèvres
Zoë Paul revient sur sa manière de travailler la céramique. En Écosse, à Hospitalfield, une grande demeure de campagne, elle expérimente l’argile et les oxydes : la terre, précise-t-elle, se transforme au feu et devient une sorte d’exosquelette. Ses rideaux de perles, ses tissages et ses pots prolongent cette attention à la matière brute et au geste répété.
Elle évoque aussi son passage par la Manufacture de Sèvres, près de Paris, où elle réalise notamment un paravent et travaille le laiton pour ses rideaux de perles — des œuvres qui sont à la fois des objets d’art et des objets d’usage. Pour elle, la sculpture est « le vestige d’une performance » : le temps de fabrication, comme une cuisson que l’on ne peut interrompre, fait partie intégrante de l’œuvre.
Pour aller plus loin
- Zoë Paul sur le site de l’exposition Diptyque « Voyages Immobiles »
- La biographie de Zoë Paul chez sa galerie blank projects
- Zoë Paul au MoMA, série « The Modern Window »
Les références de l’épisode
- Diptyque, Le Grand Tour — le programme de la maison Diptyque, à l’origine de l’exposition « Voyages Immobiles » pour laquelle Zoë Paul a créé cette œuvre.
- La grotte du centaure Chiron — caverne située près de Miliès, dans le Pélion, en Grèce, point de départ de sa création.
- Le mont Athos — presqu’île monastique grecque ; c’est d’une famille d’artisans de reliquaires liée à ce lieu que vient son collaborateur.
- Hospitalfield — grande demeure de campagne, en Écosse, où l’artiste a travaillé la céramique.
- La Manufacture de Sèvres — manufacture de porcelaine près de Paris, où elle a réalisé un paravent et travaillé le laiton.
Au fil de l’épisode
- La description de l’œuvre créée pour Diptyque : une main de bronze née d’une grotte du Pélion.
- La grotte du centaure Chiron, à Miliès, et la spiritualité du lieu.
- La main comme outil de la création et façon de « toucher le monde ».
- La collaboration avec un artisan lié aux fabricants de reliquaires du mont Athos.
- Le travail de la céramique en Écosse, à Hospitalfield : argile, oxydes et cuisson.
- L’expérience de la Manufacture de Sèvres : paravent, laiton et rideaux de perles.
- La sculpture comme vestige d’une performance et l’importance du temps de fabrication.
- Son parcours entre l’Angleterre, la France et la Grèce.
FAQ
Qui est Zoë Paul ?
Zoë Paul est une artiste plasticienne née à Londres en 1987, d’origine sud-africaine et profondément liée à la Grèce. Sculptrice et peintre, elle travaille des matériaux bruts — argile, céramique, laiton, bronze — à travers des rideaux de perles, des tissages, des pots et des sculptures. Son œuvre a notamment été présentée au MoMA.
Qu’est-ce que « Diptyque, Le Grand Tour » ?
« Le Grand Tour » est un programme de la maison Diptyque qui, à l’occasion de son 60e anniversaire, célèbre l’art, le parfum et les destinations lointaines. Diptyque a confié à plusieurs artistes contemporains, dont Zoë Paul, la création d’œuvres liées à ces voyages, réunies dans l’exposition « Voyages Immobiles ».
Qu’est-ce qui a inspiré Zoë Paul pour Diptyque ?
Son œuvre part d’une grotte du village de Miliès, dans le Pélion, en Grèce, associée au centaure Chiron. Dans le couloir de cette caverne, elle a remarqué une main qui semblait s’être formée naturellement sur la roche. Cette image est devenue le cœur de sa création, prolongée par une main de bronze et une couronne.
Quelles techniques utilise Zoë Paul ?
Elle travaille une grande variété de matériaux et de gestes : la céramique et l’argile, les rideaux de perles, le tissage, le laiton et le bronze. Elle fabrique aussi des pots, parfois à la Manufacture de Sèvres. Sa démarche privilégie les matières brutes, le travail de la main et le temps long de fabrication.
Quel lien Zoë Paul fait-elle entre sculpture et performance ?
Pour Zoë Paul, la sculpture est le vestige d’une performance : l’acte de fabriquer fait partie de l’œuvre. Elle insiste sur le temps de fabrication, comme la cuisson que l’on ne peut pas interrompre, et sur le dialogue permanent entre ses différents savoir-faire lorsqu’elle crée.
